Enquête PISA : il n’y a pas de quoi être fier ! Mais nous savons pourquoi.

4 Déc

Dans l’enquête PISA (Programme international pour le suivi des acquis) réalisée en 2018 auprès de 600 000 élèves de 15 ans dans 79 pays et rendue publique par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la France se classe hélas à peine au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE (487 points) pour les compétences en « compréhension de l’écrit » – le thème majeur de cette édition. Ainsi, environ 20% des élèves favorisés, c’est-à-dire appartenant au quart supérieur de l’indice Pisa du statut économique, social et culturel, mais seulement 2% des élèves défavorisés, sont parmi les élèves très performants en compréhension de l’écrit.

Avec un score de 493 points, les élèves Français, évalués à partir d’un échantillon de 6 308 personnes représentatives des quelque 750 000 élèves de 15 ans, se situent entre la 15e et la 21e place des pays de l’OCDE. Loin derrière les pays les plus performants comme le Canada, la Finlande ou le Royaume-Uni. En « culture scientifique » et en mathématiques, la France est à peine meilleure (495 points contre 489).

Enfin, en résultats bruts, les performances des Français en compréhension de l’écrit et en culture scientifique sont stables par rapport à l’année 2000, date de la première enquête PISA. Il n’y a donc eu aucun progrès en vingt ans !

Les inégalités sociales restent le point noir des résultats français dans les enquêtes PISA, et l’édition 2018 ne fait pas exception. La France est le pays où l’origine socio-économique explique le plus la différence des scores. L’écart y est de 107 points entre les élèves les plus favorisés (550 points) et les plus défavorisés (443 points), un score largement au-dessus de la moyenne de l’OCDE (89 points). Le solide « noyau » d’élèves en grande difficulté – ces fameux 20 % qui ressortent d’une enquête à l’autre – est toujours là, en mathématiques comme en compréhension de l’écrit. Cette contre-performance classe l’Hexagone dans le palmarès des pays les plus inégalitaires.

Sur ce point, la France doit relever un véritable défi, car elle est aussi l’un des pays qui concentrent le plus la difficulté scolaire. Au lycée, les élèves les plus faibles sont plus souvent regroupés dans les mêmes établissements (devinez lesquels !) qu’ailleurs dans l’OCDE, et un élève qui a de mauvais résultats n’a qu’une chance sur six de fréquenter le même lycée qu’un élève qui a de très bons résultats – même s’il faut pondérer ce résultat au regard de l’existence de différentes filières (lycée professionnel, lycée général et technologique). « Il reste essentiel d’éviter de créer des établissements défavorisés, plaide Pauline Givord, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE.

L’édition 2018 de PISA met cependant en lumière une nouvelle donnée : la capacité des élèves à se projeter dans l’avenir. Là encore, Pisa révèle de nouveau de forts écarts selon l’origine sociale. Même quand ils ont de bons résultats, les jeunes issus de milieux dits défavorisés sont moins nombreux à envisager des études supérieures. « 20 % des élèves défavorisés qui ont de bons résultats dans PISA n’envisagent pas des études supérieures malgré leurs performances scolaires »,souligne Pauline Givord, alors qu’ils ne sont que 7,5 % parmi les catégories favorisées. Une forme d’« autocensure » jugée « préoccupante » par l’organisation internationale, à moins que cela n’exprime une autre vision de l’avenir que celle des études supérieures…Pourquoi pas par l’intermédiaire de l’économie souterraine, si prégnante dans les quartiers dits « défavorisés » !

Il y a cependant un point qui met tous les élèves français d’accord : ils ne sont que 57 % à déclarer que leurs enseignants « s’intéressent à leurs progrès », contre 70 % dans l’OCDE – et cette opinion est plus répandue dans les établissements favorisés. Les jeunes Français sont aussi plus nombreux à regretter le manque de retours sur leur travail, par rapport à leurs homologues dans le reste de l’OCDE. Ces résultats, basés sur le ressenti des élèves, concordent avec l’opinion de leurs enseignants.

Dans l’enquête Talis de 2018 – également organisée par l’OCDE – qui interroge les enseignants sur leurs conditions de travail, les Français étaient plus nombreux que la moyenne à trouver qu’ils manquaient de formation pour gérer l’hétérogénéité des niveaux dans une même classe et organiser le suivi individualisé. Un des méfaits manifestes de l’acculturation voulue et organisée par les pouvoirs publics incapables de résister aux vagues migratoires.

De même, les proviseurs de lycée français, quel que soit le profil de leur établissement, sont plus nombreux que leurs confrères du reste de l’OCDE à déclarer manquer significativement de matériel. Pour 35 % des élèves inscrits dans l’enseignement public (30 % dans l’OCDE), cette pénurie entrave la « capacité de l’établissement à dispenser un enseignement ».

Reste un problème crucial, celui de la discipline. Si 7 % des élèves français déclarent s’être fait harceler fréquemment (alors que la moyenne est à 8 % dans l’OCDE), la France est aussi l’un des trois pays où les élèves font état des plus grandes préoccupations liées aux problèmes de disciplines en classe. Il n’y a qu’en Argentine et au Brésil où l’indice du climat de discipline est inférieur à celui observé en France (belle satisfaction !). « C’était déjà le cas lors des précédents enquêtes mais le problème ne s’est pas réglé« , souligne l’analyste Éric Charbonnier. Or « avoir un élève sur deux gêné par les bruits, l’indiscipline voire la violence pendant chaque cours, c’est gênant pour les apprentissages mais aussi pour les enseignants« , ajoute-t-il. On s’en serait douté.

En résumé, qu’avons-nous gagné à ce métissage ethno-culturel dont certains osent encore nous dire qu’il nous enrichit ? Un désastre dont il n’est même pas sûr que nous puissions nous relever.

Le 4 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Enquête PISA : il n’y a pas de quoi être fier ! Mais nous savons pourquoi.”

  1. Hervé J. VOLTO à 11:44 #

    Vu sur un mur de banlieu d’une grande ville du Midi :

    -VIVE LA PHRANCE !

    Provocation ou ignorance ?

    N’ayant pas (n’ayant toujours pas), de smart phone et n’ayant pas un appareil photo sous la main, je regrette bien de n’avpoir pu photographier la chose.

    Ha, PU… REE !

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