Le FMI est de plus en plus inquiet sur la croissance économique mondiale.

17 Oct

Après plusieurs alertes successives, il y a un an déjà nous écrivions ici : « Le FMI n’est pas à la joie et le dit » : (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/10/10/le-fmi-nest-pas-a-la-joie-et-le-dit/). Mais, aujourd’hui, la mise en garde est sans appel. « A 3 % de croissance, il n’y a pas de place pour les erreurs politiques », a prévenu Gita Gopinath, l’économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), en dévoilant les dernières perspectives économiques pour 2019, ce mardi 15 octobre. Et celle-ci de presser les décideurs politiques de réduire « urgemment » les tensions commerciales. Sous peine de risquer de « saper gravement la confiance, la croissance et la création d’emplois ».

  • Le rythme de la croissance mondiale ralentit

La croissance mondiale ne devrait pas ainsi dépasser 3 % en 2019. Soit son rythme le plus faible depuis la crise financière de 2009 (contre 3,6 % en 2018). C’est 0,3 point de moins que les dernières prévisions de l’institution en avril. Parmi les raisons invoquées par le FMI : les incertitudes liées au Brexit et les tensions commerciales entre les deux plus grandes puissances économiques de la planète, la Chine et les Etats-Unis, qui ont entraîné une hausse des tarifs douaniers et entamé la confiance des entreprises. Selon les calculs du FMI, les tensions commerciales devraient coûter 0,8 point de PIB à la croissance mondiale en 2020. Et encore, leurs effets ont été amortis par une politique monétaire accommodante aux Etats-Unis et dans de nombreux autres pays avancés et émergents. « En l’absence de ce stimulus monétaire, la croissance mondiale aurait été plus faible de 0,5 point de PIB en 2019 et 2020 », affirme Mme Gopinath.

D’autres raisons plus structurelles sont mises en avant pour expliquer ce ralentissement, à savoir la faible hausse de la productivité et la démographie vieillissante dans les économies avancées. Pour 2020, le FMI anticipe une légère accélération (à 3,4 %), soutenue par les pays émergents, tandis que dans le même temps l’activité devrait être moins dynamique dans un groupe de pays comprenant le Japon, les Etats-Unis, l’Europe et la Chine, soit la moitié du PIB mondial.

  • La Chine est entrée dans une phase de « ralentissement structurel »

« Après un ralentissement prononcé sur les trois derniers trimestres de l’année 2018, la croissance dans les économies avancées s’est stabilisée à un rythme faible durant le premier semestre 2019 », observe le FMI. Celle-ci ne devrait pas dépasser, dans les pays riches, 1,7 % en 2019 et 2020. La croissance américaine s’est poursuivie à un rythme soutenu au premier semestre 2019, grâce au dynamisme de sa demande intérieure et à la vigueur de son marché de l’emploi. Elle devrait atteindre 2,4 % en 2019 avant de décélérer à 2,1 % l’année suivante. La zone euro a davantage souffert d’une baisse de la demande extérieure et d’une diminution des stocks de ses entreprises : la hausse du PIB européen ne devrait pas dépasser 1,2 % en 2019, avant de légèrement rebondir à 1,4 % en 2020. Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour l’Allemagne et la France, deux pays qui ont souffert d’une baisse des exportations au premier semestre 2019 plus importante que prévu. En d’autres termes, doucement et malgré nous (entendez les dirigeants politiques de nos pays pour lesquels la croissance est une religion), la DECROISSANCE se met en place…

« Les pays asiatiques émergents et en voie de développement restent les moteurs de l’économie mondiale », constate le FMI, qui précise toutefois que la Chine est entrée dans une phase de « ralentissement structurel ». La première économie d’Asie devrait enregistrer une croissance de 6,1 % en 2019 et de 5,8 % l’année prochaine, en dessous des dernières prévisions d’avril, en raison d’une baisse de ses exportations et de l’assainissement de son secteur financier menacé par l’explosion de la dette.

  • Trou d’air du commerce, inquiétudes sur les services

La décélération de la croissance mondiale s’est traduite par un ralentissement de la production industrielle, dont l’indice a été divisé par deux depuis le début de l’année 2018. Le secteur automobile, qui a dû s’adapter à de nouvelles normes d’émission de CO2 en Chine et dans l’Union européenne, a même vu ses ventes mondiales baisser de 3 % l’année dernière. Les nouveaux droits de douane sur les importations américaines en provenance de Chine et l’issue incertaine des négociations entre Washington et Pékin ont incité les entreprises à limiter ou à reporter leurs achats de biens d’équipement. Cette baisse de la demande en produits intermédiaires, qui représentent la moitié des échanges dans le monde, a pesé sur le commerce mondial, dont la croissance n’a pas dépassé 1 % au premier semestre 2019, son rythme le plus faible depuis le premier semestre 2012.

L’activité des services, dont les échanges sont moins soumis aux aléas du commerce mondial, a bien résisté, permettant au marché de l’emploi de conserver, pour quelques temps encore, son dynamisme et aux salaires d’augmenter dans les économies avancées. « Cette trajectoire divergente entre les activités manufacturières et de services s’est poursuivie sur une durée inhabituellement longue, et nous nous préoccupons de savoir si la faiblesse du secteur manufacturier pourrait se propager à celui des services et à quel moment », note Mme Gopinath.

  • Le FMI plaide pour une relance budgétaire et des réformes structurelles

Dans son rapport, le FMI énumère les nombreux risques qui pèsent sur la conjoncture mondiale : niveau d’endettement élevé de certains pays, baisse de la croissance chinoise plus brutale que prévu, Brexit sans accord ou encore aggravation du conflit commercial entre Washington et Pékin. Pour protéger au mieux les économies, l’institution appelle les gouvernements à « désamorcer les tensions commerciales, à redynamiser la coopération multilatérale et à soutenir l’activité économique là où c’est nécessaire ». Soulignant que la relance budgétaire en Chine et aux Etats-Unis a permis de minimiser l’impact de la hausse des barrières douanières, le FMI recommande aux pays qui disposent d’une marge de manœuvre suffisante de suivre leur exemple. L’Allemagne est ainsi pointée du doigt : « Le pays devrait tirer profit des emprunts à taux négatif pour investir dans le capital humain et les infrastructures, ne serait-ce que du point de vue du rapport coûts-bénéfices. » Ce que la chancelière Angela Merkel et ses conseillers économiques persistent à ne pas vouloir faire. D’où une dégradation accélérée des infrastructures industrielles du pays. Un suicide, comme en 2015 lorsqu’elle appela de tous ses voeux l’invasion de l’Europe par des hordes migrantes venues d’Orient.

Dans les pays à bas revenus, particulièrement en Afrique subsaharienne et dans une moindre mesure au Moyen-Orient et en Asie-Pacifique, l’institution appelle à des réformes structurelles. Mais, hélas, cela restera encore longtemps un voeu pieux avec pour conséquence le maintien d’une pression migratoire de plus en plus forte.

Pas sûr que vous ne regrettiez pas la ciguë lorsque vous boirez ce cocktail que l’on nous prépare :

( Bien agiter dans un shaker sur de la glace pilée et déguster dans un verre old-fashioned décoré d’une feuille de…cannabis, à mâcher lentement ! ).

Le 17 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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