Aide de forces spéciales européennes à la France au Sahel ? Parlons-en.

29 Nov

Nous avons déploré l’absence significative d’une aide de nos alliés européen dans la lutte contre les terroristes du Sahel (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/11/28/sahel-il-est-temps-darreter-les-frais/). Il s’en est suivi une modeste prise de conscience de quelques-uns d’entre eux à la suite de la perte par la France, lundi 25 novembre, de 13 de ses soldats au Mali. Qu’ils en soient néanmoins remerciés, bien que cette aide, trop tardive, ne puisse plus, à nos yeux, permettre de sauver la situation.

La France apparaît en effet particulièrement exposée et isolée, après avoir payé une fois encore le prix du sang. Et l’exécutif a toujours peine à faire du théâtre sahélien une vitrine de la coopération de défense européenne en dépit de l’aide militaire fournie à la force « Barkhane » par des alliés comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Belgique. Ainsi, depuis près d’un an, l’armée française a essayé de bâtir autour d’elle une petite coalition de forces spéciales européennes mais les accords promis tardent à se concrétiser.

« Un pays comme le mien prend ses responsabilités dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. » Le ministre tchèque des affaires étrangères a pourtant indiqué, jeudi 21 novembre à Prague, que son pays participera à la petite coalition de forces spéciales que Paris tente de monter depuis de nombreux mois pour soutenir les armées de la région (Mali, Niger et Burkina). « Nous sommes de plus en plus conscients que nous devons porter notre attention sur la sécurité de notre voisinage au sud. Nous avons appris de la crise migratoire. Nous avons vu que la situation en Libye avait un impact direct sur l’ensemble de l’Europe. Et nous avons assisté à une prolifération des groupes terroristes au Sahel ces dernières années. Le terrorisme pourrait se disperser »,justifie Tomas Petricek.

Il était temps ! Même si c’est trop tard…

Prague a déjà 120 militaires affectés à la protection de la mission européenne de formation de l’armée malienne (EUTM), dont la République tchèque prendra le commandement en 2020. « Il s’agit aussi de montrer une solidarité avec la France, qui est impliquée dans la région, poursuit le ministre. Il est juste de partager le fardeau entre Européens. » Un feu vert du Parlement tchèque est attendu pour envoyer ces soldats. Prague a ouvert une représentation diplomatique à Bamako cet été. Son ambassadeur y sera complètement installé en janvier 2020, précise M. Petricek. C’est beau, c’est grand, c’est généreux l’Union européenne, n’est-ce pas ?

Pas du tout. Ce n’est qu’une association de malfaiteurs !

Paris doit démontrer que sa force « Barkhane » et son volet forces spéciales « Sabre », très exposés sur le terrain, n’agissent pas seuls. Le ministère français des armées doit aussi, sous la pression de l’Elysée, afficher sa capacité à adapter ses déploiements face à la nette dégradation de la situation sécuritaire constatée ces derniers mois dans le centre du Mali et le nord du Burkina Faso. L’entourage de la ministre des armées, Florence Parly, assure que cette coalition de forces spéciales baptisée « Takuba » (« sabre », en langue tamachek) prend forme. Mais peu de gouvernements ont confirmé officiellement une participation.

En Estonie aussi, le Parlement a approuvé le 6 novembre un renforcement du contingent présent depuis l’été 2018 à Gao, au Mali (il passera sans rire de 50 à 95 personnes !), et l’envoi de forces spéciales au deuxième semestre 2020. En Belgique, la défense a annoncé le 24 novembre une petite participation de trois officiers dans le futur état-major de « Takuba », qui sera basé à Gao, « en réponse à la demande de la France ». Une honte, même si le pays participe déjà à une mission de formation de forces spéciales au Niger (entre 50 et 80 militaires selon les périodes) et contribue à la mission des Nations unies au Mali (Minusma), avec 120 personnes. La Belgique reste par ailleurs engagée en Afghanistan et en Irak-Syrie, où elle n’a plus rien à faire…

Dans la région sahélienne, l’heure est donc à un discret, très discret, empilement des missions sécuritaires. Les Etats-Unis ont eux aussi conforté la présence de leurs forces spéciales et de leurs drones Reaper. Le commandement américain pour l’Afrique a annoncé le 1er novembre la mise en service opérationnelle de leur base d’Agadez, au Niger. Les Russes, de leur côté, ont annoncé un nouveau partenariat militaire avec le Mali.

Hélas, cette mobilisation n’est pas près de produire pour l’heure de résultats évidents, tant les problèmes de développement et de gouvernance politique sont grands dans la région (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/11/06/dans-quelles-langues-faudra-t-il-le-repeter-pour-etre-entendu/). Tandis que la ministre française appelle à « la patience stratégique » (sic), son chef d’état-major des armées, François Lecointre, affirme qu’« il faut persévérer ». La force « Barkhane » concentre ses efforts dans le centre du Mali et les régions du pays frontalières avec le Niger et le Burkina. Mais elle ne souhaite pas détourner son attention du nord du Mali, où les groupes djihadistes restent très actifs.

Le ministre malien de la défense, Ibrahima Dahirou Dembélé, a réclamé récemment, devant le Parlement de Bamako, un plus grand soutien pour son armée : « Moi-même, quand je vois le niveau de mon armée, j’ai peur. Je veux atteindre le niveau des autres armées et il faut que le Mali se prenne en charge. Honnêtement, ça ne va pas. » Et d’ajouter en désespoir de cause :  » La défense, c’est tout le Mali. Le travail que nous sommes en train de faire, c’est d’appeler tous les ministres pour que tout le monde puisse s’impliquer. »

Parmi les Européens, « nous sommes aussi convaincus que nous ne réglerons pas le problème militairement », ajoute avec lucidité le Tchèque Tomas Petricek !

Ceux qui nous lisent fidèlement s’en seraient doutés !

Le 29 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Aide de forces spéciales européennes à la France au Sahel ? Parlons-en.”

  1. Hervé J. VOLTO à 1:42 #

    M. Pons araison : l’aide militaire fournie à la force « Barkhane » par des alliés comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou la Belgique se borne à une aide LOGISTIQUE. La Belgique participe à une mission de formation de forces spéciales au Niger (entre 50 et 80 militaires selon les périodes) et contribue à la mission des Nations unies au Mali (Minusma), avec 120 personnes. Les Etats-Unis ont eux aussi conforté la présence de leursdrones Reaper. Le commandement américain pour l’Afrique a annoncé le 1er novembre la mise en service opérationnelle de leur base d’Agadez, au Niger.

    Les seuls qui crapahutent ce sont les Français

    et

    Parce que le Commendemt des Opérations Spéciales (COS) sélectionne le meilleurs des forces spéciales de Terre, de Mer et de l’Air -avec, parmi, le meilleur de la Légion Etrangère- ET DE LA GENDARMERIE NATIONALE

    et

    Seuls deux pays en Europe peuvent produirent une force armée ET DES FORCES SPECIALES capable d’intreveneir efficacement à l’étranger : la France te les Grande Bretagne.

    Parmi les Européens, beaucoups sont convaincus que nous ne réglerons pas le problème QUE militairement !

  2. Hervé J. VOLTO à 1:49 #

    APRES CELLE-LA JE LAISSERAI LA PAROLE A QUELQU’UN D’AUTRE…

    SERVICE ACTION DE LA DGSE
    https://lalettrepatriote.com/tout-savoir-sur-le-service-action-de-la-dgse/

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