Ne croyez pas les prophètes européistes à propos du Brexit.

25 Sep

Plus nous nous approchons de l’échéance, fixée au 31 octobre prochain, et donc d’une probable sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) sans accord, et plus nous voyons apparaître de cavaliers de l’apocalypse annoncer les pires calamités s’abattant sur les sujets de Sa Gracieuse Majesté ! De toute évidence, ces oiseaux de mauvaise augure ne nous ont pas lu lorsque nous annoncions que, dans cette affaire de Brexit, ceux qui ont le plus à perdre sont les tenants de l’UE et non pas les Britanniques (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/23/face-a-un-brexit-dur-les-pays-de-lue-ont-probablement-plus-a-perdre-que-le-royaume-uni/  et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/31/vers-un-brexit-dur-et-sans-accord/).

Et pourtant, à notre grande surprise et pour la première fois depuis le référendum britannique de juin 2016, le correspondant à Londres du quotidien Le Monde (opposant farouche à la sortie du Royaume-Uni de l’UE), Eric Albert, publie une chronique décapante intitulée « En cas de « no deal » sur le Brexit, l’apocalypse n’aura pas lieu« . Nous donnant ainsi raison…avec beaucoup de retard.

En voici la teneur : 

«  Au Royaume-Uni, les opposants au Brexit sont en train de faire la même erreur que pendant la campagne du référendum, il y a trois ans. A force de hurler au loup, et d’annoncer une catastrophe économique en cas de sortie de l’Union européenne (UE) sans accord, ils exagèrent tellement leurs arguments qu’ils ne convainquent plus qu’eux-mêmes.

Pendant le référendum, ils parlaient d’une récession dès le lendemain du vote. Ils ont eu tort. Trois ans plus tard, le ralentissement économique est réel : la croissance britannique a perdu trois points par rapport à ce qu’elle aurait été si les Britanniques avaient voté pour rester dans l’UE, selon les calculs de la Banque d’Angleterre. C’est beaucoup, mais l’effet est tellement graduel qu’il est difficile de le percevoir.

Il y va de même avec les risques du « no deal », une sortie sans accord. Jamais un pays n’a ainsi coupé tous les ponts. Le choc serait majeur. Mais de là à parler de pénuries généralisées de médicaments et de nourriture ? D’imaginer les Britanniques faisant face à la famine et aux épidémies ? Evidemment pas.

Même les experts pro-européens le reconnaissent. C’est le cas de Sam Lowe, un spécialiste des relations commerciales au Centre for European Reform, un groupe de réflexion. « En cas de “no deal”, les opposants au Brexit vont subir un contrecoup. Ce ne sera pas l’apocalypse. On trouvera à manger. »

Reprenons. Pour comprendre les effets du « no deal », il faut décortiquer ses effets étape par étape, à commencer par ce qu’il se passerait entre Douvres et Calais, où transitent la majorité des importations et exportations du pays. Du jour au lendemain, le Royaume-Uni deviendrait un pays tiers. Les camions britanniques arrivant en France devraient faire des déclarations douanières et, s’il s’agit d’agroalimentaire ou d’animaux vivants, les contrôles phytosanitaires seront importants. Ces contrôles supplémentaires pourraient provoquer dans le Kent de longs embouteillages de camions attendant leur tour pour passer la frontière.

Selon les prévisions officielles du gouvernement, publiées dans le fameux dossier « Yellowhammer », le flot de camions serait réduit de « 40 % à 60 % » par rapport au trafic normal. C’est énorme.

Simplement, il s’agit là des exportations vers le continent européen. Inversement, les Britanniques ont annoncé qu’ils laisseraient initialement entrer les camions comme si rien n’avait changé. Pas de contrôle supplémentaire, au moins dans un premier temps. S’il faut faire venir d’urgence de la nourriture, ou des médicaments, ce sera possible.

Le problème est que les camions qui entrent au Royaume-Uni vont devoir repartir en Europe continentale. S’ils doivent patienter « entre 1,5 et 2,5 jours » à la frontière, selon le scénario du pire prévu par « Yellowhammer », les entreprises de logistique pourraient décider d’éviter le Royaume-Uni.

Dans ce cas, des produits alimentaires pourraient commencer à se faire plus rares. Les rayons ne seront pas vides, mais le choix pourrait se faire plus limité.

Mais même ce scénario du pire est loin d’être certain. Le port de Calais a fait des travaux et se dit prêt à faire face à un « no deal ». Les autorités françaises murmurent qu’elles n’ont pas intérêt non plus à se montrer trop sévères au début, pour éviter une situation chaotique dans les Hauts-de-France.

Beaucoup d’entreprises ont aussi prévu de ne pas envoyer de camions le 1er novembre, possible premier jour du « no deal ». Elles préfèrent attendre de voir comment évolue la situation. Cela réduira d’autant le flot de camions.

Rien de tout cela ne signifie qu’une sortie sans accord serait sans douleur. Ralentir le flux commercial d’une frontière a un impact économique négatif connu et prouvé. Les prévisions d’une perte de cinq à sept points de croissance sur le long terme restent crédibles. Simplement, le phénomène devrait être beaucoup plus lent, graduel et moins spectaculaire qu’annoncé. Politiquement, la faiblesse de l’impact risque de coûter cher aux pro-Européens.« 

Intéressant, non ? Et tentant, pour les Français qui croient encore ce que leur raconte Emmanuel Macron…

Le 25 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Ne croyez pas les prophètes européistes à propos du Brexit.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 25, 2019 à 11:04 #

    Exellante analyse ! tout est dit.

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