Espagne : le socialiste Pedro Sanchez finira dans les oubliettes de l’Histoire.

11 Nov

L’actuel mais provisoire chef du gouvernement espagnol, l’ami d’Emmanuel Macron, d’Angela Merkel et de Jean-Claude Juncker, est le seul Premier ministre européen à s’efforcer de gouverner son pays sans majorité au Parlement et avec, aujourd’hui, moins de députés encore que son parti en avait après qu’un « golpe » institutionnel l’ait porté au pouvoir en juin 2018.

Incapable de faire sortir l’Espagne de l’ornière dans laquelle de successifs petits arrangements d’arrière-cuisine politicienne l’ont précipitée, Pedro Sanchez a été amené à organiser dimanche 10 novembre les quatrièmes élections législatives en quatre ans en jouant sur les divisions du pays. Ainsi, après avoir fait procéder en urgence à la violation de la sépulture du général Franco au Valle de los Caidos et avoir fait réinhumer les restes de l’ancien chef de l’Etat dans un caveau familial préparé à la va-vite, il a tenté de mobiliser l’électorat de gauche contre la montée du parti de droite Vox, qu’il présente comme un retour du franquisme. « L’Espagne a besoin d’un gouvernement progressiste, pour tenir tête au franquisme, aux extrémistes et aux radicaux », a-t-il répété sans relâche durant la campagne. Son obsession.

R  A  T  É  !

Par rapport au précédent scrutin d’avril 2019, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) diminue, passant de 123 à 120 sièges, les conservateurs du Parti Populaire (PP) remontent de 66 à 88 sièges et Vox, avec plus de 3,5 millions de voix (15%) passe de 24 à…52 sièges, devançant la gauche radicale Podemos, qui descend de 42 à 35 sièges. Quant aux libéraux de Ciudadanos, ils se décomposent et tombent de 57 à 10 députés.

Vox, formation nationaliste et anti-immigration fondée il y a cinq ans, poursuit ainsi son ascension fulgurante en doublant son nombre de sièges. Elle devient la troisième force politique d’un pays où la droite radicale était, avant son irruption, marginale depuis la fin du régime franquiste (1939-1975).

« Il y a onze mois, Vox n’avait aucune représentation, dans aucune institution. Aujourd’hui, nous sommes la troisième force politique en Espagne et celle qui augmente le plus. (…) Nous avons provoqué un changement politique et culturel et ouvert tous les débats interdits »*, a lancé le président de la formation, Santiago Abascal, devant des centaines de sympathisants euphoriques agitant des drapeaux espagnols et demandant l’emprisonnement de l’ancien président du gouvernement catalan, l’indépendantiste Carles Puigdemont, actuellement réfugié en Belgique.

Par ailleurs, de nouvelles forces font leur entrée au Parlement même si c’est en nombre restreint. C’est le cas du parti d’extrême gauche, anarcho-indépendantiste et eurosceptique catalan Candidature d’unité populaire (CUP), qui prône une rupture radicale avec l’Espagne et a obtenu deux députés. Du Bloc national galicien (BNG), parti indépendantiste de Galice, région du nord de l’Espagne, qui remporte un siège. Ou encore du mouvement contre le dépeuplement rural Teruel existe, qui fait aussi élire un député.

De manière générale, les partis régionalistes sont renforcés. Les indépendantistes d’extrême gauche basque, EH Bildu, obtiennent cinq sièges, un de plus qu’en avril. Tout comme les sécessionnistes catalans d’Ensemble pour la Catalogne (JxC, huit sièges) et les nationalistes modérés du Parti nationaliste basque (PNV, sept sièges).

Au total, les résultats de dimanche augurent donc d’une poursuite de l’instabilité politique. En effet, le Parlement est une fois de plus bloqué, comme il l’est depuis la fin du bipartisme PP-PSOE en 2015 avec l’arrivée de Podemos et de Ciudadanos. Ni un bloc de gauche (PSOE, Podemos et sa liste dissidente Mas Pais) ni une alliance des droites (PP, VOX et Ciudadanos) n’atteignent la majorité absolue de 176 sièges sur 350. Un bras de fer va donc nécessairement s’engager entre les forces de la tradition et de l’identité d’un côté et celles de la prétendue modernité et du mondialisme de l’autre…

Mais, attention, les Espagnols ont le sang chaud.

Le 11 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Lire : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/01/12/espagne-vox-le-caillou-dans-le-soulier-des-partis-traditionnels/

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