Comment pouvez-vous encore vous faire transporter par Uber ?

26 Nov

Depuis plusieurs années nous dénonçons les pratiques (et les trafics) de la société américaine Uber de transport de passagers dans des VTC (véhicules de tourisme avec chauffeur). Un système qui met les clients de l’entreprise entre les mains de chauffeurs qui, trop souvent, n’en ont pas les qualifications, issus des zones de non droit de nos banlieues et se livrant à un travail dissimulé, source de fraude fiscale mais aussi…de danger pour les personnes transportées. Nos nombreux articles consacrés au sujet sont accessibles sur notre blogue par le moteur de recherche (mot-clé « Uber« ).

Et voici qu’une décision de l’autorité des transports londonienne vient encore nous donner raison. Celle-ci a en effet annoncé, lundi 25 novembre, avoir refusé de renouveler la licence d’exercer de la plate-forme de réservation de voitures Uber dans la capitale britannique. Uber n’est « pas apte » à détenir une licence à Londres, a déclaré Transport for London (TfL) dans un communiqué, en raison de défaillances qui mettent « en danger » les passagers.

TfL relève notamment une « faille » dans l’application d’Uber qui permet à des conducteurs sans permis d’installer leur photo sur les comptes d’autres conducteurs, ce qui s’est produit « au moins sur 14 000 trajets » ces derniers mois. Dans la même veine, la TfL fait valoir qu’une autre défaillance de la plate-forme permet à des conducteurs sans permis ou suspendus de créer des comptes Uber actifs.

« Il est inacceptable qu’Uber permette à des passagers d’emprunter des véhicules dont les conducteurs sont potentiellement sans permis et sans assurance », a déclaré la directrice des autorisations et réglementations à TfL, Helen Chapman. Sadiq Khan, le maire de Londres, a indiqué dans un communiqué « soutenir »cette décision de TfL arguant qu’il est « essentiel que les entreprises respectent les règles pour assurer la sécurité de leurs clients ».

En septembre, TfL avait renouvelé pour deux mois seulement l’autorisation d’exercer d’Uber, dans l’attente de garanties que le grand groupe américain répondait bien à ses exigences en termes de sécurité. Si TfL reconnaît qu’Uber a fait des changements bienvenus en faveur de la sécurité de ses utilisateurs, ceux-ci sont insuffisants, selon la régie. « TfL n’est pas confiant sur le fait que de tels problèmes ne surviendront plus à l’avenir. »

En 2017, la TfL avait déjà privé l’entreprise américaine de sa licence pour des raisons de sécurité mais Uber avait continué d’exercer dans la capitale britannique avant une victoire devant une cour d’appel qui lui avait accordé un permis de quinze mois.

L’entreprise est régulièrement mise en cause pour des problèmes de sécurité à bord pour ses usagers comme ses conducteurs, ce qui a contribué à entacher sa réputation à travers le monde, sans parler des polémiques sur la rémunération insuffisante de ses chauffeurs mais aussi les fraudes fiscales et sociales dont se rendent coupables les chauffeurs, sous couvert de leur société mère. Ajoutons-y les comportements parfois violents de certains de ceux-ci avec leur clientèle sans parler de l’usage pour le moins chaotique des langues nationales par des conducteurs issus de minorités culturelles non assimilées…

Londres est l’un des principaux marchés de Uber, qui compte 45 000 conducteurs et 3,5 millions de clients dans la capitale britannique. Le syndicat Unite, qui représente les chauffeurs de taxi traditionnels, s’est réjoui, lundi, de la décision de la TfL, affirmant qu’Uber a créé « une course vers le bas[dans les normes de conduite des chauffeurs] qui n’est dans l’intérêt ni des chauffeurs, ni de leurs clients ».

Aussitôt, la société américaine Uber a lâché ses chiens de garde en la personne morale du syndicat des travailleurs indépendants de Grande-Bretagne (IWGB) et avec un argument de chantage bien connu. Le syndicat a en effet déploré « un coup massif » porté aux milliers de conducteurs qui travaillent pour Uber « dans des conditions précaires » et qui risquent « de se retrouver au chômage et croulent sous une montagne de dettes » pour rembourser leur véhicule !

Rappelons leur que personne n’oblige ces nouveaux esclaves à travailler dans de telles conditions scandaleuses et malhonnêtes.

Le 26 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :