Corse : chassez le naturel, il revient au galop.

3 Oct

Ainsi que nous le prétendons, en Corse, grand banditisme et revendications indépendantistes sont les deux visages d’une même pathologie. Vous en trouverez l’analyse ici : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=Kalliste&submit=Recherche ethttps://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/09/25/corse-entre-le-chaos-et-labandon/ .

Hélas, certains (et en particulier les dirigeants politiques de notre pays) n’ont cessé et ne cessent de penser qu’il s’agit de domaines différents qui sont à traiter avec des méthodes différentes. Ceux-là ont probablement de bonnes raisons de persister dans l’erreur…

En voici une nouvelle démonstration.

En effet, alors que l’île de Beauté est victime d’une vague sans précédent d’actes de grande criminalité, la justice prend très au sérieux la création d’un nouveau groupe se revendiquant du Front de libération national de la Corse (FLNC). Le parquet national antiterroriste s’est saisi après qu’un groupe de cinq personnes se présentant comme un nouveau « Front de libération nationale de la Corse » a tenu une conférence de presse clandestine, selon les bonnes vieilles habitudes insulaires, dans le maquis de la Castagniccia, a indiqué mardi 1er octobre le procureur d’Ajaccio.

Lors de cet événement, les individus cagoulés ont remis à un journaliste de Corse-Matin un communiqué « d’interdictions et de préconisations«  pour « sauver le peuple corse« . Dans ce texte, le groupe annonçait des « actions de propagande » et assurait veiller, « par la force si nécessaire, à ce que ses interdictions et préconisations soient appliquées« . Parmi les interdictions et préconisations notons entre autres l’interdiction d’achat immobilier aux « non-Corses » et le remplacement « des étrangers par des Corses dans tous les emplois »

Le FLNC avait annoncé en 2014 qu’il déposait les armes, au terme de quatre décennies marquées par plus de 4 500 attentats revendiqués.

Alors, qu’est-ce que tout cela signifie ?

Avant tout, que persiste en Corse ce sentiment surprenant : tout le monde sait qui sont les criminels et de quelle manière ils agissent, mais le seul à être dénoncé et nommé, c’est l’Etat ! En Corse, on entend souvent dire « une » bande ou « des » élus plus ou moins compromis, mais ça va rarement plus loin. Et pourtant, depuis quelques semaines, on assiste à des manifestations citoyennes contre les mafieux sans doute en rapport avec, enfin, une prise de conscience d’un niveau de criminalité de plus en plus important.

Mais, ce qui doit interpeller, en revanche, c’est la labellisation de la violence sous le terme facile de « mafia », qui s’incarne en théorie dans une organisation tout à fait particulière avec ses rituels, son rôle social, parfois son internationalisation. Or, cela ne correspond pas à la réalité de la grande criminalité en Corse. Utiliser ce terme, c’est un moyen de mettre à distance toute responsabilité d’autres formes de violence dans la situation de la Corse d’aujourd’hui.

En particulier celles mises en œuvre par les structures nationalistes clandestines à travers les attentats qui perdurent, mais aussi d’autres pratiques, qui paraissent anecdotiques ou folkloriques en Corse mais choqueraient partout ailleurs, comme ces tags très violents et hostiles à l’Etat qui couvrent les murs de l’île depuis des décennies. Beaucoup d’indépendantistes portent une lourde part de responsabilité dans l’acceptabilité par une partie de la population du recours à la violence, dans la diffusion d’une rhétorique de l’action illégale, pas nécessairement perçue ni présentée comme illégitime. C’est cela l’âme corse.

Hélas, l’Etat ne semble pas se soucier du niveau de violence dans l’île avec tout l’intérêt qu’il devrait y consacrer, peut-être parce que la Corse est considérée comme un nain électoral et démographique et qu’elle représente toujours un risque politique pour un gouvernement.

Quant au peu de résultats en matière judiciaire, il s’explique bien sûr par des facteurs locaux, comme la difficulté à obtenir des informations. Mais aussi par d’innombrables complicités et autres collusions, à tous les niveaux (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/03/21/corse-pretendus-independantistes-maffieux-racailles-de-banlieue-et-ripoux-meme-combat/).

Sans doute l’Etat s’est-il trop longtemps focalisé sur les nationalistes et son logiciel de lutte contre la violence criminelle de droit commun est périmé ! Alors qu’il s’agit des mêmes.

Comme dans bien d’autres domaines…

Le 3 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Corse : chassez le naturel, il revient au galop.”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 3, 2019 à 9:36 #

    Parmi les interdictions et préconisations notons entre autres l’interdiction d’achat immobilier aux « non-Corses » et le remplacement « des étrangers par des Corses dans tous les emplois »…

    Excusez-moi, mais sur ces deux points, on ne peut qu’être d’accord avec les Corses.

