Le sultan d’Istanbul, l’homme malade (très malade) de l’OTAN.

17 Déc

Recep Tayyip Erdogan, le sultan d’Istambul, nous a habitué à ses coups de colère qui ne sont, la plupart du temps, que des coups de folie. L’avant-dernier en date est son intervention militaire en Syrie pour tenter, non pas de lutter contre les terroristes islamistes, mais de détruire les forces kurdes qu’il considère comme ses ennemis préférés.

Hélas, fort de ses bonnes relations avec ceux qui auraient dû, depuis longtemps, se fâcher et mettre un terme à ses violences (Etats-Unis et Union européenne en tout premier lieu), le voilà qui entreprend de se mêler du conflit libyen. Avec les risques et les conséquences que cela ne manquera pas d’avoir : une inquiétante internationalisation et une brusque escalade.

Certes, il n’est pas le premier ni le seul à mettre ainsi son nez dans les affaires de ce pays. L’intervention de plusieurs pays de l’Otan et, en particulier, de la France de Nicolas Sarkozy, en 2011, fut à cet égard catastrophique et nous n’avons pas fini d’en payer le prix.

D’ailleurs, depuis le renversement du régime du colonel Kadhafi par une coalition occidentale, la Libye n’a jamais réussi à retrouver son équilibre, partagée entre seigneurs de la guerre, particularisme régionaux, parfum de pétrole, mais aussi guerre d’influence par procuration.

Toutes ces puissances se sont engagées dans l’un ou l’autre des deux principaux camps opposés, même si la mosaïque libyenne est encore plus complexe que cela.

D’un côté, le gouvernement de Tripoli, dirigé par le premier ministre Faïez Sarraj, l’homme de l’ONU et de l’OTAN ; de l’autre, le maréchal Khalifa Haftar, un vieux militaire qui se présente en « sauveur » sur le modèle des « hommes forts » traditionnels du monde arabe ; Il vient de lancer la bataille pour s’emparer de la capitale, Tripoli (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/20/le-marechal-haftar-est-bien-lhomme-fort-necessaire-a-la-libye/).

Et voilà que les enchères montent brusquement. Recep Tayyip Erdogan, menace d’envoyer des troupes en Libye et fait voter en urgence au Parlement, cette semaine, le soutien militaire au gouvernement de…Tripoli. La Turquie est, avec le Qatar, derrière le gouvernement Sarraj. Que voulez-vous, on a les amis que l’on mérite.

De l’autre côté, Haftar est soutenu en argent et en armes, notamment en drones de combat, par les Émiratis, les Saoudiens, les Égyptiens, et par la Russie qui fournit des mercenaires dont les photos circulent sur les réseaux sociaux.

La situation en Libye est devenue le signe le plus évident d’une gouvernance mondiale malade. Les Nations Unies sont paralysées, et l’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, tente en vain de faire aboutir un processus politique dépassé par le bruit des armes. L’OTAN est, comme Emmanuel Macron l’a finement observé, « en état de mort cérébrale« . Quant à l’union européenne, traumatisée à juste titre par les folies de Nicolas Sarkozy, cornaqué par son ami Bernard Henri Levy, en 2011, mais aussi par une sourde rivalité franco-italienne…elle est aux abonnés absents !

Alors, la nature ayant, comme chacun sait, horreur du vide, la Turquie fait monter brutalement les enchères, se mettant au passage à dos certains pays Européens car elle profite de son soutien au pouvoir de Tripoli pour gagner des droits maritimes qui la mettent en opposition à la Grèce et à Chypre dans le conflit larvé des champs pétrolifères de l’Est méditerranéen. Un nouveau signe du jeu provocateur et sans scrupule de la Turquie, électron libre de l’OTAN.

Mais la France a trop d’intérêts en jeu dans cette crise, dont le potentiel de déstabilisation va bien au-delà des frontières libyennes, pour rester passive et ne pas nous entendre (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/02/20/le-marechal-haftar-est-bien-lhomme-fort-necessaire-a-la-libye/). Elle doit en faire la priorité de sa politique vis-à-vis de la rive sud de la Méditerranée.

À défaut, nous ne sortirons pas indemnes des assauts menés par les hordes barbares venues d’Afrique et qui se lancent à la conquête de nos côtes à partir, précisément, de la Libye.

Le 17 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Le sultan d’Istanbul, l’homme malade (très malade) de l’OTAN.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 17, 2019 à 9:57 #

    Terrorisme ! islamisme ! mondialisme !

    Il ne manquerait plus que létincelle nucléaire pour tout faire embraser…

  2. Hervé J. VOLTO décembre 18, 2019 à 8:53 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Selon Valeurs Actuelles
    https://www.valeursactuelles.com/societe/autriche-plusieurs-attentats-islamistes-dejoues-dont-un-sur-un-marche-de-noel-114029?actId=ebwp0YMB8s0EMZLY1WvTN3V1qzzpVLXuLyr5FYI13OrXX7pNSwbpKGq31vnDGVss&actCampaignType=MAIL&actSource=1317

    Trois hommes d’origine tchétchène et influencés par l’Etat Islamique voulaient viser plusieurs lieux symboliques de Vienne mais aussi potentiellement de France ou d’Allemagne.

    En effet, les autorités autrichiennes ont déjoué plusieurs projets d’attentats dans la capitale. Les terroristes voulaient frapper plusieurs points symboliques de la ville entre Noël et le Jour de l’An.

    unitile de préciser que les chancelleries, les ambassades et les consultas sont en alerte…

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