Retour sur EuropaCity ou la fuite en avant des édiles collabos.

11 Nov

Le gouvernement a annoncé, jeudi 7 novembre, à l’occasion du troisième Conseil de défense écologique, l’abandon pur et simple du projet de mégacomplexe de loisirs et de commerces censé ouvrir en 2027 à Gonesse, dans le Val-d’Oise, à 15 kilomètres au nord de Paris. Vivement contesté depuis des années par un front de plus en plus large d’opposants (dont le CER – https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/11/07/une-fois-nest-pas-coutume-emmanuel-macron-nous-a-entendu/ -), ce projet était devenu malgré lui un symbole de l’artificialisation des terres agricoles au profit de grands projets inutiles.*

Cette décision spectaculaire se veut l’un des reflets de la priorité à l’environnement revendiquée par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron. « Nous avons eu du mal à arrimer la promesse écologique de l’acte II du quinquennat par des décisions concrètes ; cette fois, nous avons une masse critique qui nous permet d’afficher la couleur verte », reconnaît-on à l’Elysée.

Le site d’EuropaCity était envisagé dans le « triangle de Gonesse », au nord de Paris.
Le site d’EuropaCity était envisagé dans le « triangle de Gonesse », au nord de Paris. 

Porté par la filiale d’immobilier commercial du groupe Auchan (comme si une entreprise de ce type avait besoin d’une filiale immobilière !), Ceetrus, et le conglomérat chinois Wanda (et en voilà l’explication, toute obèse de mondialisme), EuropaCity promettait d’attirer 30 millions de visiteurs par an dans ses allées paysagées, en mixant un colossal cocktail de parcs de loisirs, d’équipements culturels, d’hôtels et de commerces, au prix d’un investissement de plus de 3 milliards d’euros et surtout de l’artificialisation de 80 hectares de cultures céréalières.

« C’est un projet d’une autre époque, fondé sur une consommation de masse d’objets et de loisirs, explique-t-on à l’Elysée qui a compris combien il était important, sur ce sujet, de reprendre les arguments du CER ! Ce n’est vraiment pas vers ce modèle que s’oriente le gouvernement : nous souhaitons éviter autant que possible ce genre d’équipements, qui concentrent l’activité à l’écart des villes, dévitalisent les centres historiques et créent d’importants besoins de transports. » (Lire cet article sur le délabrement de nos centres-villes » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/12/18/le-gouvernement-aurait-il-enfin-pris-la-mesure-du-delabrement-de-nos-centres-villes/).

Dans un entretien aux Echos, le 24 octobre dernier, le président de Ceetrus, Vianney Mulliez, appelait le gouvernement à « faire preuve de courage politique ». « S’il devait renoncer, cela poserait une nouvelle fois la question de la parole de l’Etat, notamment vis-à-vis des grands investisseurs internationaux », prévenait-il. « Ceetrus n’a pas trop à se plaindre : ils ont obtenu la gare du Nord », balaye un familier du dossier, en référence au vaste chantier de rénovation et d’agrandissement de la gare parisienne, remporté par la foncière d’Auchan et auquel nous sommes tout autant opposés en l’état (Lire notre dernier article consacré à ce projet complètement fou: https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/12/le-projet-fou-de-la-gare-du-nord-a-paris-de-nouveau-sur-la-sellette/ ).

La ministre de la transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, avait été chargée par l’Elysée et Matignon, au mois de septembre, de consulter l’ensemble des acteurs du dossier EuropaCity – promoteurs, aménageurs, élus, opposants… – pour remettre un avis sur les suites à lui donner. Ces dernières semaines, l’exécutif hésitait entre deux pistes : un arrêt immédiat, privilégié par Mme Borne, ou un sursis de quelques mois, qui aurait permis d’avancer dans la recherche d’alternatives et de laisser passer les municipales de mars 2020 sans courroucer les élus locaux.

Car l’abandon d’EuropaCity promet de provoquer l’ire des collectivités du Val-d’Oise et, en particulier, les maires du coin qui courtisent l’islamisme.

