Mais que fait la police ? Nous dira-t-on.

10 Oct

Elle ferait probablement son travail et elle le ferait bien si elle n’était pas constamment entravée dans ses actions par le pouvoir politique et désavouée dans ses résultats par le pouvoir judiciaire.

En voici l’un des derniers exemples. Et pas des moindres quand on en connaît les résultats exprimés pas plus tard que la semaine dernière.

On prétend en effet que Hassan El-Houari est un imam accablé. Par les soupçons qui pèsent sur lui et sur la communauté musulmane de Gonesse (Val-d’Oise) ; par les accusations de radicalisation dont son collègue Ahmed Hilali est la cible. Car, depuis que Mickaël Harpon a tué quatre fonctionnaires au sein de la Préfecture de police de Paris, le jeudi 3 octobre, la responsabilité de la mosquée de la Fauconnière et de ses imams est pointée. Et particulièrement, donc, celle d’Ahmed Hilali, 35 ans. Et, maintenant, accroche-vous car ce qui suit va vous décoiffer.

De nationalité marocaine, Ahmed Hilali est accusé de prêcher un islam salafiste, qui a probablement influencé l’agent de la direction du renseignement de la Préfecture de police (DRPP). En 2015, cet imam a fait l’objet d’une mesure d’obligation de quitter le territoire français (OQTF), ensuite abrogée. Qui a décidé de cette abrogation ? Il faudra bien que nous finissions par le savoir.

Dans le cas contraire, les autorités politiques et judiciaires impliquées dans ces décisions administratives seront nécessairement l’objet d’accusation de complicité terroriste.

C’est Ahmed Hilali qui officie depuis le 1er avril 2017 pour les cinq prières quotidiennes, du dimanche au jeudi à Gonesse. Des prières auxquelles assistait régulièrement Mickaël Harpon, parfois à deux reprises en une journée, le matin et le soir. « Je le voyais, mais il était très discret, je ne lui ai jamais parlé, je ne savais rien de lui, je ne connaissais ni son nom ni sa profession », prétend aujourd’hui Ahmed Hilali, expert ès-taqiya.*

« C’est moi qui prêche tous les vendredis depuis 2015, c’est moi qui fixe les lignes du discours de la mosquée, et je ne connais ni les Frères musulmans ni les salafistes, affirme l’imam Hassan El Houari, 46 ans, également originaire du Maroc mais naturalisé français en 2005. Je ne peux pas être naïf à ce point-là ! Je m’en serais rendu compte, si c’était un intégriste. » A coup sûr. Mais à condition qu’il en ait pris la mesure et, surtout, que lui non plus ne soit pas un pratiquant de ladite taqiya….ce qui reste à démontrer.

Ahmed Hilali a, en tout cas, bien dirigé les prêches d’une mosquée à Sarcelles, non loin de là. Pendant trois ans. Une collaboration qui a mal tourné. Il a été renvoyé. Motif ? « Il arrive avec l’apparence d’un ange puis petit à petit, il dresse tout le monde les uns contre les autres, raconte un fidèle de Sarcelles. Il sème le trouble, divise, souffle sur les braises – en parlant des juifs notamment – et remplit la mosquée de mauvaises personnes. Il est un mélange de voyou et de radicalisé. » La communauté a été jusqu’à envoyer un émissaire dans son village d’origine, au Maroc, pour enquêter sur lui. « C’est tout sauf un imam ! Il n’a aucune formation ni aucune légitimité », poursuit le fidèle. Et voilà celui que les autorités ont refusé d’expulser.

La voix posée, le timbre clair, Ahmed Hilali a, lui, réponse à tout. Son renvoi de la mosquée de Sarcelles ? « Il s’agissait d’un problème entre un salarié et son patron : l’association refusait de déclarer la totalité de mon salaire. Ils ne m’ont jamais parlé de radicalisation », assure-t-il.

