La preuve par cent !

5 Oct

Il sont une centaine de travailleurs clandestins, fruits des amours illicites de l’immigration sub-saharienne et d’un patronat véreux, protégés par le pouvoir, à s’être « mis en grève » (alors qu’ils devraient avoir été expulsés depuis longtemps) pour revendiquer l’obtention de « papiers » (entendez une régularisation de leur présence illégale en France).

Ils sont stewards chez KFC, plongeurs ou cuisiniers chez Léon de Bruxelles ou dans une brasserie chic du 16e arrondissement de Paris, femmes et hommes de ménage dans un hôtel Campanile, un cinéma UGC ou un foyer pour migrants, intérimaires dans le bâtiment ou la manutention, etc…

Mardi 1er octobre, ils ont entamé une grève dans douze entreprises. Leur point commun : tous sont des travailleurs illégaux à Paris et dans sa banlieue et réclament leur régularisation. On se demande au nom de quoi…

Au moment où la préparation du débat parlementaire sur l’immigration – qui se tiendra lundi 7 octobre à l’Assemblée nationale – cible les risques d’abus du système de protection sociale ou de détournement de la demande d’asile, ces hommes et ces femmes, Maliens, Sénégalais et Mauritaniens, mais aussi Togolais ou Ghanéens (autant de pays qui ne sont pas victimes de violences ou de tortures de la part de leurs dirigeants politiques), rappellent qu’ils « cotis[ent] et contribu[ent] au système de solidarité nationale et de Sécurité sociale ».

Contrats à durée déterminée (CDD) à répétition, heures supplémentaires non payées, temps de travail inférieur au minimum légal… Beaucoup de ces travailleurs en grève ont aussi des « conditions [de travail] dégradées, voire indignes du fait de leur situation administrative et de leur vulnérabilité », fait remarquer Marilyne Poulain, membre de la direction confédérale CGT et pilote du collectif immigration CGT, qui soutient le mouvement mais ne va pas jusqu’à appeler un chat, un chat. Car, ce qu’elle décrit porte un nom (que nous ne cessons de dénoncer) : la nouvelle traite négrière ou l’esclavage moderne, conséquence des flux migratoires trans-méditerranéens dont la CGT défend bec et ongles les acteurs, trafiquants et ONG pseudo-humanitaires.

Mamadou, au centre, tient un drapeau, au KFC de place d'Italie, le 1er octobre.

« Ce sont les intérimaires qui déchargent les camions, constate Jean-Albert Guidou, de la CGT départementale, à propos des salariés de Haudecœur, une entreprise d’importation de produits alimentaires de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), où une dizaine de personnes se sont mises en grève. A la fin de la journée, ils doivent avoir porté autour d’une tonne. C’est l’exemple classique d’une entreprise où on met les intérimaires, a fortiori sans-papiers, sur les postes difficiles avec des risques pour la santé. »

Au restaurant japonais New Sukiyaki, en plein quartier touristique et festif de la Bastille, à Paris, Abdourahmane Guiro, 27 ans, embauche six jours sur sept, à raison d’une cinquantaine d’heures par semaine. « Je suis payé 1 500 euros, explique ce Sénégalais. Mais sur le bulletin, c’est affiché 1 100 euros. » Le reste, il le touche de la main à la main (ce système porte le doux nom de « travail au noir » !). Son collègue Yacouba Dia, 27 ans lui aussi, et chef de cuisine, travaille soixante-six heures par semaine, payées 1 700 euros.

Dans les restaurants KFC de la place d’Italie ou de Tolbiac (13e arrondissement), de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), de Vitry-sur-Seine ou du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), les « employés polyvalents » et sans-papiers aimeraient bien, eux, faire davantage d’heures.

La durée minimale de travail du salarié à temps partiel est fixée à 24 heures par semaine mais Mahamadou Diakite ne travaille que vingt heures et Mamadou Niakate travaille, lui, quinze heures, tout comme son collègue Boubou Doukoure. « Parfois, on travaille plus, assure ce Malien de 34 ans. Mais on n’est pas payé. Le patron nous dit qu’on a mal compté nos heures. » Des esclavagistes, vous dis-je sans cesse.