    En fait on devrait faire à l’écehelle nationale ce que font les corses chez eux : interdiction d’achat immobiler aux non-Français -tout le monde se rappelle du cas du chateau de Champigny sur Veude- et le remplacement « des étrangers par des Français dans tous les emplois »…

    Bien sur, les armes et les cagoules, ce n’est pas la bonne méthode. Mais si l’Etat s’occuppait un peu plus de ses administrés, où qu’ils soient, ces derniers seraient un peu plus reconaissants. Et les mafieux perdraient du terrain.

    La France, ce n’est pas que Paris…

  2. Hervé J. VOLTO octobre 3, 2019 à 10:37 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Pour le rayonnement de la France en Corse, il faudrait :

    1. Arrimer la Corse à la Métropole.
    2. Assurer l’avenir de la Corse.
    3. Rétablir les Corses dans leurs droits légitimes.

    1. Arrimer la Corse à la Métropole.

    Moderniser le cadre administratif et institutionnel, protéger notre Souveraineté en Corse, valoriser les spécificités de la Corse.

    Située au cœur de la Méditerranée occidentale -à 170 kilomètres de Nice, une dizaine de kilomètres de la Sardaigne, 50 kilomètres de l’île d’Elbe (Toscane), 80 kilomètres des côtes toscanes- la Corse occupe une position stratégique au sein de l’espace géopolitique méditerranéen. Objet de convoitise des différentes puissances de Méditerranée, elle est longtemps demeurée dans les zones d’influence italo-toscane et carthaginoise, la langue corse en étant la plus vivante illustration. Véritable « montagne dans la mer » avec une arête centrale nord-sud sur toute sa longueur, résultat de la collision par rotation de la plaque corso-sarde (initialement lovée dans le golfe du Lion) et de la plaque italienne, l’intérieur de la Corse a été un lieu de refuge constant pour la population de l’île qui y a développé et maintenu une culture très ancienne.

    Sa spécificité et son originalité sont le produit d’une histoire complexe. Avec ses 8 778 km2, elle est la quatrième île de la Méditerranée, derrière la Sicile, la Sardaigne et Chypre. Viticulture et élevage sont les deux mamelles de la Corse.

    2. Assurer l’avenir de l’Outre-Mer Français.

    Développer le Catholicisme, oui, mais aussi l’économie et l’agriculture, désanclaver la province Française de Corse, assurer l’égalité des droits et des devoirs entre Français de Métropole et Français de Corse.

    3. Rétablir les Corses dans leurs droits légitimes.

    Assurer une juste et définitive indemnisation desCorses, défendre les doits moraux des Corses.

    À partir de 1957, 15 000 à 20 000 rapatriés venus d’Afrique du Nord, qui n’ont rien demendé d’autre que de pouvoir rentrer en France dignement, sont installés arbitrairement par le Général De Gaulle en Corse, soit environ 9 % de la population autochtone. Ce qui insupporta les insulaires fut de se voir refuser des prêts, en vue de l’acquisition de terres, et de constater que l’on prêtait pour l’achat de ces mêmes terres à cette population nouvellement débarquée et qui, de par son ampleur, fut perçue comme un envahissement.

    Les événements d’Aléria sont en partie liés à la présence d’agents subversifs présentés comme pied-noirs et dont certains, pas forcément les plus nombreux, surent se rendre insupportables auprès des Corses, par des paroles méprisantes, les Corse étant comme les iytaliens, fiers et susceptibles. Ceux-là sont partis et il reste des pieds-noirs qui, sans oublier leurs racines, se sont intégrés à la société corse, le père de votre serviteur ayant des cousins dans l’Ile de Beauté.

    Du 24 au 28 mai 1958, le 1er bataillon parachutiste de choc (basé à Calvi) enclenche la première phase de l’opération Résurrection, étape du coup d’État du 13 mai 1958, qui consiste à s’emparer du pouvoir civil et militaire dans toute l’île.

    Le putsch d’Alger ou coup d’État du 13 mai est le coup d’État mené à Alger (département d’Alger) le mardi 13 mai 1958, conjointement par l’avocat et officier parachutiste de réserve Pierre Lagaillarde, les généraux Raoul Salan, Edmond Jouhaud, Jean Gracieux, l’amiral Auboyneau avec l’appui de la 10e division parachutiste du général Massu et la complicité active des alliés de Jacques Soustelle, ce à la suite de la révolte des Royalistes du MP13 de Robert Martel.

    Dans le contexte de la guerre d’Algérie et d’une lutte pour le pouvoir, il avait pour but d’empêcher la constitution du Gouvernement Pierre Pflimlin et d’imposer un changement de politique allant dans le sens du maintien de l’Algérie Française au sein de la République. Il se solda par la fin de la « traversée du désert » pour le général en retraite, Charles de Gaulle, et son retour aux affaires (indirectement, cela marque la fin de la Quatrième République et le début de la Cinquième République).

    ________

    A lire:

    -Pierre Antonetti, HISTOIRE DE LA CORSE, Robert Laffont, Paris, 1990, (ISBN 978-2-22106862-5)

    -Michel Vergé-Franceschi, HSTOIRE DE CORSE. LE PAYS DE LA GRANDEUR, Éditions du Félin, Paris, 2013, (ISBN 978-2-86645798-3)

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