Dans cette partie moribonde du département, qui se vit comme le parent pauvre du Grand Paris mais dont la situation résulte en réalité des conséquences d’une immigration stérilisante et mortifère, le complexe et sa promesse de 10 000 emplois directs étaient attendus comme des sauveurs. « L’arrêt du projet signifierait un abandon des banlieues, alors que la fracture territoriale s’élargit », prétendait le maire (PS) de Gonesse, Jean-Pierre Blazy, le 4 octobre, au cours d’une conférence de presse des élus locaux pour défendre le projet. Et alors qu’avec des idées fortes en la matière, du courage et une authentique volonté politique ces édiles immigrationnistes ou (pour les moins collabos d’entre eux) simplement capitulard, auraient dû prendre l’initiative de la reconquête de leurs territoires depuis plusieurs décennies. Hélas, comme rien ne s’est réalisé dans ce sens, ils en sont réduits à tendre la main auprès des pouvoirs publics et des grandes entreprises pour parvenir à nourrir leurs parasites !

Il ne faut donc pas s’étonner d’entendre les lamentations voire les menaces de certains d’entre eux. Rappelant que c’est l’Etat qui avait aiguillé EuropaCity vers ce territoire à la suite des émeutes de la ville voisine de Villiers-le-Bel en 2007, la présidente (LR) du département, Marie-Christine Cavecchi, avait averti que, sans perspective de développement économique (mis à part les razzias menées dans les villes plus riches et l’économie souterraine qui constitue leur milieu naturel) , « ces populations seraient à nouveau face à un mur, sans espoir ». Appelant chacun « à ses responsabilités », l’élue prévenait que « s’il arrivait malheur à EuropaCity, “gilets jaunes” et “bonnets rouges” auront été de la gnognotte au regard de la révolte des Val-d’Oisiens ». Rien de moins…

Traîtresse !

Alors, faute de grives il leur faudra manger des merles. Et, pour les rassurer, le gouvernement a décidé de confier une mission sur le développement économique de ce territoire à Francis Rol-Tanguy, un haut fonctionnaire familier des questions d’aménagement. « Il va travailler en concertation avec les élus pour définir des alternatives qui correspondent plus aux orientations du gouvernement, vers un projet plus mixte, mêlant bureaux, industries, voire agroalimentaire », indique l’Elysée.

L’ensemble de la ZAC replonge en tout cas dans une grande incertitude, alors même que doivent débuter cet automne, en pleins champs, les travaux d’une gare de la future ligne 17 du Grand Paris Express censée desservir ce pôle d’activité à venir. « L’objectif n’est pas de remettre en cause la ligne 17 », assure l’Elysée, même si les visiteurs d’EuropaCity pesaient pour près de moitié dans l’équilibre déjà fragile de cette liaison souterraine. Parions d’ores et déjà sur la précarité de ce projet de ligne 17…

D’ailleurs, les opposants à l’ensemble du projet rejettent en réalité toute urbanisation du Triangle de Gonesse et défendent un ambitieux programme alternatif de cultures maraîchères périurbaines. Des opposants qui étendent désormais leur combat au chantier de la future gare. Avec une première victoire : saisi par plusieurs associations écologistes, le rapporteur public du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a demandé, mercredi 6 novembre, la suspension pour dix mois de l’autorisation environnementale de la ligne 17.

N’en doutez pas, nous aurons à reparler de tout cela.

Le 11 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Un projet au service quasiment exclusif d’un consumérisme frénétique :

280 hectares de bureaux, commerces et centres de loisirs

Une offre commerciale déjà surabondante

Superficie des grands centres commerciaux de la région parisienne, en m2
Grands sites touristiques

Une Réponse to “Retour sur EuropaCity ou la fuite en avant des édiles collabos.”

  1. Hervé J. VOLTO novembre 12, 2019 à 10:02 #

    immigration : 64% des Français seraient favorable aux quotas.

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