Enfin une réflexion intéressante sur la crise migratoire d’origine subsaharienne !

22 Oct

Même si elle émane du dernier rapport du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et publié lundi 21 octobre !

En matière de lutte contre l’immigration clandestine, « les décideurs politiques doivent changer d’approche » en est la conclusion après avoir porté un jugement sévère sur les stratégies européennes face à l’immigration irrégulière. Mais aussi après avoir démontré que, contrairement aux idées reçues en matière de subventions aux pays d’origine des migrants, « L’instrumentalisation de l’aide internationale au développement à des fins politiques ne devrait pas avoir un impact à long terme sur les facteurs des migrations africaines irrégulières ». Un pavé dans la mare.

Au moment même où le gouvernement d’Edouard Philippe prétend faire de l’aide publique au développement (avec donc l’argent des contribuables) un levier, le PNUD rappelle au contraire que ce type d’approche envoie « un mauvais signal aux électorats européens en leur faisant croire que de telles stratégies marcheront sur le long terme ».

Fruit de plus de 1900 entretiens réalisés auprès de migrants africains installés dans treize pays d’Europe, le rapport du PNUD analyse en profondeur le profil des personnes qui quittent leur pays pour entrer de façon irrégulière en Europe et les raisons qui ont présidé à leur choix.

L’étude montre que les candidats au départ – qui avaient en moyenne 24 ans au moment de leur arrivée en Europe – sont en général, dans leur pays, plutôt mieux lotis que leurs pairs. Sans évidemment faire partie d’une élite, ils ont « manifestement bénéficié des progrès du développement en Afrique au cours des dernières décennies ».Originaires des zones urbaines à 85 %, ils présentent des niveaux d’études un peu supérieurs à la moyenne des gens de leur génération. Ainsi, 43 % des sondés avaient complété le cycle secondaire. En outre, 49 % avaient des revenus au moment de leur départ et, parmi eux, les deux tiers gagnaient au-dessus du revenu moyen dans leur pays. En d’autres termes, ces migrants n’ont même pas la reconnaissance du ventre envers les autorités de leurs pays comme des généreux donateurs qui assurent les fins de mois des premières ! Nous avions déjà énoncé ce paradoxe et pointé du doigt cet important élément d’accroissement de la paupérisation des pays d’Afrique lié à la fuite de leur maigres forces vives.

Ces éléments laissent entendre que « le développement de l’Afrique est de nature à encourager les mouvements migratoires, et que ces derniers vont nécessairement s’accentuer tandis que « la plupart des pays d’Afrique atteignent à peine les niveaux de croissance et de développement à partir desquels l’émigration commence à s’intensifier ». Par conséquent, les auteurs battent en brèche « l’idée qu’il est possible de réduire la migration par le biais de réponses programmatiques et politiques conçues pour l’empêcher ». Intéressant, non ?

Les entretiens menés par le PNUD montrent qu’un des facteurs décisifs au départ est, chez les jeunes Africains, un sentiment d’exclusion sociale et de frustration vis-à-vis d’aspirations et de rêves qui n’ont aucune perspective de réalisation dans les pays d’origine. Il s’agit donc bien de migrants strictement économiques et non pas de prétendus « REFUGIES« , comme voudraient à tout prix nous le faire croire le lobby immigrationniste.

Malgré des situations plus favorables que celles de leurs pairs, les personnes sondées avaient pour 70 % d’entre elles le sentiment de ne pas gagner assez. Et pour 77 %, le sentiment que leur voix n’est pas entendue par leurs gouvernements. « Leur ambition a dépassé les opportunités disponibles localement (vous apprécierez l’euphémisme) résume les auteurs. Le développement ne va pas assez vite et ses gains sont inégaux et limités ». L’immigration se révèle alors, pour ces personnes dont la trajectoire de vie est ascendante, un « investissement pour un meilleur avenir », un choix rationnel qui engage une « prise de risque calculée ».

Compte tenu des divers appels d’air en la matière et des « câlins sociaux » dont ils sont bénéficiaires chez nous, pourquoi voulez-vous que l’immigration subsaharienne cesse ?

Les résultats de l’étude montrent aussi que les sondés proviennent de foyers plus nombreux que la moyenne de leur pays, ce qui laisse supposer une pression économique supplémentaire. Ce détail vient appuyer nos articles consacrés à la démographie galopante de l’Afrique subsaharienne (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/06/12/le-xxi-eme-siecle-sera-celui-dune-tragedie-demographique-entre-lafrique-et-leurope/). En effet, 51 % des migrants interrogés contribuaient à l’économie du foyer avant leur départ. Même si la migration reste une décision multifactorielle, qui repose aussi sur des considérations en matière d’accès à l’éducation, de gouvernance ou de sécurité, 60 % des sondés ont évoqué le travail et le fait d’envoyer de l’argent à leur famille comme étant la première raison qui a motivé leur départ.

