Saint-Martin : plus ça change et plus c’est la même chose.

19 Déc

Nous ne reviendrons pas sur la situation catastrophique de l’île de Saint-Martin, l’une de nos collectivités territoriales des Antilles, qui fit suite à l’ouragan Irma en septembre 2017. Pas plus que nous ne nous étendrons sur les causes qui ont, jusqu’à ce jour, empêché ce territoire de se relever des destructions subies alors. Car vous trouverez tout cela dans notre article intitulé « Saint-Martin ne se remet pas des violences d’Irma alors que sa jumelle Sint Maarten est redevenue florissante » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/10/01/saint-martin-ne-se-remet-pas-des-violences-dirma-alors-que-sa-jumelle-sint-maarten-est-redevenue-florissante/). Surtout, ne manquez pas de le lire ou de le relire, vous serez édifiés.

En revanche, il nous semble important que vous sachiez qu’en deux ans…rien ne s’est amélioré. RIEN ! Et, ce, malgré les scandaleuses pitreries d’Emmanuel Macron, lors de sa visite de l’île le 29 septembre 2018 :

Depuis jeudi 12 décembre, Saint-Martin est en proie à de graves violences : barrages, véhicules incendiés, pneus et poubelles brûlés, jets de pierres et de cocktails Molotov contre les forces de l’ordre… De nombreux commerces ont baissé leurs rideaux. Mardi 17 décembre, l’île était pratiquement paralysée, les écoles n’étaient pas en mesure de fonctionner et le président de la collectivité, Daniel Gibbs, recommandait aux parents d’élèves de les garder à la maison. En début de matinée, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées devant la gare maritime de Marigot, le chef-lieu de cette collectivité d’outre-mer.

La raison de cette crise ? L’avis favorable donné le 10 décembre par la commission d’enquête publique, constituée à la demande de la préfecture, à la révision du plan de prévention des risques naturels (PPRN), qui définit les zones à risque. Dans ses conclusions, la commission d’enquête souligne le besoin d’« anticiper sur la montée marine du niveau de la mer, (…) les risques de débordement des ravines, (…) l’érosion littorale, les éventuels glissements de terrain… ».

Dans l’ancien PPRN, tout le littoral de la partie française – la partie sud étant rattachée aux Pays-Bas – avait été classé en zone rouge, à l’exception de Baie-Nettlé, Sandy Ground et Grand-Case, à l’ouest, et de Quartier-d’Orléans, à l’est, une des villes les plus pauvres du territoire. Le nouveau plan de prévision étend l’interdiction de reconstruire les bâtiments détruits par l’ouragan dans ces zones. La préfète déléguée de Saint-Martin, Sylvie Feucher, a d’ores et déjà décidé, par arrêté, d’appliquer par anticipation le PPRN pour les constructions neuves, tout en assurant que le processus de validation définitive n’était pas achevé.

Lorsqu’il s’était rendu, en septembre 2018, à Saint-Martin, un an après le passage de l’ouragan Irma qui avait dévasté l’île caribéenne et causé onze morts dans sa partie française, Emmanuel Macron avait demandé une révision rapide du PPRN – le précédent datait de 2011 – pour prendre en compte les conséquences de l’ouragan et mettre un terme à l’anarchie des constructions en zone à risque. N’hésitant pas, au passage, à épingler la responsabilité des élus de ce territoire de 53 km² et un peu plus de 35 000 habitants, devenu collectivité d’outre-mer en 2007 et doté d’une large autonomie. Auparavant, il faisait partie intégrante du département de la Guadeloupe.

La population de ces quartiers rejette massivement, aujourd’hui, les conclusions de la commission d’enquête, dénonçant « un retour à la colonisation ». « Ce sont nos terres, clament les manifestants. Ce n’est pas à eux de décider. » « Ils disent qu’on ne peut pas construire, mais pour aller où ? Est-ce qu’on a des endroits pour mettre cette population ? », interroge Hornec Whit, un responsable associatif interrogé par Guadeloupe la 1re. La colère est vive parmi des habitants par ailleurs en proie à une situation sociale et à une pauvreté innommables. Ils demandent le retrait pur et simple du PPRN, l’arrêt des expropriations sur les terres en bord de mer et l’arrêt des poursuites judiciaires contre les occupants qui reconstruisent ou réparent leur maison détruite par l’ouragan…

Ces gens sont incurables.

Dans une vidéo diffusée lundi soir sur Facebook, la ministre des outre-mer, Annick Girardin, s’est lancée dans une entreprise pédagogique mais avec des propos convenus et donc sans espoir puisqu’elle en appelle à la « responsabilité de tous » et qu’elle prétend que « la violence n’est pas acceptable «  ! C’est à croire qu’elle ne connaît rien aux Caribéens…

 » Notre responsabilité est de prendre des décisions quelquefois impopulaires si elles vont dans le sens de l’intérêt général », a-t-elle précisé. Toutefois, reconnaissant que la consultation sur le projet de PPRN a montré « de nombreux points à modifier et à améliorer », elle annonce que celui-ci sera « corrigé ». Une « mission de dialogue », conduite par l’ancien préfet délégué Dominique Lacroix, va être dépêchée à Saint-Martin au début de janvier 2020.

En face, et comme on pouvait s’y attendre, le président de la collectivité affirme que « La proposition n’est pas à la hauteur des attentes. » Il juge insuffisantes les études d’impact préalables et demande le rejet du projet. M. Gibbs exige un nouveau plan « conçu de manière rigoureuse et concertée, conforme à la réalité sociale, économique et culturelle de notre île ». Vous l’aurez compris, l’essentiel du problème réside dans la  » réalité culturelle « …
Pourtant, l’urgence est là, tout le monde en convient, alors que la prochaine saison cyclonique devrait débuter en juin 2020.

Six mois à peine pour changer des siècles de mauvaises habitudes ? Même pas en rêve !

Le 19 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Saint-Martin : plus ça change et plus c’est la même chose.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 19, 2019 à 9:11 #

    On le voit avec la réforme des retraites : le Président Macron semble disqualifié pour comprendre les problèmes d’une profession. Le problème des retraites qui parait gérée en dépit du bon sens.

    S’il gère comme çà tous les problèmes de l’Etat, y compris celui des collectivité d’Outre-Mer, on n’est pas soriti de l’auberge.

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