Il aura fallu plus de quarante ans pour semer d’embuches le parcours des IVG.

30 Sep

Ce n’est certes pas dans l’air du temps mais qui, parmi nous, pourrait ne pas se réjouir d’observer que le libre recours à l’avortement (un pour trois naissance en France, ce qui en dit long sur ce que pourrait être naturellement notre démographie en réponse à ceux qui prétendent que l’immigration est une nécessité…démographique *) diminue lentement dans notre pays ? Car, plus de quarante ans après le vote de la loi Veil, l’accès à l’avortement est, en pratique, de plus en plus difficile en France.

S’il n’existe pas de « zones blanches » en termes d’accès à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), il y a en revanche des territoires « en tension » dans la majorité des régions, soit du fait de la démographie des professionnels, soit du fait de l’affichage des convictions hostiles de certains d’entre eux.

Voyons d’abord l’aspect négatif de la situation, en deux images :

Pourtant, la reconnaissance désormais officielle des inégalités d’accès à l’IVG, de la part du ministère de la santé, était attendue de longue date par des structures militantes comme le Planning familial. « Ce n’est pas normal que des femmes doivent faire 50 ou 100 kilomètres de plus pour avorter parce qu’il n’y a pas de médecins ou parce que ceux présents ne veulent pas réaliser d’IVG », déplore Véronique Séhier, la coprésidente du Planning.

En 2018, la médiatisation de la situation de l’hôpital du Bailleul (Sarthe) avait mis en lumière cette nouveauté : pendant une grande partie de l’année, aucune IVG n’avait pu être pratiquée dans cet établissement en raison du départ à la retraite d’un médecin et du choix de trois des quatre praticiens encore en poste de faire valoir leur clause de conscience.

Alors que les résultats des opérations de « testing » annoncées en septembre 2016 par Marisol Touraine n’avaient jamais été communiqués, la ministre de la santé d’aujourd’hui, Agnès Buzyn, avait commandé en septembre 2018 un « état des lieux » aux agences régionales de santé (ARS) pour s’assurer « qu’il n’y ait pas une augmentation du nombre de médecins qui font valoir la clause de conscience » et avoir la certitude que « l’accès à l’IVG aujourd’hui est toujours aussi simple ».

Selon l’enquête réalisée entre mai et juillet 2019 (auprès d’un nombre non précisé de femmes), le délai s’écoulant entre la première demande en vue d’une IVG et la réalisation effective de l’acte est en moyenne de 7,4 jours en France. Selon les régions, ce délai peut varier de 3 à 11 jours en moyenne. Mais des durées qui ne disent cependant rien du parcours dans certains territoires ou à certaines époques de l’année.

Si « la plupart des ARS ne déclarent pas de difficulté majeure d’accès à l’IVG qui serait spécifiquement liée à l’exercice d’une clause de conscience », note le ministère de la santé, il constate néanmoins « des difficultés d’accès voire des refus de prise en charge » des IVG tardives, c’est-à-dire au-delà de dix semaines de grossesse. Une situation rien moins que normale à nos yeux.

Mais, en réalité, une spirale infernale ayant abouti à ce que l’avortement devienne une authentique méthode de contraception pour un nombre croissant de femmes.

Alors, étonnez-vous qu’un nombre croissant de praticiens refusent de cautionner cette dérive de la loi Veil ?

Dans certains départements (Haute-Marne, Doubs, Hautes-Pyrénées, Ariège), des fermetures de centres IVG, dues à des restructurations hospitalières et des fermetures de maternités, ont imposé des trajets beaucoup plus longs aux femmes. Entre 2007 et 2017, hors fusions d’établissements, 27 centres ont ouvert et 70 ont fermé en France métropolitaine, soit une perte nette de 43 centres sur un total de 624 en 2007. En dix ans, la baisse a été de 7,7 %.

Plusieurs départements affichent par ailleurs d’importants « taux de fuite »(sic). En Haute-Loire, en Ardèche, dans l’Ain ou en Haute-Saône, plus de 40 % des femmes qui avortent à l’hôpital le font dans un autre département que celui où elles résident (soit 1 771 avortements en 2017). Si « l’attractivité » ou la proximité de l’hôpital du département voisin peut en partie expliquer ce phénomène, il peut aussi être dû à un manque de centres IVG ou de médecins pratiquants. Au total, dans quinze départements (hors Ile-de-France), plus de 25 % des femmes ont avorté en dehors de leur département de résidence (soit 4 335 avortements). C’est ce que nous appelons

la transhumance abortive !

Alors que les IVG instrumentales représentaient plus de deux tiers des IVG en 2001, elles n’en représentent plus qu’un tiers en 2017, ce qui rend l’avortement…plus attractif. Ce développement de l’IVG médicamenteuse est notamment dû à l’autorisation faite aux médecins libéraux en 2004 et aux sages-femmes en 2016 de la pratiquer (mais pourquoi pas un jour, aux pharmaciens voire aux…bureaux de tabac). Si un tel élargissement répondait à une volonté des pouvoirs publics d’améliorer l’accessibilité de cet acte, il existe heureusement de fortes disparités dans le développement de cette offre prétendument libérale mais dont la volonté s’avère authentiquement euthanasique. Ainsi, 37 départements comptent moins de cinq professionnels de santé libéraux pratiquant les IVG médicamenteuses.

Pour « réduire l’hétérogénéité des situations territoriales » et « conforter un accès rapide à l’IVG partout en France », Agnès Buzyn a annoncé, vendredi, que des IVG instrumentales pourront être réalisées dans les centres de santé dès le premier trimestre 2020. Un annuaire exhaustif de l’offre de l’IVG « actualisé pour prendre en compte la saisonnalité » sera également mis en place dans chaque région. Nous vous le disions, ce sera bientôt dans les bureaux de tabac…Comme pour acheter un timbre ou jouer au Loto.

Cela aidera tellement à l’instauration du 

« Grand Remplacement » !

Le 30 septembre 2019.
Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.
* Tel le rapport des Nations-Unies sur « l’immigration de remplacement » (sic) : https://www.un.org/press/fr/2000/20000320.pop713.doc.html

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