Il y a de l’eau dans le gaz en Macronie.

29 Nov

Ce n’est pas encore une débandade mais les relations entre les cadres de La République en Marche (LRM) et leurs élus s’enveniment de semaine en semaine. Serait-ce une prise de conscience un peu tardive de

que nous dénonçons depuis bientôt trois ans ?

C’est en tout cas ce qui semble apparaître dans une note de deux pages, envoyée à Emmanuel Macron mi-novembre par Gilles Le Gendre, président du groupe La République en marche (LRM) à l’Assemblée nationale, pour l’alerter sur l’état de sa relation aux députés « marcheurs ». Un document resté confidentiel, qui n’a été consulté que par une poignée de dirigeants de la majorité.

« Le Gendre met en garde sur la nécessité de recréer un lien fort entre le président et le groupe », relate un des rares initiés à avoir pu consulter cette note, qui ajoute : « Elle est dans le constat négatif. Il n’y a pas beaucoup de propositions ». « Il n’est pas malsain qu’un “warning” soit lancé », juge un autre macroniste lui aussi au fait de cet avertissement, constatant que « cela a un peu tangué dans le groupe en cette rentrée ». Ce constat, beaucoup le dressent pourtant au sein de la majorité, en décrivant « une distance » qui s’installe de plus en plus entre le chef de l’Etat et les députés LRM.

Depuis la rentrée, Emmanuel Macron a multiplié les conflits avec ces élus, qui lui vouent un culte en temps normal. La première anicroche est intervenue le 16 septembre, lorsqu’il s’est adressé aux parlementaires de la majorité réunis au ministère des relations avec le Parlement. Ce soir-là, M. Macron prend ses troupes à rebrousse-poil en poussant les feux à fond au sujet de l’immigration : « La question est de savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas. Les bourgeois n’ont pas de problèmes avec ça : ils ne la croisent pas. Les classes populaires, elles, vivent avec », avait-il estimé. Après avoir été sommés de « regarder » ce sujet « en face », plusieurs députés ont critiqué cette intervention sous couvert d’anonymat, quand certains l’ont fait publiquement. Démontrant ainsi combien ils sont déconnectés des conséquences véritables de l’immigration-invasion subie par le continent européen en général et notre pays en particulier.

« Ce moment a marqué une rupture : avant, les députés ne s’en prenaient jamais au président », observe un fidèle du chef de l’Etat. L’entretien accordé en octobre par M. Macron sur le même sujet à l’hebdomadaire Valeurs actuelles a un peu plus déstabilisé les troupes, dont le barycentre reste majoritairement situé au centre gauche. « On dirait que Macron fait du Sarko quand il chassait sur le terrain du FN », regrette alors un élu LRM, décrivant « un gros malaise en interne ». CRÉTIN !

Au point que, le 13 novembre, la députée du Nord Jennifer de Temmerman a quitté le groupe macroniste pour protester contre un « discours politique à charge contre les migrants » ! Un départ portant les effectifs à 303 membres et apparentés, contre 314 au début de la législature. « La majorité parlementaire n’est plus aussi solide qu’au début du quinquennat », admet un dirigeant macroniste. « Il n’y a pas de fronde », a néanmoins cherché à convaincre Gilles Le Gendre, mardi 26 novembre, sur Public Sénat. « Que certains puissent se sentir moins à l’aise, (…)c’est tout à fait légitime », a-t-il estimé, en appelant à ne voir « aucune signification politique d’envergure » dans ces départs. « Les lois importantes restent votées sans problème majeur », se rassurent les proches du chef de l’Etat, qui comptent sur le MoDem, l’UDI et Agir pour faire l’appoint le cas échéant…pour le moment.

Appoint ou pas, le gouvernement a en tout cas été « battu » à plusieurs reprises ces dernières semaines par sa propre majorité. Ainsi du vote sur un amendement favorisant fiscalement l’huile de palme, rejeté le 15 novembre par les « marcheurs », contre l’avis de l’exécutif ; ou du maintien du prêt à taux zéro, le même jour. « Ce n’est plus comme lors de la première année du quinquennat, où les députés votaient comme un seul homme, observe un proche du chef de l’Etat. La majorité challenge le gouvernement désormais. » Comme nous le disions déjà mi-octobre, « La République en Marche s’est construite sur du sable« …(https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/10/16/la-republique-en-marche-lrm-sest-construite-sur-du-sable/).

« Il y a un vrai blues dans les rangs, affirme la députée LRM de la Somme Barbara Pompili. Après avoir été en première ligne face aux “gilets jaunes”, de plus en plus de députés de la majorité vivent mal de ne pas être écoutés par l’exécutif. Certains le disent bruyamment, en partant ou en émettant des critiques ; d’autres viennent de moins en moins à l’Assemblée. »

Un absentéisme croissant, remarqué aussi bien lors des réunions de groupe – où un tiers des troupes seulement se rend désormais en moyenne – que lors des votes dans l’Hémicycle. A cela s’ajoute la préparation des élections municipales de mars 2020, avec son lot d’investitures qui provoquent des rivalités et suscitent des frustrations en interne…Comme toujours lorsque l’appât des prébendes devient frénétique !

Mais déjà, au sein de la majorité, certains redoutent que ces fissures ne grossissent alors que s’approchent les mobilisations du 5 décembre contre la réforme des retraites. D’où le constat pessimiste d’un élu parisien : « La deuxième partie de la législature s’annonce compliquée. »

Pourquoi les meilleurs d’entre eux ne nous ont-ils pas écoutés en 2017 ?

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le 29 novembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Il y a de l’eau dans le gaz en Macronie.”

  1. Hervé J. VOLTO à 2:01 #

    LA REPUBLIQUE EN MARCHE, comme LES 5 ETOILES, Outre-Alpes, est construit sur du sable : il fonctionne à la COM.

    Les Français sont, selon les sondages, de plus en plus préoccuppés par un lien apparent entre immigration et terrorisme ? on évoque le problème pour faire corire qu’on s’y interresse.

    L’entretien accordé en octobre par M. Macron sur ce sujet à l’hebdomadaire VALEURS ACTUELLES a quarément déstabilisé les troupes, dont l’épicentre reste majoritairement situé au centre gauche.

    -On dirait que Macron fait du Sarko quand il chassait sur le terrain du FN ! regrette alors un élu LRM, décrivant « un gros malaise en interne ».

    Il n’a rien compris à l’esprit florentin du Président…

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