Pour la plus grande satisfaction d’Emmanuel Macron…

29 Oct

La gauche française continue de se déliter. Et, après le Parti socialiste et la France insoumise (le parti communiste n’existant plus depuis longtemps), voici que l’OPA de Raphaël Glucksmann et de son mouvement, Place publique (PP) sur ce qu’il restait encore d’utopies à gauche fait « FLOP« .

C’est un vrai coup dur pour PP. Peut-être même un coup fatal pour cet ovni à la trajectoire d’étoile filante. Claire Nouvian, l’une des (hystériques) fondatrices du mouvement avec Raphaël Glucksmann, vient de claquer la porte. Et pas de façon discrète. Alors que PP tentait de se relancer avec les élections municipales, en interne, le départ de l’une des principales figures de la formation fait l’effet d’une petite bombe à fragmentations.

Dans un entretien à L’Obs publié le 20 octobre, l’écologiste explique les raisons de son éloignement par sa grande déception face aux « problèmes de leadership » et les « comportements humains » de certains de ses camarades. « Quand les dégoûtés partent, il ne reste plus que les dégoûtants », lâche-t-elle, estimant que le mouvement a « trahi [ses] promesses initiales ». Mais est-ce vraiment une surprise ? Elle stigmatise ainsi « les luttes intestines », mues par des « petits intrigants formés à l’école du vice », « l’arrivisme » et « le manque sidérant de courage » de quelques dirigeants.

Sans le nommer, elle est particulièrement virulente contre Saïd Benmouffok, porte-parole de PP durant la campagne des élections européennes. Elle l’accuse d’être un « courtisan » venu la voir pour se « vendre » auprès d’Anne Hidalgo et devenir conseiller de Paris. Elle ne ménage pas non plus Raphaël Glucksmann, devenu député européen : « Nous ne sommes pas faits du même bois et n’avons pas les mêmes points forts. Je dirais que les siens sont son intelligence et sa culture, les miens ma sensibilité et mon intégrité. »

Qu’il est loin le temps des illusions générées par l’irruption de PP dans l’espace politique de gauche qui laissèrent même imaginer, un temps, qu’elle pourrait peut-être finir par menacer Emmanuel Macron lui-même (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/11/17/pour-emmanuel-macron-le-veritable-danger-est-ici/) !

En tout cas, la charge a été mal vécue en interne. Elus comme militants se disent « tristes » et « atterrés ». La fondatrice de l’ONG Bloom a toujours clivé entre ceux qui louaient son côté « nature et entier » et d’autres quelque peu rebutés par son intransigeance : « Elle a un côté sans concession, personne ne trouve grâce à ses yeux », relate une ancienne responsable.

Mais cette fois-ci, les mots ont blessé tout le monde. « Elle a complètement vrillé », se désole un militant. « Elle ne sait pas gérer un désaccord politique, elle en fait tout de suite un différend moral », juge un membre fondateur. Même son ami Jérôme Karsenti, avocat de l’association Anticor, membre de l’exécutif de PP, se dit révolté par les attaques : « Cette politique de la terre brûlée n’est pas digne. Et s’entendre dire qu’on est dégoûtants, c’est dur à entendre pour les militants… »

Le mouvement s’était en effet présenté comme un objet politique non identifié voulant réhabiliter la chose publique avec de nouvelles pratiques. Dès son lancement en novembre 2018, on sentait beaucoup de naïveté, dans l’élan affiché par les trois premiers fondateurs – l’essayiste Raphaël Glucksmann, l’économiste Thomas Porcher et l’activiste Claire Nouvian – à vouloir réunir une gauche éparpillée.

Leur initiative, en dehors des formations classiques, séduit : près de 30 000 personnes prennent contact. Mais sans expérience ni appareil, l’attelage ne parvient pas à répondre à la demande. « Place publique c’était une vraie bouffée d’oxygène pour les orphelins de la gauche et les déçus des écolos. Mais on est parti comme des boy-scouts qui bricolaient, sans nous structurer », relate Jo Spiegel, maire de Kingersheim (Haut-Rhin). « On s’est tous lancés sans trop mesurer combien la tâche du rassemblement était difficile », convient aussi Saïd Benmouffok.

