Italie : le retour de Matteo Salvini.

20 Oct

On l’avait dit déchu. On le prétendait presque disparu. Ce qui arrangeait bien les deux complices du gouvernement italien d’aujourd’hui, le Mouvement 5 étoiles (M5s) et le Parti démocrate (PD), à la solde de la Commission européenne. Pas de chance pour ces deux-là, Matteo Salvini, le chef de La Ligue et ancien ministre de l’intérieur du précédent gouvernement, est de retour. Et bien de retour comme on a pu le constater, hier samedi 19 octobre, à Rome, au pied de la Basilique Saint-Jean-de-Latran.

La clameur a raisonné sur la façade en marbre de Saint-Jean-de-Latran quand il est monté sur la scène, devant une marée de drapeaux et d’écrans géants. Devant l’imposante basilique posée au cœur de Rome, Matteo Salvini a rassemblé ses troupes samedi 19 octobre dans l’après-midi, et même bien plus largement l’opposition de droite au gouvernement de Giuseppe Conte. Un mois et demi après la formation de l’alliance entre le PD (centre socialisant) et le Mouvement 5 étoiles (antisystème), celui qui est devenu le chef de l’opposition après la crise politique estivale, avait fait de ce grand rendez-vous la première manifestation nationale pour promettre de « renvoyer à la maison » ses anciens alliés au pouvoir tout comme la gauche.

Avec plusieurs dizaines de milliers d’Italiens qui ont convergé de toutes les régions de la péninsule, (les organisateurs ont annoncé 200 000 personnes), le rendez-vous a été un grand succès. Dans la foule, plusieurs générations mêlant les nostalgiques du berlusconisme aux jeunes loups de la Ligue, casquette du « capitaine » (le surnom de Matteo Salvini) sur la tête, jusqu’aux militants de la droite radicale de Casa Pound.

Convoquée autour du slogan « la fierté italienne » cette manifestation populaire avait pour ambition de reformer la coalition de droite rassemblant la Ligue, le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi et Fratelli d’Italia, la formation post-fasciste de Georgia Meloni. Avec 37 % des voix, elle avait triomphé aux élections législatives de mars 2018, devant la formation de Beppe Grillo (M5s). « Aujourd’hui c’est la droite qui est plus forte dans ce pays et ce n’est pas elle qui est aux manettes, cherchez l’erreur » souffle Enrico, un ingénieur informaticien. Agitant un drapeau tricolore marqué du logo de Fratelli d’Italia, il a fait le voyage depuis la Calabre avec sa fiancée.

Avant de monter sur scène, Matteo Salvini envoie ses lieutenants répéter les mots-d’ordre du parti. « Le Parlement ne représente plus le peuple ! », lance le sénateur léguiste Alberto Bagnai déclenchant des appels aux élections dans la foule. Elus locaux, maires et gouverneurs de la Ligue ou de Forza Italia se succèdent avant que les chefs politiques ne passent derrière le micro. L’ancien premier ministre Silvio Berlusconi, dont la présence au meeting a été confirmée au dernier moment, rappelle que la mission de son parti est de « libérer les citoyens de l’oppression fiscale, judiciaire et bureaucratique », suscitant des applaudissements nourris. Si la foule écoute gentiment le vieux leader, certains manifestants montrent néanmoins de l’impatience et appellent « Matteo » sur la scène.

A Rome, le 19 octobre.
A Rome, le 19 octobre

Il faut d’abord écouter Giorgia Meloni qui d’une voix forte, expose la rhétorique la plus radicale de l’après-midi. « Nous défendrons Dieu, la patrie et la famille, faites-vous une raison ! », lance t-elle à ses adversaires au gouvernement, expliquant également avec des accents trumpiens que pour arrêter les migrants « des murs seront construits » s’il le faut.

C’est alors sur l’air de « Vincero » (« je gagnerai ») du Turandot de Puccini, que l’ancien ministre de l’intérieur fait un triomphe.

« On disait que c’était la place de Berlinguer [l’ancien chef du parti communiste dont les funérailles en 1984 rassemblèrent au même endroit près d’un million de personnes], la place de la gauche, mais aujourd’hui c’est la place des Italiens, de ceux qui travaillent », lance t-il avant de désigner ses cibles favorites, l’Europe de Bruxelles en premier lieu. Salvini rend ensuite hommage au peuple britannique qui a fait le choix de la souveraineté avant de lancer cette promesse sous un tonnerre d’applaudissements : « Nous reviendrons bientôt au gouvernement, et nous rentrerons par la grande porte. »

Quand on voit ce que ses successeurs ont fait de son laborieux travail contre l’entrée des hordes migrantes sur le sol européen, et en Italie en particulier, on ne peut que souhaiter que la « grande porte » s’ouvre rapidement.

Le 20 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Italie : le retour de Matteo Salvini.”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 20, 2019 à 9:35 #

    Sur cette belle photo de famille paru dans le journal IL MESSAGgERO, on reonnait de gauche à droite Silvio Berlusconi, leader de Forza Italia (l’équivalant politique de nos Républicains), Giorgia Meloni, leader de Fratelli d’Itali/Alleanza Nazionale (équivalant politique de notre Rassemblement National) et matteo Salvini, Leader de la Lega (équivalamnt politique notre Mouvement Pour la France), unis en une cohalition destinée à établir un front anti-gauche
    https://www.ilmessaggero.it/politica/lega_roma_19_ottobre_diretta_centrodestra_manifestazione-4807696.html#

    Pourquoi en France, on n’arrive pas à les mettre d’accord ?

  2. Hervé J. VOLTO octobre 20, 2019 à 9:57 #

    Sur cette video
    https://www.romatoday.it/politica/video-manifestazione-lega-piazza-san-giovanni-roma-19-ottobre-.html

    on peut appercevoir de nombreuses bannières et de nombreux drapeaux. Tout d’abord, le tricolore donné aux italiens par napoléon I° et où le vert remplace le bleu. Mais aussi des drapeaux du parti FORZA ITALIA de Silvio Berlusconi, de la LEGA de Matteo Salvini, des drapeaux de gaule à la Croix d’Argent, dits drapaux savoyards : ce sont les Royalistes italiens, partisans de la Maison Royale de Savoie. Puis l’oeil averti de votre serviteur a reconnu des drapeaux du partis Royaliste Providentailiste SACRO ROMANO IMPERO CATHOLICO
    https://www.vice.com/it/article/exj33k/mistero-partito-sacro-romano-impero-mirella-cece-454
    et
    https://www.ilfattoquotidiano.it/2019/04/07/europee-dal-partito-internettiano-al-sacro-romano-impero-cattolico-depositati-i-simboli-al-viminale/5092765/

    Du beau monde en tout cas !

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