Oublions très vite la COP 25 de Pedro Sanchez.

18 Déc
Appelée de ses voeux avec force prétentions (après le renoncement du Chili) et le fervent soutien de quelques uns de ses amis de l’Union européenne (dont bien sûr Emmanuel Macron), l’organisation, au débotté, par l’Espagne de Pedro Sanchez de la COP 25 (25e conférence des Nations unies sur le climat ) s’avère un fiasco retentissant. Après deux semaines de travail pénible, ladite conférence n’a enregistré aucune avancée significative.

Donc, une COP pour rien. Durant deux semaines, celle qui s’est achevée à Madrid dimanche 15 décembre, a accueilli les témoignages de jeunes du monde entier, inquiets pour leur futur mais surtout électrisés (voire même pour certains hystérisés) par leur pasionaria, Greta Thunberg .

Les petits Etats insulaires, dont on nous dit qu’ils sont menacés de disparition par l’élévation du niveau des océans, ont fait part de leur détresse. Les peuples indigènes amazoniens, victimes de la déforestation, ont alerté sur leur vulnérabilité. Des rapports d’éminents scientifiques sont venus confirmer la fonte irréversible des glaciers si rien ne change. Mais, à l’heure des décisions, ce sommet sur le climat a donné un désolant spectacle d’inaction.

Symbole de cette impuissance, la COP25 s’est terminée dans la douleur, avec quarante-deux heures de retard, laissant le sentiment que la communauté internationale est incapable de se hisser à la hauteur des enjeux, avec des Etats empêtrés dans des querelles sans fin, des marchandages constants, des reculs et des remises en question de l’état de la science.

Certes, tous les pays n’ont pas été des « laggards » (traînards), comme disent les anglophones. Une alliance de petits Etats insulaires et de pays européens, africains et latino-américains a tenté de mobiliser : près de 80 Etats ont montré qu’ils étaient prêts à accroître leurs efforts en 2020, comme les y enjoint l’accord de Paris sur le climat. Les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre pris par les 196 signataires du traité de 2015 mettent en effet la planète sur une trajectoire de 3,2 °C d’ici à la fin du siècle, loin du seuil initial fixé à 2 °C. 

De leur côté, les grands émetteurs que sont la Chine, l’Inde, les Etats-Unis, l’Australie ou le Brésil ont préféré jouer chacun leur propre partition, minant toutes les propositions de consensus d’une présidence de la COP sans poids politique. Sur les sujets centraux, aucune avancée sensible n’a été enregistrée par rapport à la précédente édition alors que les scientifiques martèlent : maintenir le réchauffement à 1,5 °C implique de diviser par deux les émissions d’ici à 2030, soit un changement radical de société.

Alors, certains se rassurent. C’est véritablement à la prochaine conférence, la COP26, qui se tiendra à Glasgow (Royaume-Uni), en novembre 2020, qu’il faudra agir. C’est oublier que, déjà à la COP24, les négociateurs se retranchaient derrière cet argument du « on fera mieux la prochaine fois ».

Ces grands-messes, montagnes qui accouchent d’une souris, ne finissent-elles pas par être contre-productives au regard de l’objectif qu’elles sont censées défendre ? Ces rendez-vous manqués ne sont-ils pas à même de décourager les opinions publiques et de nourrir la défiance démocratique ? Car, faute de résultats tangibles, le piège du fatalisme n’est jamais loin. 

Et, dans ce contexte, que pourra engendrer l’initiative de la nouvelle Commission européenne d’un « green deal » (sic) visant à atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050, afin de permettre une transition écologique radicale du Vieux Continent ?

Pauvre Pedro Sanchez. A part violer les sépultures, il n’a pas beaucoup de succès à son actif !*

Le 18 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Empêtrée dans une instabilité chronique depuis 2015, l’Espagne a connu, depuis, quatre élections législatives en quatre ans.

Pedro Sanchez, arrivé au pouvoir par hasard en juin 2018, est sorti vainqueur mais très affaibli du dernier scrutin du 10 novembre, qui a été marqué par un bond du parti de droite radicale Vox, devenu la troisième force politique du pays.

Le socialiste avait déjà remporté le scrutin précédent du 28 avril mais avait échoué à se faire reconduire au pouvoir, notamment en raison de son incapacité à s’entendre avec la gauche radicale de Podemos. Les socialistes du PSOE sont parvenus cette fois à sceller un accord avec Podemos juste après le scrutin de novembre en vue de former un gouvernement de coalition.

Mais les deux formations restent loin de la majorité à la Chambre des députés, nécessaire à l’investiture de Pedro Sanchez comme chef du gouvernement, et ont besoin de l’appui d’autres partis, dont les indépendantistes catalans d’ERC.

Le PSOE et ERC négocient depuis plusieurs semaines, mais sans succès pour le moment. ERC réclame une négociation avec Madrid sur la crise en Catalogne dans le cadre de laquelle puisse être abordée la question d’un référendum d’autodétermination, ce dont le gouvernement central ne veut pas entendre parler.

Pedro Sanchez, qui espérait initialement être reconduit au pouvoir avant la fin de l’année, ne s’est pas avancé mercredi à donner une date pour la session d’investiture à la chambre des députés.

Depuis le temps que nous affirmons que cet homme n’a aucun avenir politique…

Une Réponse to “Oublions très vite la COP 25 de Pedro Sanchez.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 18, 2019 à 8:00 #

    La gauche a étè humiliée en Grande Bratagne. Elle est en passe de l’être en Espagne. Par contre en France, la Bête remue encore ! Délit d’opinion, ostracisme, intimidations : funeste période pour la droite française…

    Entre la convocation au tribunal d’Eric Zemmour, l’éviction d’Erik Tegnér du parti Les Républicains et le harcèlement de Valeurs Actuelles par l’extrême-gauche, les fêtes de Noël s’annoncent comme des auspices pour des jours meilleurs. Voeux Pieux ?

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :