Immigration : loin de nous satisfaire, la lune de miel entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de monde de nous préoccuper.

18 Nov

Depuis quelques mois, les gazettes et quelques politocards pervers semblent, après s’être étonnés, se réjouir de l’entente cordiale (et plus si affinité) qui ne faiblit pas et s’exprime au fil des cérémonies officielles comme des grands projets politiques de Jupiter, entre l’ex-président de la République Nicolas Sarkozy et son tout nouveau successeur, Emmanuel Macron. Ne vous y trompez pas, tout cela ne sent pas bon et ne nous réserve rien de meilleur !.

Ainsi, en annonçant, le 6 novembre, l’instauration de « quotas » pour l’immigration professionnelle en fonction de la branche d’activité (et non de la nationalité, alors que ce critère est, quand on y réfléchit bien, beaucoup plus important que l’autre tant il est indéniable que la nationalité reflète encore et la religion et la culture des heureux élus avec tout le poids que cela comporte), dont l’ampleur doit être déterminée chaque année par l’Assemblée nationale et le Sénat, l’exécutif a une nouvelle fois repris un marqueur de l’ancien chef de l’Etat. Ce dernier a en effet toujours défendu le principe des quotas, qu’il qualifiait d’« excellent système » dès 1991, au nom d’une prétendue « immigration choisie ». Le drame, c’est que l’immigration liée à la présidence de Nicolas Sarkozy NE FUT JAMAIS CHOISIE ! Ou alors, si l’on se réfère à sa folle décision de faire de Mayotte un département français, dans un sens qui se situe à l’exact opposé de ce que nous pourrions appeler et retenir comme une immigration choisie…

Ne nous disait-il pas d’ailleurs, en septembre 2007, quatre mois après son arrivée à l’Elysée : « Je souhaite que nous arrivions à établir chaque année, après un débat au Parlement, un quota, avec un chiffre plafond d’étrangers que nous accueillerons sur notre territoire »? Sans surprise, il s’est réjoui que son nouvel ami Macron puise dans ses idées, estimant « nécessaire et important que le gouvernement veuille s’occuper du problème de l’immigration ». Au grand dam de la gauche. « Nicolas Sarkozy en a rêvé, Emmanuel Macron le fait ! », s’est indigné le Parti socialiste qui, une fois de plus, n’a rien compris.

Le 10 décembre 2018, M. Macron avait déjà repris une idée-phare de son prédécesseur, en réhabilitant l’exonération des heures supplémentaires d’impôt et de cotisations sociales. Il avait annoncé cette même mesure dans son plan pour tenter de sortir de la crise des « Gilets jaunes », trois jours après avoir reçu l’ex-président à déjeuner à l’Elysée. De quoi alimenter l’idée qu’il avait écouté les conseils de son aîné…Souhaitons que cette ouverture d’Emmanuel Macron aux idées saugrenues voire catastrophiques de son copain Nicolas n’aille pas jusqu’à vouloir lancer une nouvelle intervention militaire en Libye, comme il le fit en 2011 à l’instigation d’un autre imposteur, Bernard Henri Lévy !

Cette proximité politique assumée – « Quand on se parle, sur un certain nombre de sujets, on se trouve en accord », a observé M. Sarkozy, le 4 septembre, sur France 5 – s’appuie sur une bonne entente personnelle. Alors que M. Macron a des rapports houleux avec son prédécesseur François Hollande, dont il a pourtant été conseiller, puis ministre, ses relations avec l’ex-président de l’UMP sont cordiales. Il faut dire que l’actuel président a multiplié les attentions à l’égard de M. Sarkozy ces deux dernières années.

Trois mois après son élection, le premier avait ainsi convié le second à un dîner à l’Elysée en compagnie de leurs épouses, Brigitte et Carla. Après ce premier rendez-vous jugé « agréable » par M. Sarkozy, les deux hommes – qui se sont salués chaleureusement lundi, lors des cérémonies du 11 Novembre à Paris – se sont affichés ensemble à plusieurs reprises.

En août, ils ont célébré ensemble les soixante-quinze ans du débarquement allié en Provence. En mars, ils étaient déjà côte à côte lors d’une cérémonie au plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance… « Il y a un respect mutuel entre eux », souligne l’Elysée. Au point que M. Macron a chargé M. Sarkozy de le représenter lors de l’intronisation du nouvel empereur du Japon, le 22 octobre, à Tokyo, après lui avoir déjà confié l’honneur de se rendre en son nom à l’investiture de la présidente géorgienne, en décembre 2018. Passe-moi le séné, je te passerai la rhubarbe…

Qu’elle soit sincère ou calculée, cette alliance de circonstance permet à chacun de trouver son intérêt. En est-il de même des Français ? Nous en doutons.