En 2017, les transferts d’argent depuis l’Europe vers l’Afrique subsaharienne ont représenté 25,3 milliards de dollars, rappelle le PNUD, qui souligne au passage que les montants sont bien supérieurs à ceux de l’aide publique au développement, de quoi mettre en doute la capacité de ce levier financier à dissuader les mouvements migratoires. En Europe, parmi les 38 % de migrants sondés qui déclarent des revenus, 78 % envoient de l’argent à leur famille. Ils gagnent alors en moyenne 1 020 dollars par mois, un salaire inférieur au salaire moyen du pays d’accueil – et même au salaire minimum en vigueur lorsqu’il en existe un -, mais cela représente trois fois la somme que les migrants percevaient en Afrique (lorsqu’ils y travaillaient) et leur permet d’envoyer un « salaire africain » à leur famille. Ce qui fait dire aux auteurs que la mobilité sociale ainsi obtenue est équivalente à un saut générationnel, malgré un phénomène de déclassement. En effet, les migrants qui travaillent en Europe occupent à 60 % des emplois peu qualifiés, le plus souvent dans le nettoyage, l’agriculture ou au domicile de particuliers, contre 29 % dans leur pays d’origine.

En outre, les opportunités de travail sont limitées par l’absence de statut légal : 64 % des sondés déclarent ne pas avoir d’autorisation de travail dans le pays d’accueil et met en évidence la complicité de nombreux employeurs véreux dans non seulement l’accueil mais, par voie de conséquence, la stimulation du phénomène migratoire. C’est l’un de nos arguments en faveur d’une interdiction formelle de l’emploi de migrants sans autorisation de séjour et de leur revoir immédiat dans leur pays d’origine.

Hélas, parmi ceux arrivés avant 2005 en Europe, ils ne sont plus que 28 % dans ce cas. A ce propos, les auteurs soulignent que dans la recherche d’un droit au travail, le système d’asile est devenu l’une des seules options disponibles, en l’absence d’autres voies légales, alors même que les personnes n’ont pas migré pour des raisons humanitaires. Vous comprenez alors mieux l’énergie déployée par nos dirigeants politiques et leurs complices ès-« Grand Remplacement » pour faire prendre aux Français des vessies pour des lanternes et des migrants économiques pour des demandeurs d’asile !

Pour le PNUD, l’approche – qui caractérise de plus en plus d’États européens – qui consiste à détériorer les conditions d’accueil des migrants pour dissuader leur venue, ne fait qu’accroître les populismes. On s’en serait douté : « La présence de migrants sans-papiers plongés dans les limbes de la clandestinité de façon prolongée nourrit l’inquiétude de l’opinion publique et les discours inflammatoires », précise le rapport.

Mais que nous propose les experts du PNUD pour résoudre cette situation calamiteuse ? Accrochez-vous bien, ça va décoiffer.

Il existerait paraît-il des solutions « gagnant-gagnant » face à la migration, assure le PNUD. Les entretiens montrent en effet que le succès relatif rencontré par les migrants est corrélé à la façon dont ils se projettent dans l’avenir. Ainsi, 70 % des sondés ont déclaré vouloir vivre de façon permanente en Europe. Mais cette proportion diminue à mesure que grandit le sentiment de « mission accomplie », ce qui renforce l’idée d’une migration vécue comme un investissement. Et là vient une extraordinaire utopie bien dans l’esprit des Nations-Unies : « Aider les personnes à atteindre leurs objectifs leur permettra non seulement de contribuer légalement et pleinement au marché du travail européen mais, à terme, devrait encourager le retour dans leur pays d’origine », prétendent les auteurs.

Le développement de voies de migration circulaire, la régularisation des migrants déjà établis en Europe, mais aussi le développement d’opportunités pour la jeunesse en Afrique et la lutte contre les systèmes gérontocrates sont autant de défis que le PNUD encourage à relever. « Cependant, reconnaissent les auteurs du rapport, cela nécessite du courage politique en Afrique comme en Europe ».

Et si le véritable courage politique vanté par le PNUD était, tout simplement, dans le principe suivant : 

IMMIGRATION ZERO ?

Le 22 octobre 2019.

 

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