Hic Jacet Aigle Azur.

28 Sep

Pulvis, cinis et nihil  

(poussière, cendre et rien d’autre)

Le pavillon aérien français est en pleine débandade. Coup sur coup, Aigle Azur puis XL Airways se sont déclarés en cessation de paiements. Lundi 23 septembre, le tribunal de commerce d’Evry a suspendu l’examen des deux seuls projets de reprise d’Aigle Azur encore en lice. Le jugement a été rendu vendredi 27 septembre : ce sera donc la liquidation judiciaire pure et dure, faute de repreneur sérieux, et…1 150 salariés de plus au chômage !

Du côté du gouvernement, on prétendait s’activer pour parer à cette défaillance. « Le ministre met tout en œuvre pour trouver une offre qui tienne la route », faisait-on savoir auprès du nouveau secrétaire d’Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari. On assurait même qu’après le retrait de Vueling, compagnie à bas coût filiale du groupe IAG, propriétaire de British Airways et Iberia, et celui d’un ex-pilote de la compagnie AOM, qui ne se sont même pas présentés au tribunal, lundi, « il y aurait d’autres repreneurs » intéressés par Aigle Azur. Tu parles…

Il y a quelques jours, Air France et Air Caraïbes avaient retiré « une offre combinée », qui proposait une reprise d’un peu plus de 600 salariés et d’une partie des créneaux horaires d’Aigle Azur à Orly. Une manœuvre bloquée par l’administrateur judiciaire, car « la loi oblige à reprendre les salariés aux conditions auxquelles ils sont déjà employés », explique un syndicat d’Air France. Des conditions sociales et salariales incompatibles avec celles des personnels d’Air France. Mais après la liquidation d’Aigle Azur, plus rien n’empêcherait Air France de reprendre quelques-uns des salariés de la compagnie, principalement des pilotes et des hôtesses, à ses conditions.

Le principal atout d’Aigle Azur est de détenir près de 10 000 créneaux de décollage et d’atterrissage (slots) à Orly. L’aéroport le plus proche de Paris est limité à 250 000 slots, et il est presque à saturation. Un autre objectif pour Air France qui va pouvoir ainsi récupérer des créneaux à bas coût et sans effort de reprise. Tout se passe donc comme nous l’avions prévu dans un article précédent où nous annoncions que les candidats à la reprise d’Aigle Azur ne lorgnaient en réalité que sur ses créneaux horaires (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/09/19/finissons-en-avec-la-compagnie-aigle-azur/). Voici ce que nous en disions :

«  Leur intérêt pourrait être d’attendre que la liquidation de la compagnie soit définitivement prononcée. Dans ce cas, les 10 000 créneaux de décollages et d’atterrissages dont dispose Aigle Azur à Orly seront redistribués aux compagnies opérant depuis cet aéroport au prorata de leur activité. Première compagnie française, Air France se taillerait la part du lion, avec environ 25 % de ces créneaux. Un niveau qui pourrait être suffisant pour développer le réseau de Transavia, la filiale à bas coût d’Air France. Air Caraïbes, elle aussi déjà présente à Orly, ne serait pas oubliée dans cette redistribution. Ne vous y trompez pas, tout le monde se dirige plutôt vers cette solution, et tant pis pour les salariés d’Aigle Azur.« 

Ces faillites interviennent un an après qu’Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique et solidaire, également chargée des transports, a donné le coup d’envoi des Assises du transport aérien. Douze mois plus tard, la montagne n’a même pas accouché d’une souris. Les compagnies, qui réclamaient des baisses de charges pour lutter à armes égales avec leurs concurrentes étrangères, n’ont rien obtenu. Au contraire, au nom de la préservation de l’environnement, les autorités envisagent des taxes supplémentaires.

Toutefois, les taxes et les charges ne sont pas seules responsables des déboires d’Aigle Azur et de XL Airways. Première destination touristique mondiale, la France n’a pas un secteur aérien à la hauteur de ses besoins. Comme le déplore un syndicaliste, « le paysage aérien français n’a pas bénéficié d’une consolidation ». Tant s’en faut. Une dizaine de compagnies aériennes tentent de survivre à l’ombre du géant Air France-KLM. Pour la plupart, elles disposent de flottes de moins d’une dizaine d’appareils, alors qu’on estime qu’au-dessous de dix avions une compagnie ne peut survivre de manière durable.

De plus, toutes sont déficitaires, à l’exception d’Air Caraïbes. Même Air France se trouve dans le rouge. L’économie du secteur aérien français suit le cours du pétrole. Quand il est bas, les compagnies reprennent des couleurs. Mais il suffit d’une brusque remontée, comme aujourd’hui, pour que les faillites s’enchaînent. A l’avenir, le secteur ne pourra échapper à une restructuration, avec la constitution d’un deuxième pôle aérien privé à côté d’Air France.

Disons enfin, en ce qui concerne précisément la compagnie Aigle Azur, qu’elle vivait presque exclusivement du transport de passagers entre la France et l’Algérie. Avec des coûts mal compensés par des tarifs toujours plus bas afin d’appâter une clientèle impécunieuse. Mais en conservant des dividendes toujours plus généreux pour des actionnaires peu sensibles aux dangers de l’immigration algérienne. On aurait même pu croire que l’absence de soutien gouvernemental était volontaire, cherchant à éliminer ainsi une porte d’entrée nuisible ! PAS DU TOUT. Nos ministres n’y avaient même pas pensé…Bref, au royaume des nuls, les incapables sont rois.

Dans notre article cité ci-dessus, nous annoncions aussi la conclusion de cette affaire avec lucidité :

« Quant aux Algériens (principaux utilisateurs d’Aigle Azur), ils développeront les moyens de transport maritimes que nous connaissons bien et qui font le bonheur des ONG immigrationnistes :« 

Le 28 septembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Hic Jacet Aigle Azur.”

  1. Hervé J. VOLTO septembre 28, 2019 à 3:21 #

    L’immigration fait heureusement partit des thèmes abordés à la Conventions des Droites.

    Convention qui ne semble pas plaire à tout le monde : nous espérons que Marion Maréchal saura avec pertinance faire sienne la devise de la Princesse Christine de Kent (épouse de Mikeal winsor, Duc de Kent, cousin de la Reine Elisabeth II) :

    -BIEN FAIRE ET LAISSER DIRE…

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