La corbeille déprime.

4 Oct

Les boursicoteurs commencent enfin à s’inquiéter d’une prochaine crise financière mondiale. Il leur en aura fallu du temps pour prendre en considération nos alertes…

Mercredi 2 octobre, la Bourse de Paris a fini en fort recul (-3,12%), ébranlée par des indicateurs décevants aux États-Unis qui alimentent l’angoisse d’une panne de la locomotive américaine et d’une récession de l’économie mondiale. Ainsi, l’indice CAC 40 a perdu 174,86 points à 5.422,77 points, dans un volume d’échanges étoffé de 4,3 milliards d’euros. La veille, il avait déjà fini en net repli de 1,41%.

La cote parisienne, qui avait commencé sur un léger repli, a progressivement vu ses pertes s’accentuer au cours de la journée. « Il y a une cristallisation de toutes les craintes« , a résumé auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, gérant actions à Dôm Finance.

« L’onde de choc générée par les chiffres manufacturiers américains hier s’est prolongée aujourd’hui. S’y est ajouté dans la matinée un mauvais chiffre pour les ventes de détails à Hong Kong qui a beaucoup pesé sur le luxe, puis les révisions significatives à la baisse de la croissance allemande par ses principaux instituts de recherche« , a-t-il détaillé.

« Le ralentissement des créations d’emplois dans le privé aux États-Unis dans l’après-midi est venu renforcer les doutes sur la vigueur de la croissance américaine, et pour ajouter à la morosité ambiante, l’OMC a autorisé Washington à imposer des taxes sur des produits européens« , a encore noté l’expert.

L’activité du secteur manufacturier aux États-Unis a en effet encore reculé en septembre pour tomber à son plus bas niveau depuis dix ans, mardi, tandis que le secteur privé aux États-Unis a créé 135 000 emplois en septembre, moins que le mois précédent et que les attentes des analystes, selon l’enquête mensuelle d’ADP publiée mercredi.

En représailles à des aides accordées à Airbus, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a autorisé mercredi les États-Unis à imposer des taxes sur près de 7,5 milliards de dollars (6,8 milliards d’euros) de biens européens par an, une décision aussitôt contestée par l’UE qui a menacé de riposter.

L’éclaircie n’est pas venue du Royaume-Uni, le marché restant dubitatif face au plan de la dernière chance proposée par le Premier ministre britannique Boris Johnson, à quelques semaines de la date butoir du 31 octobre.

A Paris, au sein de l’indice CAC 40, aucune valeur n’a échappé à la vague rouge. Les titres cycliques, les plus sensibles à la conjoncture, ont été frappés de plein fouet, à l’instar d’ArcelorMittal (-6,21% à 11,95 euros) ou Michelin (-3,26% à 98,92 euros). Le luxe a également beaucoup souffert : Kering a reculé de 3,87% à 436,10 euros et LVMH de 3,67% à 344 euros.

Airbus a reculé de 2,04% à 114,36 euros, après la décision de l’OMC. Enfin, Saint-Gobain s’est replié de 3,92% à 34,95 euros. Le groupe de matériaux de construction et de distribution a annoncé mardi la finalisation de la cession du menuisier et fabricant de fenêtres K par K dans le cadre d’un vaste plan consistant à resserrer son portefeuille.

Tout cela ne sent pas bon. Et ce ne sont pas les dernières décisions de la Banque centrale européenne qui vont rassurer la corbeille. Mais dommage que plus personne ne se souvienne du général De Gaulle :

Le 4 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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