Dans le Var, l’urbanisation galopante et la bétonisation des sols sont les causes des malheurs d’aujourd’hui.

5 Déc

On nous bassine (si l’on peut dire), depuis quelques semaines à propos des inondations qui dévastent le sud-est de notre pays. C’est triste, certes. Surtout pour ceux qui en sont gravement victimes. Mais est-ce seulement dû à l’acharnement du sort sur d’innocentes populations ?

N  O  N !

Et nous demandons que l’on cesse de parler de catastrophes naturelles. Car, si ce sont bien des catastrophes…elles n’ont rien de naturel et résultent de l’irresponsabilité des uns et de l’insatiable spéculation des autres comme vous allez pouvoir le constater.

Face à des dégâts considérables, certains commencent à pointer du doigt la cause principale de ces catastrophes à répétition : l’urbanisation sans borne et la bétonisation du département, le long de la côte et des cours d’eau. Même si, en soixante ans, la population du département a plus que doublé, passant de 413 000 habitants en 1954 à plus d’un milllion en 2016.

« On construit beaucoup. Donc forcément, on a des inondations qu’on n’aurait peut-être pas eues il y a une dizaine d’années, parce qu’il n’y avait pas de constructions à ces endroits-là, détaille Paul Marquis, prévisionniste à Météo 13, auprès de France 3. On passe d’une sécheresse à de très fortes pluies, on a donc des phénomènes qui vont être aggravés sur le ruissellement urbain notamment ». L’urbanisation imperméabilise les sols et empêche l’eau d’être naturellement absorbée par la terre. Ce que nos anciens savaient naturellement mais les « sachants » de notre époque…ont oublié !

 

  • Ainsi à Roquebrune-sur-Argens (Var) qui a connu deux crues en quelques jours. Tous les yeux sont rivés sur le fleuve, l’Argens, qui a ravagé de nombreuses maisons en sortant de son lit. Un risque prévisible car accentué par la proximité de plus en plus importante des habitations avec le cours d’eau. Autre problème : « Ce que l’on souhaite aussi, c’est qu’enfin on s’occupe de ce fleuve. Il a besoin d’être nettoyé ! », tout simplement (car, vous l’aurez deviné…personne ne nettoie plus le lit des rivières) pointe du doigt Antonius Jacobs, conseiller municipal de Roquebrune. Des détritus bouchent en effet le fleuve, accentuant son débordement à chaque épisode pluvieux. Ne pourrait-on pas imposer aux racailles venues d’ailleurs qui écument les cités du coin quelques travaux d’intérêt général tel que le nettoyage du lit des rivières ?

 

  • Le village de La Garde (Var), 5 000 âmes en 1955, est devenue une ville de plus de 25 000 habitants en l’espace de soixante ans. Une explosion démographique qui s’est aussi accompagnée d’un développement urbain express, notamment le long de la côte.

 

  • A Saint-Raphaël, ce sont des nouveaux lotissements à perte de vue: des maisons, des piscines, des routes, des ports… La nature a peu à peu laissé place à des lotissements géants, le long de la côte méditerranéenne. Un phénomène qui accentue les risques lors des épisodes de fortes pluies, comme celui du 1er décembre.Et ce n’est pas mieux à Fréjus où les habitations se rapprochent de la côte. Là, les autorités ont opté pour la prévention lors du dernier épisode d’inondations. Dimanche 1er décembre, plusieurs zones de la ville ont ainsi été évacuées : la subdivision des Floralies, les Passes du Colombier, du Verger des Arènes, du Verger Sainte-Croix et du Quarter Montourey. La raison ? Le risque que représentait le torrent du Reyran car la ville a gagné du terrain ces dernières années, comme au niveau de la station balnéaire de Saint-Aygulf ! Certains édiles sont manifestement devenus fous.

Et, en plus, la bétonisation de la commune s’est aussi développée dans le centre-ville, avec la construction d’un port près de Fréjus plage.

 

  • Cette fois, La Londe-Les-Maures a été plutôt épargnée par les intempéries. Mais ce répit pourrait être de courte durée. En 2015, la chambre régionale des comptes (CRC) Paca avait épinglé la politique d’urbanisation de la commune. En cause : des constructions dans la zone à proximité du Maravenne, un petit fleuve côtier, comme le rapporte France 3. Quatre ans plus tard, le maire de la commune dénonce « des démarches trop contraignantes » pour réaliser des travaux de protection ! De qui se moque-t-on ?

 

  • À Hières, les inondations ont (encore) créé des situations de détresse. Dimanche 1er décembre, deux personnes de la commune ont été secourues par les pompiers, selon France Bleu. Mais la commune a connu une urbanisation galopante depuis quelques décennies, notamment autour de la plage de La Capte, autrefois préservée de la bétonisation.

« Nous payons aujourd’hui les décisions des années 1970 à 1990, avec un étalement urbain et des extensions et artificialisations des sols à outrance« , explique Julien Meyrignac, directeur du groupe Citadia spécialisé dans l’urbanisme, dans Var Matin. « Il ne faut plus jouer aux apprentis sorciers, en construisant, par exemple, dans des zones exposées. » Il serait temps d’en prendre conscience !

  • Quant aux habitants de Grimaud, ils ont eu une grosse frayeur. Le 1er décembre, deux lotissements de la ville se sont retrouvés sous l’eau. Une trentaine de personnes ont même dû être évacuées par les secours. La ville doit aussi faire face à de nouvelles menaces au niveau de Port Grimaud : des pluies violentes et la montée des eaux. Cette marina au cœur du golfe de Saint-Tropez est sortie de terre dans les années 1960… à la place d’une immense zone humide. Pour faire du fric. Toujours plus de fric.

  • Mais que dire de Saint-Tropez ? Les vues aériennes ne laissent pas de place au doute. Les belles villas avec piscine ont colonisé la nature, notamment à l’Estagnet, au cap Saint-Pierre ou vers la Pointe de la Rabiou. Une bétonisation complètement folle et qui s’est faite de longue date.

Comment s’étonner, avec tout cela, des désastres observés ces derniers temps ? Alors, de grâce, qu’on ne vienne pas pleurer. Ces folies nous coûtent déjà bien assez cher en sauvetages et en prises en charge de toutes natures. Car, ne l’oubliez pas, au bout du compte, c’est le contribuable qui paie pour ces gens-là.

Le 5 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Dans le Var, l’urbanisation galopante et la bétonisation des sols sont les causes des malheurs d’aujourd’hui.”

  1. Hervé J. VOLTO à 12:43 #

    C’est comme en Italie !

    Ils construisent partout, parfois sans permi de construire, dans des endroits fragiles, et à peine deux gouttes d’eau, tout s’écroule.

    Là-bas, ils ont l’excuse que la maffia gènes les contrôles.

    Le Var comme l’Italie ?

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