Immigration : les Grecs se rebiffent.

7 Nov

Malgré les critiques et autres remontrances du Conseil de l’Europe et de nombreuses associations et organisations non gouvernementales (ONG), dont Amnesty International, le Parlement grec a adopté, dans la nuit de jeudi 31 octobre à vendredi 1er novembre, un projet de loi durcissant nettement la législation sur les demandeurs d’asile.

Le texte a été voté par la majorité gouvernementale de la droite Nouvelle Démocratie, les partis d’opposition de gauche ayant évidemment dénoncé des dispositions rendant plus difficile l’octroi de l’asile en Grèce.

Faisant face à l’augmentation du nombre de migrants ces derniers mois, le gouvernement de Kyriakos Mitsotakis, au pouvoir depuis juillet après la calamiteuse gestion d’Alexis Tsipras et de son part Syriza (gauche radicale), a annoncé le durcissement de la procédure pour l’octroi de l’asile (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/07/il-ny-a-pas-que-le-rechauffement-climatique-qui-menace-de-submerger-nos-cotes/).

Le Premier ministre a réaffirmé sa fermeté, à la tribune du Parlement jeudi soir : « Cette loi sur l’asile envoie un message clair : ceux qui savent qu’ils ne peuvent pas obtenir l’asile et entreprendront de venir pour rester dans notre pays, seront renvoyés dans leur pays et perdront l’argent investi dans leur voyage. »

La loi réduit les possibilités de faire appel à la suite d’un refus d’asile, prolonge la durée possible de rétention des demandeurs d’asile, limite le concept de « vulnérabilité » (comme la clause sur le stress post-traumatique !) qui rend plus facile l’octroi de l’asile, et élargit la liste des pays tiers jugés « sûrs » pour y envoyer des migrants, ont dénoncé de nombreuses ONG immigrationnistes.

Car, ne l’oubliez pas, la Grèce est redevenue en 2019 la principale porte d’entrée de l’Europe pour les demandeurs d’asile.

Kyriakos Mitsotakis plaide pour le renforcement des contrôles frontaliers, de façon à garantir « la sécurité » du pays, tout en accusant le précédent gouvernement de gauche d’Alexis Tsipras d’avoir fait preuve de « laxisme » sur la question.

Il était temps de redresser la barre du vaisseau grec, face aux menaces à peine voilées de son voisin ottoman.*

Le 7 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/15/le-cer-dit-non/)

Une Réponse to “Immigration : les Grecs se rebiffent.”

  1. Jean André novembre 7, 2019 à 10:32 #

    Il ne faudrait pas cependant se hâter de crier victoire, mais plutôt attendre l’application effective de ces mesures. M. Mitsotakis est pressé à la fois par l’aile droite, conservatrice et nationale, de son parti, qui exige ces mesures, prévues au programme du parti, mais aussi leur application, et son aile socialolibérale, composée de centristes « droitdelhommistes »qui se sont récemment ralliés au parti, et qui renâclent ouvertement. Or, un proverbe grec dit « qu’on ne peut pas naviguer avec chaque pied dans une barque différente ». Un micro-Macron, ou Macron à la grecque? Entretemps, la situation devient de plus en plus insoutenable.

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