Un nouveau millénarisme s’empare des candidats aux élections municipales.

18 Nov

Tous écolos, pour ne pas disparaître ! Croient-ils…Alors que cette nouvelle religion dans laquelle le vert est dans toutes les sauces (comme au sein de l’islam, amusant non ?) ne devrait avoir qu’un intérêt mineur par rapport aux conséquences tragiques du « Grand Remplacement » à l’oeuvre mais que beaucoup d’édiles acceptent sans sourciller :

Et c’est ainsi qu’en vue des prochaines élections municipales, rares sont les candidats  qui ne s’arment pas d’un programme vert, ne serait-ce qu’à dose homéopathique pour capter un électorat devenu hautement sensible à l’urgence environnementale.

La protection de l’environnement semble s’imposer en effet au premier rang des inquiétudes des Français, montre l’enquête « Fractures françaises » de l’institut Ipsos Sopra-Steria (https://www.ipsos.com/fr-fr/fractures-francaises-2019-la-defiance-vis-vis-des-dirigeants-et-des-institutions-atteint-des). Plus de la moitié des sondés (52 %) en font la première des priorités. Entre détresse sociale et environnementale, fin du mois et fin du monde, les sondés hésitent, ou peut-être ne veulent-ils pas choisir : 51 % souhaitent des mesures environnementales rapides même si cela entraîne des sacrifices financiers, 49 % veulent d’abord des mesures sociales.

(Saint Jean-Baptiste par Gustave Doré)

Qu’il est douloureux pour le CER d’avoir le sentiment de prêcher dans le désert…

Aussi, à quatre mois des municipales, un verdissement général est de mise, des conseils municipaux aux états-majors des partis, de la gauche la plus extrême à la droite la plus radicale en passant par La République en marche (LRM).

Europe Ecologie-Les Verts (EELV), forte de sa percée de 13,5 % aux européennes, se dit « ravie » de voir tous les partis se verdir et veut y voir une victoire culturelle, prélude à la victoire politique. « On a réussi à remettre l’écologie politique au cœur du débat public et EELV en position de leadership. La phase de résurrection est terminée. C’est désormais le temps des conquêtes », note Stéphane Pocrain, compagnon de route d’EELV. Pour David Cormand, secrétaire national, EELV revient de loin. « On recalcifie un électorat où l’on retrouve ceux qui sont désespérés de ce qu’est devenu la gauche mais également ceux qui ont été déçus par Macron. Le nouveau monde, c’est nous » annonce-t-il sans rire.

Dans les grandes villes où les Verts ont fait de bons scores, l’enjeu écologique est de tous les discours. Poussées par les associations écologistes, les déclarations d’état d’urgence climatique se multiplient au-delà des lignes partisanes : les conseils municipaux à majorité socialiste de Paris, Lille mais aussi Clermont-Ferrand ont ainsi adopté de telles motions, tout comme les villes Les Républicains (LR) d’Aix-les-Bains (Savoie) ou Mulhouse. A Paris, rares sont les candidats à ne pas prononcer le mot d’écologie face à la maire sortante Anne Hidalgo, qui a fait de la lutte contre la pollution, automobile notamment, son marqueur politique. Même Cédric Villani, candidat dissident LRM, se rêve en « premier maire véritablement écologiste de Paris ». Son concurrent Benjamin Griveaux, lui, veut créer des « rues-jardins » et améliorer la « santé environnementale .» Que tout cela est bel et bon ! Mais combien cela pèsera-t-il face aux arrivées successives et dévastatrices des hordes venant de pays ou de continents dans lesquels ces préoccupations ne sont que….de la roupie de sansonnet ? Est-ce que ça ne ressemblerait pas à ceci :

Salles d’attentes dans un service de Gynécologie parisien…

Face à EELV, les partis s’activent pour disputer aux historiques la primeur du vote vert. Dans le genre « PLUS VERT QUE MOI, TU MEURS« . Côté macroniste, « c’est un sujet que l’on ne prend pas à la légère. EELV peut prendre plusieurs villes et capte quasiment toutes les voix, là où il n’y a pas de maire sortant de gauche », observe un stratège. D’où la vigilance du parti. Pour recevoir l’investiture de la majorité, tout candidat doit adhérer à une charte de dix engagements qui précise notamment que « l’élu(e) s’engage à faire de la transition écologique une priorité ».

Un nouveau millénarisme, vous dis-je.

