Vous n’auriez jamais imaginé faire du surf à Sevran (Seine-Saint-Denis)…

2 Déc

Nous non plus ! Et pourtant, c’est ce que les promoteurs du projet « Terre d’eaux« , essaient de nous faire croire.

Jusqu’à présent, les spots de surf, nous les connaissions dans quelques lieux de rêve et toujours en bord de mer. Comme à Biarritz pour ne citer que ce joli coin de la Côte basque. Mais jamais nous serait venue l’idée qu’une banlieue aussi gangrenée et putride que la Seine-Saint-Denis (et Sevran en particulier où se concentrent tous les maux des territoires perdus de la République, avec près d’un tiers de la population âgée de moins de 20 ans, un chômage des jeunes qui atteint 37 % et un taux de pauvreté de 30 % dans la commune le tout étant la conséquence d’une immigration folle), pourrait donner lieu à un tel fantasme.

Regardez-le donc, ce fantasme, tout droit sorti des cervelles malades des édiles du coin et des quêtes frénétiques de juteux profits par des entrepreneurs véreux :

Sur les vues aériennes en images de synthèse, les étangs et les maigres bois composent un triangle vert et bleu entre les grands ensembles de Sevran (à gauche) et les zones pavillonnaires de Villepinte (à droite), en Seine-Saint-Denis. Dans l’un des angles, l’œil s’arrête sur un bassin turquoise ridé de vagues blanches, chevauchées par de petites silhouettes : des surfeurs ! Ce « surf park«  (sic) en plein air est l’un des ingrédients du spectaculaire projet Terre d’eaux. Pilotée par le promoteur immobilier Linkcity, filiale de Bouygues, cette opération à 250 millions d’euros programme l’urbanisation d’une enclave de 32 hectares de terre agricole…stérilisée et bétonnée à Sevran. Une opération qui soulève beaucoup d’incrédulité, dans l’une des villes les plus pauvres de France.

Surtout, après l’abandon, à Gonesse, dans le Val-d’Oise voisin, du polémique EuropaCity, affecté par son projet dément de ski indoor sur des cultures de céréales, l’idée de faire déferler une vague de surf artificielle dans des champs de Seine-Saint-Denis a de quoi faire froncer les sourcils.

Là où EuropaCity prévoyait de greffer un mégacomplexe de loisirs et de commerces sur une zone agricole à l’écart de la ville, c’est de couture urbaine à grande échelle dont il est question à Sevran. L’opération Terre d’eaux n’est en effet qu’une des pièces d’un vaste raccommodage comprenant 53 hectares de zone d’aménagement concerté – baptisée « Sevran Terre d’avenir » – et plusieurs opérations de renouvellement urbain. Mais comment oser parler de « Terre d’avenir » alors que, sur 50 000 habitants, Sevran compte près de 20 000 immigrés (40%, essentiellement Africains et Maghrébins) et que, selon la démographe Michèle Tribalat, près de 70% des jeunes de moins de 18 ans vivant à Sevran ont au moins un parent immigré, né dans un pays non européen (et ces chiffre ne prennent pas en considération les 2e et 3e générations…).

Et ce n’est pas tout car, si l’ouverture, en 2024, de deux gares de la future ligne 16 du Grand Paris Express fait fantasmer le maire, elle annonce aussi l’arrivée de 10 000 résidents supplémentaires en dix ans, alors que la commune est déjà passée de 20 000 à plus de 50 000 habitants en un demi-siècle. « L’enjeu, c’est de transformer une ville conçue comme une cité-dortoir en endroit agréable à vivre, à la faveur de l’arrivée du métro, résume l’édile (ndcer: comme si l’arrivée d’un métro pouvait laisser espérer le départ de ces populations allogènes !). Ouvrir deux gares, en soi, cela ne répare pas la ville, cela peut même aggraver la situation en amenant davantage de gens. C’est un problème de composition urbaine. » Mais surtout un projet « bling bling« .

Un changement d’édile plus tard – Stéphane Gatignon (ex-EELV) a passé la main à Stéphane Blanchet, en avril 2018 – et après deux ans de travail sur le programme, l’opération surf park s’est sensiblement étoffée. « Désormais, c’est un vrai projet de ville », revendique le maire. De nouveaux équipements sont prévus : du sport, avec un skate park (sic), de l’escalade, du basket, une piscine municipale. Mais aussi une crèche, une maison de santé et un bâtiment pour le Théâtre de la Poudrerie. Des discussions vont bon train avec l’université Paris-XIII pour installer sur place des filières liées au sport et à la santé, en s’appuyant sur les espaces aquatiques (pour développer, qui sait, la balnéothérapie !).

