Billet d’humeur du sieur Du Plessis : menteurs !

7 Déc

Nouvelle polémique sur le matricule RIO. Lors de la manifestation du jeudi 5 décembre contre la réforme des retraites, des journalistes indépendants ont constaté que les policiers qui contrôlaient l’un de leurs collègues ne portaient pas ce numéro à sept chiffres, qui permet d’identifier chaque agent de police depuis le 1er janvier 2014.

L’échange a été diffusé sur Facebook par le photographe NnoMan et a suscité de nombreuses réactions, notamment chez les figures des « gilets jaunes » Priscillia Ludosky et Jérôme Rodrigues.

Capture d’écran sur le compte Facebook de NnoMan du policier interrogé

Interpellé par les journalistes sur l’absence de ce numéro, l’un des policiers répond : « En maintien de l’ordre, il n’y a pas besoin« . Eh bien, c’est faux. C’est même un grave mensonge passible de poursuites.. Comme France Info l’expliquait déjà en septembre, le port du RIO, de « manière apparente », est obligatoire depuis le 1er janvier 2014, même pour les policiers en civil. L’arrêté du 24 décembre 2013 précise trois seules exceptions pour « les personnels chargés de la sécurité des sites de la Direction générale de la sécurité intérieure », « les personnels chargés de la sécurité des bâtiments des représentations diplomatiques françaises à l’étranger » et « les personnels appelés à revêtir leur tenue d’honneur lors de cérémonies ou commémorations ».

Les policiers chargés du maintien de l’ordre doivent donc porter ce numéro qui permet de les identifier. En septembre, le service d’information et de communication de la police nationale (Sicop) avait expliqué qu’il s’agissait « d’un simple scratch par-dessus l’uniforme qui peut être oublié ou qui peut s’enlever lors d’une opération » ! Ben voyons…

Ce manquement, régulièrement constaté lors des manifestations, n’est pas considéré par la hiérarchie policière comme une faute et il est en réalité très rarement sanctionné. « Pour un premier manquement, il y a un rappel à la règle, ensuite cela peut aller jusqu’à l’avertissement », indiquait pourtant le service communication de la police. Sans donner de chiffres, évidemment. Ce qui signifie, en pratique, que c’est aux usagers et autres plaignants d’apporter les preuves de ces manquements : photos, témoignages par exemple. Et de saisir l’IGS systématiquement. 

Quelle importance nous direz-vous ? Détrompez-vous, ce sujet est de la plus grande importance car ces gens-là furent ceux qui en 2012-2013 gazèrent des femmes, des enfants et des vieillards dans les rues de Paris et en toute impunité, lors des manifestations contre le mariage prétendument pour tous. À l’époque, les tortionnaires n’étaient pas identifiables. Aujourd’hui, ils le sont.

Alors, regroupons nous chaque fois que nécessaire.* Et n’oubliez pas que « L’union fait la force » !

Le 7 décembre 2019.

Du Plessis

* Lire « C’est dur à avaler » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2013/12/27/bulletin-climatique-quotidien-27-decembre-2013-de-la-republique-francaise/).

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