Pour convaincre que les macronistes ont pris la mesure de l’enjeu, le patron de LRM, Stanislas Guerini entend se démarquer de Yannick Jadot. « Contrairement à EELV, nous ne voulons pas nous contenter d’une écologie de l’incantation mais mettre en œuvre une écologie concrète (…) sans renier sur les libertés individuelles », dit-il. Ses candidats peuvent s’appuyer sur quelques décisions symboliques du chef de l’Etat comme l’abandon récent du projet Europacity mais ils pâtissent aussi de sa « politique des petits pas », dénoncée par Nicolas Hulot lors de son départ du gouvernement en août 2018.

Iront-ils jusqu’à reconnaître les bienfaits de l’énergie nucléaire ? Pas sûr !

A gauche, le local semble inspirer le national : trois maires sortantes pionnières du tournant vert du projet social-démocrate sont brandies en exemple par le PS : Anne Hidalgo (Paris), Johanna Rolland (Nantes), Nathalie Appéré (Rennes). « Leur bilan est très positif pour répondre à l’urgence environnementale », ne cesse de répéter le premier secrétaire Olivier Faure. Objection, Votre Honneur ! Sans-doute n’avez-vous pas eu connaissance par exemple de ceci :

Campement de migrants Porte de la Chapelle à Paris

Ou de cela :

Invasion du square Daviais par des migrants à Nantes

Ou encore de :

Beau bilan pour ces trois maires socialistes….

Pour répondre aux attentes d’électeurs de gauche devenus sensibles à l’urgence du climat, les socialistes prônent un nouveau modèle de gestion locale, incluant participation citoyenne et projets (végétalisation, réduction de la place de la voiture, restauration de terres agricoles) parfois inspirés des Verts, tout en gardant des marqueurs sociaux tels la gratuité des dix premiers mètres cubes d’eau ou la construction de logement social. « Il y a une transition écologique de gauche et populaire si on la met au service des inégalités », assure d’ailleurs l’inénarrable Johanna Rolland dont vous relirez quelques élucubrations  dans notre article  suivant (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/07/14/cette-femme-est-folle/).

A droite, les maires sortants, nombreux, entendent bien jouer la carte écolo, malgré l’absence de ligne nationale claire sur le sujet. Les Républicains, en pleine reconstruction après l’élection de Christian Jacob, restent en effet divisés entre héritiers d’un credo pro-nucléaire, productiviste et à l’occasion viscéralement « anti-Greta Thunberg » et une nouvelle garde qui veut éviter les caricatures et croit en la possibilité d’une écologie « pragmatique », compatible avec l’économie de marché.

Au niveau local, les édiles n’ont pas attendu pour verdir leur programme. « A un moment donné, Les Républicains devront produire une réflexion nationale sur l’écologie », souligne ainsi le maire LR de Cannes David Lisnard, instigateur d’une charte environnementale pour les bateaux de croisière. « On devrait être le parti du civisme environnemental », ajoute l’édile. Proche voisin, le maire de Nice Christian Estrosi assure pour sa part œuvrer depuis 2008 à un projet de « ville verte exemplaire de la Méditerranée » faite de végétalisation et de nouvelle ligne de tramway, quitte à s’attirer les foudres de collectifs citoyens qui dénoncent une « écologie décorative et préélectorale » !

Nul ne délaisse donc le terrain environnemental, pas même le Rassemblement national (RN), qui décline un concept des élections européennes, le « localisme », à l’échelon municipal et dont nul ne peut nier le bon sens. Produits locaux dans les cantines, jardins partagés, « faire en sorte qu’on puisse vivre et travailler dans la commune », Marine Le Pen a explicité en septembre ses propositions. Grâce au ciel, le projet vert du RN reste avant tout adossé à une vision identitaire et civilisationnelle : « On est de son quartier avant d’être de sa ville. » A la préférence nationale, succède donc la préférence municipale.

Bref, revendiquée par tous, parfois comme un axe central source d’identité politique nationale, parfois comme un colifichet électoral, l’écologie sera au cœur des municipales, en paroles tout du moins.

Pour les actes, rendez-vous plus tard. Après le second tour du 22 mars…

Le 18 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Un nouveau millénarisme s’empare des candidats aux élections municipales.”

  1. Hervé J. VOLTO novembre 19, 2019 à 8:13 #

    Ce qu’il faudrait montrer aux Français, c’est COMBIEN CA COUTE, TOUT CA.

  2. Hervé J. VOLTO novembre 19, 2019 à 8:33 #

    Il faut etre clair : COMBIEN CA leur COUTE, TOUT CA, aux Français ?

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