Côté nature, exit le ski nautique sur le lac, place à des berges mêlant biodiversité et plages familiales. Surtout, le site devrait accueillir, au sein d’un parc de 15 hectares, un programme d’agriculture urbaine, organisé par l’association d’insertion sociale immigrationniste Aurore. « Il y aura des jardins familiaux avec une dimension pédagogique, du micromaraîchage pour des familles, qui pourront trouver là un complément de revenu, détaille Lise Mesliand, directrice déléguée aux projets urbains de Linkcity. L’idée, c’est que la production maraîchère serve en circuit court dans les restaurants du quartier. ». Malheureusement, il n’y a que des kebabs ! Ce qui ne manquera pas de réjouir Sibeth-Patankça Ndiaye, notre porte-parole du gouvernement :

Ajoutez à cela 900 logements – dont 20 % de sociaux –, et vous obtenez, sur le papier, « un vrai quartier résidentiel raccordé à la ville existante, avec une dimension écologique et sportive », estime le maire. Des maisons individuelles à l’est, côté Villepinte, aux immeubles collectifs à l’ouest, Linkcity l’assure : « Nous travaillons d’abord sur des logements en accession à destination des Sevranais, pas sur des produits d’investissement. Nous serons alignés sur les prix des environs : c’est aussi la garantie de l’appropriation du projet par la population. » Où ont-ils vu, ces pitres, que 40% de population issue de l’immigration et ne vivant que des aides sociales, vont pouvoir accéder à la propriété ?

Reste le surf. Un choix incongru dans l’univers de Sevran. « Nous avons déjà un golf, c’est important pour notre ville de devenir un lieu de destination, d’avoir des équipements qui peuvent mixer les populations, et puis, le surf, c’est une culture autour de valeurs écologiques », défend avec humour le maire. Si le surf park espère attirer, à Sevran, une partie des 200 000 surfeurs d’Ile-de-France, pas question d’en faire un « ghetto pour riches » (sic), assure Stéphane Blanchet. Alors que l’entrée dans ce genre de complexe peut atteindre 50 euros pour une ou deux heures, la ville assure travailler à des tarifs préférentiels pour les scolaires et les jeunes Sevranais…basanés, ainsi que sur la mise en œuvre d’un important volet autour de l’insertion et du handicap. Ben voyons !

« Je me pose des questions sur le coût environnemental du surf park rapporté à l’intérêt du projet, mais aussi sur sa viabilité économique », prévient Clémentine Autain, député France insoumise du coin. Les promoteurs sont en discussion avec plusieurs opérateurs possibles pour mettre en œuvre et gérer cette vague artificielle, dont le coût représente 10 % de l’enveloppe globale de l’opération. La municipalité a d’ores et déjà obtenu que le bassin ne soit pas constitué d’une cuve en béton, mais d’un dispositif d’étanchéité léger, pour que le projet soit aisément réversible en cas d’échec.

Et démontrant ainsi , s’il en était besoin, qu’au fond les édiles n’y croient pas eux-même ! Quel gâchis…*

Le 2 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

D’autres parcs aquatiques du même acabit font l’objet de fortes oppositions au nom de l’environnement, comme à Saint-Père-en-Retz : construites sur des zones naturelles, ces vagues artificielles sont gourmandes en énergie, pour créer l’onde sous-marine le long d’un rail et traiter l’eau, et consomment beaucoup d’Aqua simplex pour compenser l’évaporation du bassin.

Surtout, le modèle économique reste fragile, pour ces infrastructures très coûteuses. Plusieurs projets ont déjà été abandonnés sur la côte Atlantique, à Saint-Geours-de-Maremne (Landes), Lacanau (Gironde) ou Bordeaux. Le parc de Bristol, tout juste ouvert, a coûté 30 millions d’euros. Celui de Sevran est estimé à 25 millions d’euros. Dans les Landes, il pourrait atteindre 40 millions, lorsque son équivalent de Loire-Atlantique annonce quelque 15 millions… Des variations qui dépendent de l’ampleur des infrastructures sportives et hôtelières. Autant d’investissements qui nécessitent, pour être rentables, une fréquentation de quelque 100 000 personnes par an, malgré des prix atteignant 50 euros l’entrée et un nombre de pratiquants inférieur à 700 000 en France. Un futur scandale politico-financier.

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