Comme Uber, Airbnb est un prédateur qu’il faut exterminer.

1 Déc

La concurrence des offres de location saisonnière de plates-formes en ligne aux offres de logements du marché locatif représente un enjeu croissant pour les grandes villes françaises, avec Paris en première ligne. Ces sites Internet – Airbnb, Booking, Abritel, etc. – sont tenus, à compter du 1er décembre, de transmettre aux mairies, une fois par an, la liste des annonceurs qui proposent des biens sur leur territoire, selon le décret et l’arrêté parus les 30 et 31 octobre. En effet, la question des données est majeure pour ces communes, aussi bien pour connaître réellement la situation que pour réguler et vérifier la légalité de ces nouvelles pratiques qui, bien que légales, se révèle aujourd’hui désastreuses. Cependant, les dispositions prévues par ce décret ont déçu les municipalités (transmission des données une fois par an au lieu de trois fois comme elles le demandaient, listings inexploitables en raison de l’absence de lien Internet vers l’annonce, etc.). Bref, du pipeau comme souvent avec le gouvernement d’Edouard Philippe.

La France représente hélas un marché de première importance pour ces plates-formes, Airbnb en tête. D’après une étude menée par cette dernière, l’Hexagone constitue le deuxième marché, derrière les Etats-Unis, avec un « impact économique » de 10,8 milliards de dollars (environ 9,8 milliards d’euros) en 2018 (33,8 milliards pour les Etats-Unis). De quoi tenter bien des propriétaires peu scrupuleux.

L’offre se concentre dans les grandes villes françaises. Neuf municipalités de moins de 100 000 habitants à fort attrait touristique figurent cependant parmi les vingt premières villes du pays en matière d’offre de logements entiers sur les plates-formes.

Avec 182 601 annonces, les quarante agglomérations de plus de 100 000 habitants en France métropolitaine concentrent 23,8 % de l’offre de logements entiers sur ces sites de location. Pour ces grandes villes, 52,5 % des annonces étaient disponibles pour une durée inférieure à trois mois au cours de l’année écoulée, et près d’un quart (24,3 %) était disponible plus de six mois au cours de la même période.

Malheureusement, ni les loueurs ni les plateformes de location ne tiennent compte des tensions existant sur le marché immobilier (zones où la demande de logement est supérieure à l’offre), ce qui engendre bien des soucis dans les municipalités concernées.

Par ailleurs, le taux d’occupation de ces habitations (nombre de nuits réservées sur le nombre de nuits disponibles) varie fortement d’une ville à l’autre, synonyme d’une variabilité géographique de la demande. Ainsi, à Paris, 75 % des nuitées disponibles ont été réservées les douze derniers mois ; un des taux d’occupation parmi les plus élevés, à l’instar des autres communes de la petite couronne et des grandes métropoles. Or, ces villes sont confrontées, depuis plusieurs années, à une augmentation importante des prix en raison d’une offre insuffisante pour répondre à la demande. Une partie des locations de courte durée vient ainsi concurrencer le marché classique du logement, notamment quand la démarche s’éloigne de l’esprit initialement revendiqué par Airbnb (location de sa résidence principale en cas d’absence).

Paris tient la deuxième place mondiale – derrière Londres – des villes proposant le plus d’annonces en octobre 2019, mais prend la tête du classement si ce nombre est rapporté au parc résidentiel de l’agglomération (ce qui est un aspect significatif de l’apartheid social et immobilier qui s’y est installé depuis que les bobos parisiens en ont chassé les classes moyennes et, bien sûr, les habitants les plus modestes). En effet, 3,8 % du parc parisien est proposé à la location par Airbnb, contre 1,5 % à Rome et 1,2 % à Londres. En outre, le parc parisien est celui qui subit la plus forte pression : les locations Airbnb de logements entiers disponibles plus de trois mois représentent, dans certains quartiers, jusqu’à 10 % du parc total !

Or, la capitale perd des habitants depuis 2011 (60 000 habitants en moins entre cette date et 2016), en raison des difficultés à s’y loger et de l’augmentation des prix – cet été le mètre carré a dépassé les 10 000 euros en moyenne. Au cours de l’année écoulée, 34 073 logements entiers ont été disponibles plus de trois mois sur les plates-formes Airbnb et HomeAway et 16 756 plus de six mois. Soit autant de biens dont on peut faire l’hypothèse qu’une majorité se trouve exclue du parc des résidences principales (sur un total de 75 136 locations sur la même période, toute durée confondue).

Un détournement intolérable et pourtant toléré par les pouvois publics.

En juin 2018, l’Atelier parisien d’urbanisme (APUR) notait qu’en cinq ans 30 000 logements supplémentaires étaient devenus inoccupés, c’est-à-dire des logements occasionnels, des résidences secondaires ou des biens vacants, en lien avec le développement de la location de courte durée. La raison en est simple : d’après une étude de Meilleurs Agents et du Journal du Net effectuée en 2016, ces locations rapportent, en moyenne, 2,6 fois plus que la location classique. Selon AirDNA, qui scrute le marché, les logements loués ou disponibles plus de deux cent soixante-dix jours dans l’année écoulée représentent 10 % des offres et totalisent 36 % des sommes récoltées par les annonceurs en un an.

Par ailleurs, dans les arrondissements centraux, dans lesquels la municipalité souhaite restreindre de façon plus importante les locations de courte durée, plus de 30 % des offres sont publiées par des multi-annonceurs – multipropriétaires ou agences gérant plusieurs logements –, montrant, là encore, une professionnalisation de cette activité. Les dix premiers totalisent 1 384 locations, soit 2,5 % des annonces de logements entiers. Cette pratique est accusée de renchérir le prix des logements, et surtout d’en soustraire au parc classique de la location longue durée, sans parler de la concurrence jugée déloyale par les professionnels de l’hôtellerie.

Ne croyez-vous pas, qu’il est urgent que le Roi revienne mettre un peu d’ordre dans toutes ces prévarications ?

Le 1er décembre 2019.

Une Réponse to “Comme Uber, Airbnb est un prédateur qu’il faut exterminer.”

  1. Hervé J. VOLTO à 1:12 #

    Dans le somaine de l’immobilier, la concurrence n’est pas à empéher mais à règlementter.

    Un projet de loi : interdire toute vente, achat ou location de logement -appartement, villa, chateau- et de bureaux SANS passer par une agence immioblière.

    Ces dernières seront règlementées et controllées. Et rendues transparantes. Les agences honnêtes et de prstige y gagneront. Les logeurs de terroristes ou de malfrats y perdront.

    Il y a peut être des impots à récolter sur LE REVENU (et non pas sur l’épargne) des locations… et non pas sur les retaites des travailleurs…

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