Le copinage politique encouragé au sommet de l’Etat.

1 Oct

Souvenez-vous de ce qui s’est passé en mai 2017, juste avant la fin du mandat de François Hollande à la présidence de la République. 

Son garde des Sceaux et ministre de la Justice d’alors (excusez du peu), le pourtant très socialiste Jean-Jacques Urvoas, copine avec le député des Hauts-de-Seine Les Républicains (avant qu’il ne passe avec armes et bagages dans l’entourage d’Emmanuel Macron !), Thierry Solère, grand donneur de leçons de morale républicaine à la Terre entière et pourfendeur de ce qu’il nomme avec mépris les « populistes« . Jusque-là, rien de particulièrement scandaleux puisqu’après tout on a les amis que l’on mérite (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/27/le-comperage-franc-macon-au-coeur-de-la-republique-francaise/).

Mais, là où le bât blesse, c’est que ledit garde des Sceaux se crut alors autorisé à user de son pouvoir discrétionnaire pour obtenir de ses services (en l’occurence la Direction des affaires criminelles et des grâces et, là encore…excusez du peu) et transmettre à son ami Solère une fiche décrivant précisément l’avancement d’une enquête judiciaire le visant au titre de soupçons de fraude fiscale. Fiche de renseignements appuyée par un message, via la messagerie cryptée Telegram.

A l’époque, Thierry Solère était l’objet d’une enquête préliminaire qui est passée en février dernier au stade de l’information judiciaire, démontrant ainsi que cette affaire de fraude fiscale n’était pas une vue de l’esprit.

Démasqué par la justice, l’ex-garde des Sceaux comparaissait la semaine dernière devant la Cour de justice de la République, seule juridiction habilitée à juger des délits commis par des ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Et que pensez-vous qu’il arriva ? Rien ou si peu de chose ! Les pairs de Jean-Jacques Urvoas témoignant dans leur jugement d’une clémence non seulement surprenante pour une violation du secret de l’instruction à un niveau aussi élevé mais aussi carrément scandaleuse et à laquelle aucun d’entre nous ne pourrait même rêver s’il était concerné.

L’ex-ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a en effet été condamné, lundi 30 septembre, à….un mois de prison avec sursis, pour violation du secret professionnel, assorti d’une amende de 5 000 euros.

La peine est largement inférieure aux demandes du procureur général, François Molins, qui avait requis jeudi un an de prison avec sursis. La défense ne contestait pas les faits mais estimait que Jean-Jacques Urvoas n’était alors tenu par aucun secret professionnel. Ben voyons !

Au fond (mais qui en douterait) rien n’a changé depuis que Jean de La Fontaine nous a appris que « selon que vous serez puissant ou misérable….« 

Le 1er octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :