Dans la rubrique « plus ça change et plus c’est la même chose »…

27 Oct

Vive le « Front républicain » !

Ou le vieux monde toujours au pouvoir.

On allait voir ce qu’on allait voir. La politique, avec Emmanuel Macron, n’aurait plus rien à voir avec celle de ses prédécesseurs. Finis, les petits arrangements entre amis et vive la liberté d’expression de tous. Finis le principe selon lequel « on prend les mêmes et on recommence » et vive les nouvelles têtes bien faites qui veulent vraiment le changement. Sauf que…

De nouvelles élections approchent. Et les pires pour le parti au pouvoir : les municipales, que l’on nous dit peu favorables à ceux qui, venant de nulle part, ne savent pas davantage où ils vont. Aussi, face au rouleau compresseur de la droite de conviction, les vieilles recettes reviennent au galop. Et, en particulier, celle qui a depuis longtemps fais ses preuves pour faire barrage au pays réel : le « Front républicain« . Entendez, la collusion de tous les prébendiers de la République, de la droite molle jusqu’à la gauche la plus extrême, pour sauver les meubles. Et de l’ex-UMPS (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/08/28/quelques-maires-anciennement-lr-sorganisent-pour-aller-a-la-soupe-souvenez-vous-deux-le-moment-venu/) jusqu’à la nouvelle LRMS (https://www.lejdd.fr/Politique/exclusif-76-soutiens-de-macron-appellent-a-la-creation-dun-pole-de-gauche-dans-la-majorite-3926443).

 

Alors, nous y voilà et Stanislas Guérini, le délégué général de La République en Marche, vient de livrer l’acte II de son dispositif anti-Rassemblement national (RN). La mise en œuvre opérationnelle d’une volonté politique. En janvier, avant les élections européennes, Stanislas Guerini, avait exhorté ses troupes à mener une campagne offensive face à l’ex-Front national. Il avait alors annoncé la création d’une cellule interne chargée de mettre en place « une stratégie de lutte » contre la formation de droite.

Neuf mois plus tard, la réflexion est bien avancée. Le parti présidentiel a d’ores et déjà bâti un plan de bataille pour endiguer la progression du parti de Marine Le Pen, lors des élections municipales. Cette doctrine doit être présentée officiellement par la direction de LRM en janvier 2020, lors d’une conférence de presse.

Son objectif ? « Faire front contre le FN » en empêchant le RN d’étendre son implantation municipale lors du scrutin de mars 2020, après qu’il a déjà conquis dix villes en 2014, dont Béziers (Hérault) et Fréjus (Var). Une menace considérée comme sérieuse par LRM, où l’on redoute, par exemple, que la communauté d’agglomération de Béziers, aujourd’hui aux mains de la droite, tombe dans l’escarcelle du RN. « Les digues cèdent les unes après les autres, s’alarme le délégué général adjoint de LRM, Pierre Person ! Quelle surprise… Dans ce contexte, nous voulons faire barrage à la volonté d’implantation du RN. »

Pour y parvenir, le mouvement macroniste a décidé d’opérer de manière méthodique. Il a d’abord recensé une centaine de communes où le parti lepéniste risque de l’emporter, en identifiant trois bassins d’expansion principaux : l’Hérault, le Nord et la Moselle. Il a ensuite défini trois attitudes différentes à adopter, dans l’attribution de ses investitures et de ses soutiens pour les municipales.

Le premier cas de figure, le plus simple, concerne « quelques villes à risque RN », où la majorité pense disposer d’une tête de liste suffisamment forte pour pouvoir l’emporter. Dans ces endroits, LRM a investi son propre candidat. Cette situation se présente notamment à Perpignan, où le « marcheur » Romain Grau tentera d’empêcher le député RN Louis Aliot de conquérir la mairie.

A Beaucaire (Gard), les macronistes ont choisi Lionel Depetri, suppléant de la députée Françoise Dumas, pour ravir une ville dirigée par le parti lepéniste. Autre exemple : à Arles (Bouches-du-Rhône), ville actuellement dirigée par le PCF mais identifiée comme « prenable » par le RN, le parti présidentiel a choisi d’investir sa députée Monica Michel.

Pour contrer la droite de conviction, les partisans d’Emmanuel Macron prévoient deux autres scénarios, qui ressemblent à une réhabilitation du front républicain. Dans le cas où LRM « n’est pas en mesure de proposer une offre sous son étiquette permettant le plus grand rassemblement », le mouvement a décidé de « soutenir une autre offre politique » (sic). En clair, d’appuyer un candidat issu d’un autre parti républicain, théoriquement bien implanté et apparaissant en mesure de résister à la pression du RN. Même s’il s’agit finalement du mariage de la carpe et du lapin, pourvu que ce ne soit pas le RN. C’est notamment le cas dans le Nord, avec le soutien au maire sortant de Wattrelos, Dominique Baert, issu du Parti socialiste, ou encore à Dunkerque, avec le sortant Patrice Vergriete (divers gauche).

A Forbach, en Moselle, c’est Alexandre Cassaro, venu du parti Les Républicains (LR), qui a été choisi par les macronistes pour conquérir cette ville convoitée par le RN et par le président du parti Les Patriotes, Florian Philippot. Dans l’Hérault, dans des villes visées par le RN, LRM soutient d’autres élus de droite : l’édile sortant Claude Arnaud (divers droite) à Lunel, l’un des Grands Prêtres de la mixité ethno-culturelle dont chacun connaît les conséquences catastrophiques ; le maire sortant (ex-LR), François Commeinhes, à Sète ; et le conseiller municipal d’opposition, Pascal Resplandy, à Béziers, qui affrontera le maire sortant Robert Ménard, soutenu par l’ex-FN.

Le dernier cas de figure concerne les villes où le parti macroniste prévoit de se désister, afin d’empêcher l’élection d’un candidat du parti lepéniste. Là où il est préférable de « ne rien faire pour ne pas risquer d’éparpiller les voix ». Selon nos informations, LRM compte ainsi ne pas présenter de candidat à Denain (Nord), où le RN a des chances de ravir la municipalité. Alors que le MoDem y a désigné un chef de file en la personne de Sabine Hebbar, dans l’espoir qu’elle porte les couleurs de la majorité, le mouvement macroniste, lui, préconise de ne pas présenter de candidat pour aider la maire sortante socialiste, Anne-Lise Dufour-Tonini, à conserver l’Hôtel de ville.

Même attitude à Hayange (Moselle) : LRM entend ne présenter aucun « marcheur » face à Fabien Engelmann, qui avait remporté le scrutin en 2014 sous les couleurs de l’ex-Front national. « Dans une logique de responsabilité, nous allons procéder, dans plusieurs endroits, à un désistement républicain avant le premier tour, sans aucun préalable, pour faire barrage à l’extrême droite », explique Pierre Person. Avant de préciser qu’au second tour, LRM pratiquera « toujours la main tendue lorsqu’il s’agira de rassembler face au RN ».

Au-delà, les stratèges macronistes ont établi une feuille de route à suivre d’ici aux municipales. Parmi les objectifs affichés : « décortiquer le bilan » des municipalités dirigées par le RN pour mieux le dénoncer, ou encore livrer une analyse fine du corpus de ce parti pour le « combattre point par point », avant l’élection.

Plus original, la formation majoritaire souhaite avoir « une stratégie post-électorale » dans les villes qui seront gagnées par le RN, en y menant, après le scrutin de mars 2020, une forme de « guérilla juridique ». VIVE LA DÉMOCRATIE ! « On veut avoir des gens sur place capable de relever toutes les irrégularités – d’ordre administratif ou juridique – dans la gouvernance des villes », explique-t-on, en donnant comme exemple la fin des subventions à des associations, ou des atteintes à la liberté de la presse…

Les dirigeants macronistes assument de mettre l’essentiel de leurs forces contre l’adversaire, qui les a distancés aux élections européennes. Une volonté d’Emmanuel Macron lui-même.

Comme s’il s’agissait de réduire le débat à un match à deux. Autant pour marginaliser les autres partis d’opposition que pour installer le duel avec la formation lepéniste, afin de rejouer, en 2022, le match de la présidentielle de 2017.

Vous laisserez-vous duper une fois encore ?

Le 27 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Dans la rubrique « plus ça change et plus c’est la même chose »…”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 28, 2019 à 2:14 #

    Il fallait s’y attendre : le « Front républicain » est la réponse à l’union des droites d’Eric Zémour et de Marion Maréchal.

    Il faudra s’attendre à une collusion de tous les prébendiers de la République, de la droite molle jusqu’à la gauche la plus extrême, l’ex-UMPS devenu LREM, dans toutes les prochaines élections Communales, Générales, Régionales et Législatives, pour sauver les meubles.

    En 2022, celà se passra entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron.

    Eric et Marion devront dès à présent faire un travail d’information auprès des Français. Et de communication. Pour sortir de l’ancien monde…

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