En 2015, cet imam a donc toutefois fait l’objet d’une mesure d’obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mais pas pour radicalisation, se défend-il. En tout cas, pas officiellement. La décision, raconte-t-il, est liée à un défaut de paiement de pension alimentaire à son ancienne compagne, avec qui il a eu une fille. L’OQTF a finalement été abrogée. Il possède désormais un titre de séjour valable jusqu’en 2020 et souhaite obtenir la nationalité française ! Ou comment laisser entrer le ver dans le fruit.

Selon le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, auditionné mardi par la commission des lois de l’Assemblée nationale, M. Hilali n’a pas été expulsé parce qu’il « était marié et qu’il avait un enfant ».

INTOLÉRABLE !

Quoi qu’il en soit, une chose est certaine aujourd’hui : il est connu des services de renseignement, sans être pour autant suivi par la DGSI.

« Je ne suis pas un imam radical, je ne prêche pas la haine, je ne connais pas les Frères musulmans ni les salafistes », affirme Ahmed Hilali, tout en présentant plusieurs attestations de bons et loyaux services émanant de mosquées où il a officié. Mais chacun devrait savoir que ces attestations – une pratique courante pour les mosquées qui leur permet de se « couvrir » en cas de problème – sont toutes datées du mois de mai 2019. « Je voulais devenir aumônier, j’avais besoin de recommandations, explique M. Hilali. Par ailleurs, je savais qu’il fallait que je prenne des précautions depuis la perquisition. » En 2015, dans le cadre de l’état d’urgence, son domicile a en effet été perquisitionné. Il n’a jamais su pourquoi, dit-il, mais il suspecte des fidèles de Sarcelles de l’avoir « injustement » dénoncé.

François Pupponi, l’ancien maire de Sarcelles et député (divers gauche) du Val-d’Oise, où habite l’intéressé, résume ainsi le différend : « Je l’ai aidé à obtenir un logement à la demande des dirigeants de la mosquée, bien avant de savoir qui il était. Il a foutu la merde à la mosquée avec de la racaille. Sur son fondamentalisme, je répète ce que les services de renseignement m’ont dit, mais je ne suis jamais allé l’écouter. »

Qu’ont décidé les autorités ? RIEN, comme d’habitude. Alors qu’il était impératif de 

« S’il est fiché S” [pour “sûreté de l’Etat”], on ne le sait pas, déclare Hassan El-Houari, qui accueille près de 1 000 fidèles chaque vendredi. Personne ne nous a jamais appelés pour nous mettre en garde. » La nouvelle équipe dirigeante de l’association, aux manettes depuis un an, n’a « jamais eu le moindre soupçon », souligne son président, qui souhaite garder l’anonymat. « Mais s’il y a confirmation qu’il est fiché S, alors nous suspendrons son contrat, ajoute-t-il. Il faut que quelqu’un nous le dise, mais on ne sait pas à qui s’adresser. » On croit rêver.

Alors, répétons-le une fois de plus : « dormez, braves gens, vous êtes dans de bonnes mains ! » Surtout avec Emmanuel Macron et Christophe Castaner aux manettes…

Le 10 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* La taqiya : désigne une pratique de l’islam consistant à dissimuler sa foi sous la contrainte, afin d’éviter tout préjudice et réaction hostile d’un milieu extérieur défavorable. Par extension : principe de dissimulation stratégique dans un contexte de conquête, comme moyen stratégique guerrier.

Une Réponse to “Mais que fait la police ? Nous dira-t-on.”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 11, 2019 à 12:16 #

    C’est le Canard Enchaîné qui l’a révèléi, et c’est une information extrêmement inquiétante.

    C’est une source anonyme exerçant en haut lieu qui l’affirme :

    -Du fait de ses fonctions, Harpon avait accès aux fichiers protégés, notamment à celui où figure l’identité des taupes. Il nous faut savoir s’il les a partagés…

    Un commandant, vieux routier du Renseignement, se montre particulièrement inquiet auprès de nos confrères :

    -S’il a pu accéder à la liste de nos sources infiltrées dans les mosquées salaf, on risque de pleurer bientôt d’autres morts !

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