« Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous » (suite).

9 Déc

Le monde de l’art « COMPTANT POUR RIEN » n’en finit pas de nous consterner. Nous en voulons pour preuve le dernier épisode de ses scandaleuses provocations, intervenu à la foire d’Art Basel à Miami, qui s’est achevée hier, dimanche 8 décembre.

Sur le stand de la galerie du Français Emmanuel Perrotin (qui pourrait vendre un réfrigérateur à des esquimaux ou des chaussettes à un cul-de-jatte), trônait une banane. Une vraie banane, bien jaune, scotchée à la cimaise grâce à un fort ruban adhésif gris-argent, lequel formait une fort belle oblique par rapport au fruit:

Il en demandait 120 000 dollars, et les a obtenus…

La première acheteuse est, selon le New York Times, la parisienne Sarah Andelman, cofondatrice des magasins « colette » ( « Tour de Babel de la conso »). Elle venait en voisine, puisqu’elle inaugurait au même moment un « pop up store » dans le Design District de la ville, qu’elle a nommé « Hello Miami ».

Et en voisine reconnaissante, puisqu’un proche d’Emmanuel Perrotin, le chanteur Pharrel Williams, n’a pas été pour rien dans le succès du lancement de sa boutique. Deux autres collectionneurs ont suivi. Car, tenez-vous bien, l’œuvre existe à 5 exemplaires : trois vendus à Miami et deux réservés à des musées. L’œuvre est intitulée Comedian…bien que nous lui aurions choisi un autre titre, commençant aussi par C.

« Art world gone mad » titrait en couverture le quotidien The New York Post, en reproduisant l’œuvre à la une, pour la plus grande joie de l’immonde Perrotin. On ne sait pas si « le monde de l’art devient fou », mais on constate qu’il ne manque toujours pas de liquidités à un moment de notre Histoire où la misère règne en maîtresse sur la Terre et où il nous faut l’accueillir au risque d’être montrés du doigt. Une banane pesant environ 200 grammes avec la peau, et l’œuvre étant prévue à cinq exemplaires, Perrotin peut espérer peu ou prou vendre la série à 600 000 dollars le kilo !

L’idée et le montage de la banane sont signés Maurizio Cattelan. L’artiste italien, qui accompagne Perrotin depuis ses débuts, est déjà l’auteur de quelques œuvres retentissantes, la plus ignoble étant sans doute La Nona Ora, une sculpture hyperréaliste représentant le pape Jean-Paul II écrasé sous une météorite:

Est-ce de l’art, demanderont certains ? On se gardera bien d’en juger, d’autres l’ont fait pour nous : La Nona Ora été exposée à la Royal Academy de Londres, à la Biennale de Venise, et son auteur a cosigné un livre d’entretiens (Le Saut dans le vide, Editions du Seuil, 2011) avec Catherine Grenier, à l’époque conservatrice au Centre Pompidou. Il a également bénéficié d’une rétrospective au musée Guggenheim de New York. Il n’y a pas de doute, ces gens sont fous.

Mais, direz-vous, une banane murit. Pas de problème, on décolle le scotch, on en met une neuve à la place. Que faire de l’originale ? La manger pardi ! C’est ce qu’a fait un autre artiste, David Datuna : samedi 7 décembre, il est entré sur le stand de Perrotin, a décroché et pelé le fruit avant de le dévorer à belles dents, mais sans payer. Sur son compte instagram, il a commenté son geste ainsi :

« J’aime les œuvres de Maurizio Cattelan et j’aime vraiment cette installation. Elle est délicieuse… »

JiaJia Fei 费嘉菁@VAJIAJIA

This happened and here’s the video: someone ripped the Maurizio Cattelan banana off the wall at @ArtBasel and ATE IT 🍌

 

La galerie n’a pas porté plainte : ses employés se sont contentés de changer la banane, et de commenter gentiment un geste fait « dans un bon esprit ». Et pour cause : relayé par le New York Times, il prolonge le buzz.

De toute façon, Cattelan n’en est pas à son coup d’essai si vous vous souvenez de sa fameuse sculpture intitulée « America » et qui n’était que la réplique d’un modèle de WC fabriqué dans le Wisconsin par les usines Kohler & Co et fort répandu aux Etats-Unis. Mais une réplique…en or massif 18 carats ! (oeuvre volée depuis et jamais retrouvée).

Comment voulez-vous que de telles ignominies ne donnent pas du grain à moudre à tous les Damnés de la Terre et aux ayatollahs qui  soufflent sur leurs braises ?

Le 9 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “« Ceux que Jupiter veut perdre, il les rend fous » (suite).”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 9, 2019 à 4:40 #

    La banane a été mangé par un autre artiste, qui a voulu faire là une sorte de happening.

    Le cabinet a or a été dérobé à Londres : 140 kilos d’or massif ! Jamais retrouvé : la maffia l’aura refondu, réparti en lingots facile à recycler à Dubaï ou sur quelques places du marché de l’or au Moyen-Orient.

    Le pape ? cette odieuse scupture signé d’un artiste italien – il n’y a pas plus anti-clérical qu’un transalpin dans le monde Catholique !- est exposée à Londres, où les descendants des Orangistes germano-protestants se bousculent pour venir se gauser de Sa Saineté mise en difficulté…

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