Place publique entendait mettre autour d’une table l’ensemble des forces de gauche et écologistes pour parvenir à une liste commune aux européennes. Pensant que leur enthousiasme et l’envie d’unité de l’électorat de gauche suffiraient à forcer les appareils à les suivre, le trio Glucksmann-Nouvian-Porcher s’astregnit alors à des négociations auxquelles il n’était guère préparé. Las, Yannick Jadot déclina, le PCF et Génération.s s’éclipsèrent très vite et les trois se retrouvèrent face au PS, ravi de voir émerger une tête de liste potentielle alors que lui-même ne parvenait pas à se trouver un nom. « On a pensé qu’on pouvait faire plier les appareils mais dès qu’on les a mis autour de la table, la vague est retombée », se souvient Raphaël Glucksmann.

L’alliance avec les socialistes passe mal en interne, surtout pour son aile gauche emmenée par Thomas Porcher. Le climat se tend et la rivalité politique entre Claire Nouvian et l’économiste s’exacerbe. L’écologiste demande la tête du professeur de la Paris School of Business, menace de partir, disparaît durant quinze jours et revient juste avant le congrès de Metz qui entérine la liste commune avec le PS. Thomas Porcher en désaccord avec ce choix, refuse de « servir de caution de gauche au PS » sur une « liste d’apparatchiks » et tire sa révérence. Avec lui, s’en va une première vague de militants.

Qu’importe ! Raphaël Glucksmann se lance à corps perdu dans la campagne. Très vite, il apparaît balbutiant et peu préparé. Le 4 avril, lors de son premier débat sur France 2, le candidat livre une prestation approximative et semble perdu sur le plateau. La veille, il a fallu qu’il s’escrime avec les tenants d’une motion demandant la fin de l’alliance car certains candidats PP s’estiment mal traités par le PS… De leur côté, les socialistes s’activent, prenant en charge l’organisation des meetings. Non sans grincements de dents des militants venus de la société civile. Certains s’éclipsent, irrités par cette stratégie trop classique.

Le soir des résultats – un petit 6 % qui sauve les meubles tant pour le PS que pour Glucksmann –, les rôles sont de nouveau répartis : à l’essayiste la représentation à travers son mandat de député européen, à Claire Nouvian les rênes du mouvement.

Ses premiers pas de chef vont mal se passer dans cette organisation très horizontale. A peine installée, elle envoie une lettre à une salariée qu’elle veut voir partir, la sommant de s’expliquer sur ses défaillances. Raphaël Gluckmann bloque la procédure. « On ne peut pas faire ça, une de nos valeurs est la bienveillance », souligne-t-il. S’estimant désavouée, l’écologiste décide de démissionner du conseil exécutif, promettant d’expliciter ses désaccords. L’explication ne viendra pas. Si ce n’est, trois mois plus tard, sous forme publique dans les médias.

Claire Nouvian, cette fois, ne reviendra pas. « J’ai voulu clarifier certaines choses, note-t-elle. Je repars à mon quotidien de militante de Bloom et tourne le dos à la politique telle que je l’ai vue. » De Place publique, il reste deux députés européens qui bataillent pour le « droit de sauver » les migrants (sic) et un green newdeal.

« Au moins, on a réussi à influencer le PS », souligne Jo Spiegel. Quant aux arrivistes dénoncés par Claire Nouvian à l’intérieur du mouvement, il y a longtemps qu’ils sont partis. Partis où ?

Ce n’est pas très compliqué à comprendre. Car qui peut aujourd’hui procurer les prébendes tant espérées ? Vous donnez votre langue au chat ? C’est…

 

Ou comment se débarrasser d’un adversaire dangereux ! Les « Gilets jaunes » en savent quelque chose avec la montagne du trop fameux « Grand débat » qui n’accoucha que de quelques souris.

Le 29 octobre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Pour la plus grande satisfaction d’Emmanuel Macron…”

  1. Hervé J. VOLTO octobre 30, 2019 à 11:22 #

    Et pendant ce temps là, voici que tritre la presse italienne:

    Crescono i partiti musulmani in Francia/Grandissent en France les partit musulmans
    https://it.insideover.com/religioni/crescono-i-partiti-musulmani-in-francia.html

    L’article traite de L’avanzata dell’Umdf nelle periferie francesi/L’avancée de l’Umdf (entendez l’Union des Musulams de France, le parti de Tarik Ramadan) dans les périphéries Françaises.

    Il traite de ces maires qui courtisent l’islamisme, selon le thème d’un livre explosif paru en France
    https://www.babelio.com/livres/Veliocas-Ces-maires-qui-courtisent-lIslamisme/416964

    Oui ! quand s’en vont le dégoutés, il reste les dégantants…

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