« Sur le droit des migrations, il est temps de sortir des postures stériles »

19 Sep

C’est le titre d’une tribune de neuf « spécialistes des migrations » (entendez IMMIGRATIONNISTES) à propos des débats à venir sur le sujet, parue dans Le Monde  du 18 septembre 2019 (https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/17/sur-le-droit-des-migrations-il-est-temps-de-sortir-des-postures-steriles_5511246_3232.html).

Ils y appellent les pouvoirs publics à une réécriture, d’ici à 2020, du droit des étrangers en France en veillant aux conditions de sa bonne application.

Cette tribune commence par une prémédication avant anesthésie : « Praticiens du droit du séjour des étrangers, dans l’administration, les juridictions, l’université, les associations, le monde du travail et des entreprises, notre constat est sans appel : ce droit n’est en France pleinement adapté ou appliqué ni pour accueillir dans de bonnes conditions, ni pour protéger celles et ceux qui doivent l’être, ni pour s’assurer que, en conformité avec la tradition républicaine, seules demeurent sur notre territoire les personnes disposant d’un droit au séjour. » Tout est dit pour que nulle contestation ne soit énoncée ! Et pourtant…

Ils prétendent ainsi se dresser contre le fait que les politiques publiques adoptent trop souvent le réflexe conduisant à parier que de mauvaises conditions d’accueil dissuaderont les arrivées : « Cette situation, désormais ancienne, porte atteinte à la dignité de nombreuses personnes étrangères présentes sur notre sol en les plongeant dans le non-droit. Elle désespère chaque jour un peu plus les élus locaux, agents publics, travailleurs sociaux, médecins, psychologues, juristes, formateurs, employeurs et bénévoles, qui font vivre l’accueil. » En réalité, cette affirmation est un mensonge car les seuls qui soient désespérés sont les tenants et autres collabos du « Grand Remplacement » qui ne voient s’installer assez vite la cause pour laquelle ils militent avec ardeur.

Seule cette réflexion s’avère lucide et judicieuse : « En France, comme ailleurs en Europe et dans le monde, l’accueil des étrangers est devenu – ou redevenu – l’un des catalyseurs d’une crise sociale, de clivages politiques et identitaires. Le déni des inquiétudes qui travaillent le corps social, les postures martiales jamais suivies d’effets ou la surenchère pour un accueil sans règles ni limites, sont autant d’attitudes qui étouffent le débat ou les politiques publiques, ajoutant bien plus aux problèmes qu’aux solutions. » Mais n’est-ce pas pour mieux entourloupes ensuite les lecteurs ?

C’est, en tout cas, ce que l’on est end droit de penser quand on lit ceci : « Nous avons décidé d’apporter notre contribution, fruit de nos expériences pratiques. Dans le cadre d’une initiative citoyenne, nous nous sommes constitués en collège de praticiens afin de livrer au débat public, d’ici au début 2020, une réécriture du droit des étrangers en France. Notre objectif est de proposer à la discussion démocratique un droit adapté aux exigences de la dignité humaine et applicable dans toutes ses dimensions : l’asile pour les persécutés, qu’il convient de faire enfin respecter pleinement dans sa spécificité ; un droit humanitaire complémentaire pour faire face au défi climatique et à la situation de personnes en détresse selon des critères stricts et transparents, sans oublier les exigences de la protection effective des mineurs non accompagnés ; une migration économique légale organisée qui réponde aux besoins des entreprises comme aux préoccupations des salariés ; et enfin les limites inhérentes à ce droit en se donnant les moyens d’un retour effectif – volontaire ou contraint – des personnes ne relevant finalement d’aucune de ces catégories de droits. »

Car, comme vous l’avez constaté à la lecture de ce paragraphe de leur tribune, les auteurs ne nous laissent en réalité aucune possibilité d’opposition tant les critères militant en faveur de l’accueil sont nombreux et, prétendent-ils, imparables. Quel migrant, au bout du compte, ne relèvera d’aucune des catégories d’accueil énoncées ? D’autant qu’ils ajoutent ce discret codicille : « Il est temps aussi, de manière transparente et pour ce qui ne relève pas des droits fondamentaux que nous avons pris l’engagement dans notre Constitution de protéger, d’organiser les autres sources de la migration – environnementale, humanitaire, économique, estudiantine.« 

En résumé : buffet à volonté pour tout le monde !

Et ces braves gens d’ajouter, pour faire bonne mesure…démocratique :

« Les modes d’organisation des politiques de l’asile et de l’immigration devront évoluer afin d’être mieux en phase avec les exigences d’efficacité et de mobilisation sociale. Le moment est venu de faire le bilan d’une réforme qui a, il y a bientôt dix ans, confié au seul ministère de l’intérieur leur conduite. Le droit comme le cadre de sa mise en œuvre devront être conformes à une éthique partagée, pour permettre aux agents publics et aux travailleurs sociaux d’agir dans le sens de leur mission. Les territoires et leurs élus comme les acteurs de la société – travailleurs sociaux, bénévoles – devront y disposer de toute la place qui leur revient dans ce qui constitue un puissant levier de citoyenneté. »

Ben, voyons !

Et avec de tels amis, la France n’a pas besoin d’ennemis.

 

Le 19 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Liste des signataires de ce torche-cul :

Pascal Brice, ancien directeur de l’Ofpra ; Claire Brice-Delajoux,universitaire et juriste ; Jean-François Carenco, préfet, président de Coallia ; Luc Derepas, ancien directeur des étrangers en France ; Olivier Gainon, chef d’entreprise ; Pascale Gérard, praticienne de l’insertion professionnelle des réfugiés ; Jean-François Ploquin,directeur de Forum réfugiés/COSI ; Frédéric Sève, secrétaire national de la CFDT ; Patrick Weil, directeur de recherches au CNRS.

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