« En affichant sa proximité avec Nicolas Sarkozy, Emmanuel Macron cherche à séduire un électorat de droite toujours nostalgique de son ancien leader, et à empêcher qu’un candidat de droite réapparaisse ; Nicolas Sarkozy, lui, joue le jeu car cela lui permet de rester dans le paysage politique et que sa cote ne se dévalorise pas », analyse Jérôme Fourquet, directeur du département opinion à l’IFOP. La conservation des prébendes est à ce prix.

Leur rapprochement se double désormais d’une proximité stratégique : comme l’ancien président, M. Macron a décidé d’investir les sujets traditionnels du Rassemblement national pour tenter de concurrencer Marine Le Pen sur son propre terrain. Convaincu que la finaliste de la présidentielle de 2017 sera à nouveau face à lui en 2022, le chef de l’Etat a axé son discours sur les thèmes de l’immigration, de la sécurité ou de la lutte contre le communautarisme depuis sa prise de parole devant les parlementaires de la majorité, le 16 septembre. Un virage régalien à mi-quinquennat, qui ressemble à s’y méprendre à celui opéré par Nicolas Sarkozy à partir de 2010, lors de son fameux discours de Grenoble, sous l’impulsion de Patrick Buisson, son conseiller venu de la droite radicale. Sauf que Patrick Buisson, lui, avait de solides arguments face à l’immigration-invasion subie par notre pays.

Mais quelles sont, en la matière, les convictions d’Emmanuel Macron ?

« Sur l’immigration, Macron fait du Sarkozy. Lui aussi utilise ce sujet dans une logique de stratégie politique, dans l’espoir de conquérir les catégories populaires », juge le politologue Vincent Tiberj, professeur à Sciences Po Bordeaux. Une analyse largement partagée dans les rangs de gauche de La République en Marche, où l’on reproche à l’actuel chef de l’Etat « d’instrumentaliser » le thème sensible de l’immigration pour séduire les électeurs de droite et d’extrême droite.

Les sarkozystes, à l’inverse, récusent le parallèle. « Nicolas Sarkozy s’adressait aux électeurs du Front national (FN) pour les faire revenir dans le giron républicain. Macron, lui, érige le Rassemblement national comme son seul interlocuteur car c’est sa seule manière d’être réélu, tranche l’ancien ministre Brice Hortefeux. L’un réduisait le FN, l’autre l’institutionnalise au plus haut niveau. L’objectif n’est absolument pas le même. » Plutôt que de contrer le Rassemblement national (RN), M. Macron s’adonne au « jeu pervers que le Mitterrand des années 1980 pratiquait avec Jean-Marie Le Pen dans l’espoir de priver le RPR de tout oxygène », appuie le député de l’Yonne (Les Républicains) Guillaume Larrivé.

A entendre ses partisans, le chef de l’Etat aurait surtout pris conscience de l’ampleur de « l’insécurité et du communautarisme » à l’exercice du pouvoir, en ne fréquentant plus seulement les beaux quartiers. Et se serait donc résolu à en parler, afin d’éviter l’arrivée du RN au pouvoir. « Soit il emmanche sérieusement le sujet de l’immigration, soit il l’abandonne et sera emporté par la vague populiste, comme l’ont été Renzi, Clinton, Cameron, et bientôt Merkel », juge un stratège particulièrement lucide de La République en marche (LRM).

D’ailleurs, les macronistes soulignent « une différence » de fond entre les deux présidents. « Sarkozy avait le même diagnostic et les mêmes réponses que le FN ; Macron, lui, a le même diagnostic mais pas les mêmes réponses », fait valoir un ministre, notant que le chef de l’Etat veille à maintenir une forme d’« en même temps » sur le régalien. Avec un mélange de fermeté et d’humanisme prétend ledit ministre, comme lorsqu’il affiche sa volonté de durcir la lutte contre l’immigration irrégulière, tout en préservant le droit d’asile mais sans se rendre compte qu’en agissant ainsi il tente l’impossible mariage de l’eau et du feu.

Certains macronistes craignent aussi qu’il alimente des débats qui feraient, in fine, le jeu de Marine Le Pen : « Jusqu’à présent, Emmanuel Macron n’a pas commis l’erreur de dresser les Français les uns contre les autres. Il est nécessaire qu’il continue à incarner l’autorité de l’Etat, sans trop transgresser », juge ainsi le député de la Vienne (LRM) Sacha Houlié. Avant de mettre en garde : « Il ne faudrait pas que son virage régalien le fasse chuter, comme cela a pu être le cas pour Nicolas Sarkozy à partir du discours de Grenoble. »

Dommage que trop peu de Français nous aient entendus au cours de la campagne présidentielle de 2016-2017…

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le 18 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Immigration : loin de nous satisfaire, la lune de miel entre Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy a toutes les raisons de monde de nous préoccuper.”

  1. Hervé J. VOLTO novembre 19, 2019 à 8:17 #

    -Soit il emmanche sérieusement le sujet de l’immigration, soit il l’abandonne et sera emporté par la vague populiste, comme l’ont été Renzi, Clinton, Cameron, et bientôt Merkel, juge un stratège particulièrement lucide de La République en marche (LRM).

    Tout est là…

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