La maternité de l’hôpital Lariboisière (Paris 10e) au bord du gouffre.

27 Sep

Dans un texte publié sur le site du collectif Inter-Urgences mardi 24 septembre, à l’avant-veille d’une nouvelle journée d’action des personnels des urgences grévistes, trente-neuf soignants du service de gynécologie-obstétrique de l’hôpital Lariboisière, dans le 10e arrondissement de Paris, lancent un « appel à l’aide » : locaux« vétustes », effectifs à « flux tendus », équipe « à bout de souffle » et « sous la menace d’un craquage complet »… Ils n’en peuvent plus et son désormais au bord du gouffre.

« Si les conditions restent telles quelles, une catastrophe va arriver comme (…) aux urgences générales », mettent-ils en garde, en référence au décès d’une femme survenu en décembre 2018 aux urgences de l’hôpital.

Les soignants font tous état d’un important malaise dans le service. « On nous demande des heures sup à gogo, on n’a plus de vie personnelle ; on ne veut plus venir travailler la boule au ventre, il y a des filles qui pleurent tout le week-end », raconte une infirmière signataire du texte. « Il y a un grand mal-être, ajoute une de ses collègues, présente depuis quatorze ans dans le service. Toute la maternité est limite en burn-out. On vient travailler à reculons, je n’ai jamais connu ça… »

Une troisième soignante dit ressentir au quotidien de la « précipitation dans les soins » : « Plus ça va, plus ça empire, dit-elle. A cause du manque de personnel, il n’y a plus cette empathie qu’on avait avant. C’est devenu une usine ici. »

En raison d’arrêts maladie non remplacés, des auxiliaires de puériculture se retrouvent parfois, par exemple, seules pour vingt bébés, contre dix habituellement, privant ainsi les jeunes mamans de démonstration de bain.

Ce « cri de détresse » des personnels paramédicaux intervient moins d’un an après l’avertissement lancé par leur hiérarchie directe. Le 16 novembre 2018, dans un courrier adressé à la direction de l’hôpital, le chef de service Jean-Louis Benifla et neuf membres de l’équipe encadrante alertaient sur la « souffrance » du personnel. Dans un ultimatum à la direction, ils menaçaient même d’interrompre l’activité programmée et de ne plus prendre de nouvelles inscriptions à partir du 1er décembre si cette « souffrance » n’était pas prise en compte.

Dans ce service situé à côté de la gare du Nord, où près de 40 % des femmes suivies sont en situation de précarité (entendez qu’il s’agit presque exclusivement de migrantes clandestines…comme à Mayotte !), les responsables de la maternité faisaient valoir que les effectifs médicaux et paramédicaux étaient « les plus faibles » par rapport aux autres maternités de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) de taille similaire (2 500 naissances par an). Un audit externe avait alors été commandé par la direction. Audit dont les effets bénéfiques se font manifestement attendre !

Même si, depuis la fin août, des réunions ont lieu chaque semaine pour déployer d’ici à la fin de l’année un plan de réorganisation prévoyant l’arrivée de cinq personnels paramédicaux et d’un médecin supplémentaires, le remplacement d’infirmières par des sages-femmes de façon à « homogénéiser » la prise en charge, et des horaires en douze heures pour les sages-femmes, les auxiliaires de puériculture et les aides-soignantes prenant en charge les mères et les bébés. « L’administration a reconnu que nous avions raison », se félicite Jean-Louis Benifla au vu des renforts annoncés, tout en estimant que la maternité « reste encore sous-dotée ». Dommage que cette maternité ne soit pas une annexe de celle de Mamoudzou (Mayotte) car elle pourrait espérer des moyens qu’elle n’aura probablement jamais (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/01/14/a-mayotte-il-ny-pas-que-la-surnatalite-qui-ravage-lile-il-y-a-aussi-les-bidonvilles/).

Mais pour une partie de l’équipe, le compte n’y est toujours pas. Les signataires du texte dénoncent ainsi la vétusté des locaux et décrivent des « prises électriques non protégées, des moisissures aux plafonds, des canalisations qui se bouchent régulièrement, des matelas de lit lacérés (…), du matériel de soins qui tombe régulièrement en panne et qui n’est remplacé que trois semaines plus tard ».D’autres racontent la chaleur dans les chambres en été faute de stores aux fenêtres. Des souris seraient régulièrement aperçues.

Le matériel est également insuffisant, selon les soignants. « Il nous manque des fauteuils roulants, des tensiomètres, des thermomètres… On passe notre temps à courir après d’un étage à l’autre », raconte Tony Ferreira, 43 ans, infirmier en poste depuis plus de quatre ans dans le service. Les locaux modernes du « nouveau Lariboisière », annoncés pour 2023, paraissent encore loin aux équipes. « D’ici là, il y a un maintien minimal que nous engageons sans discuter », assure Vincent-Nicolas Delpech.

Alors, il faut que vous le sachiez, c’est beaucoup mieux à la maternité de Mamoudzou ! C’est plus efficace pour le « Grand Remplacement« .

Le 27 septembre 2019/

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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