« Les employeurs font écrire une décharge aux salariés pour qu’ils disent que c’est eux qui ne veulent pas travailler au minimum légal », ajoute Kande Traoré qui, lui, culmine à vingt-huit heures par semaine. « Les gens sont dociles alors ils en profitent, s’indigne Boubacar Doucoure, délégué CGT pour l’enseigne KFC. C’est aussi ce que nous dénonçons dans tous nos articles consacrés aux migrants : l’emploi de travailleurs dociles et peu exigeants qui crée, en outre, un dumping social qui tire les embauches et les rémunérations des employés français vers le bas.

Boubacar Doucoure est aujourd’hui manager et en situation régulière en France, après avoir fait grève en 2008. « Entre 2000 et 2008, j’ai travaillé sans papiers. J’ai cotisé, j’ai payé des impôts (ndcer: démontrant combien l’Etat est complice de ce système puisqu’il prélève des impôts sur des travailleurs qui, aux yeux de le loi, n’existent pas). Et pourtant, je n’aurai jamais de retraite », fait-il remarquer. Sachez-le, l’Etat français est un négrier.

La plupart des salariés en grève ont été embauchés sous alias, c’est-à-dire en présentant des documents d’identité d’une personne en situation régulière. « Un frère m’a fait une photocopie de sa carte de séjour, de sa carte Vitale et d’une attestation d’hébergement et j’ai amené ça au patron qui m’a fait un contrat à durée indéterminée (CDI), explique Mamadou Niakate. Au travail, on m’appelle Diaby. » Son collègue Mahamadou Diakite arbore, lui, un badge au nom de Mantia.

Quand un travailleur sans papiers veut entamer des démarches de régularisation auprès d’une préfecture, il a besoin – pour remplir les critères d’admission exceptionnelle au séjour – que son employeur établisse un certificat de concordance d’identités et, dans tous les cas, qu’il remplisse un formulaire Cerfa de demande d’autorisation d’embauche d’un salarié étranger non-européen. « On n’ose pas demander parce qu’on a peur d’être viré », confie Moussa Diakite, un Malien de 44 ans qui travaille dans la démolition via la société d’intérim Cervus, basée à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Et en plus, ces salopards se permettent de faire du chantage au licenciement…

Moussa Diakite dit avoir « plusieurs fois essayé de demander une régularisation » en déposant un dossier en préfecture. Sans succès et c’est heureux.

« Ces travailleurs sont soumis à un double arbitraire, patronal et préfectoral (entendez gouvernemental)», souligne Maryline Poulain. Moussa Diakite s’est mis en grève pour la première fois de sa vie. Il craint un « durcissement des conditions » de vie des immigrés, lui qui se sent déjà « limité dans [ses] libertés » et « réduit dans [ses] déplacements » !!! En seize ans de présence en France, il n’est retourné qu’une seule fois au Mali, où il a une femme et deux enfants qu’il nourrit en leur envoyant sa paye. Ces pays ne vivent pratiquement que des subsides envoyés par leurs migrants.

Comprenez que l’émigration n’est pas prête de s’éteindre…

Le 5 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “La preuve par cent !”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 5, 2019 à 10:42 #

    On les fait venir pour les sous-payer. Et pour justifier ce méfait, on fait croire qu’on les fait venir parce que les Français ne veulent plus… travailler !

    Les quelques chanceux qui seront régularisés feront venir femme et enfants, auront d’autres enfants nés en France.

    Et ce derniers pourront dire un jour :

    -vous avez exploité nos parents, vous ne nous exploiterez pas quand à nous.

    Et de hair les Français, de bruler leurs voitures, voire commencer à les assassiner en plein rue.

    La faute n’est pas à ceux qui viennent. La faute est à qui les fait venir.

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