C’est Boris qu’il nous faut !

20 Déc

Emmenés par le premier ministre, Boris Johnson, portés par une campagne électorale efficace, sur la promesse mille fois répétée d’un « Get Brexit done ! » (« réalisons le Brexit ! ») le 31 janvier 2020, les conservateurs ont décroché une majorité historique à la Chambre des communes : 365 sièges sur 650. Pas moins de 109 nouveaux élus tory vont prendre place dans la vénérable enceinte (sur un total de 140 députés novices, tous partis confondus). Les voici:

Boris Johnson accueille au Parlement ses 109 nouveaux élus, les Boris’s babies !

Surtout, ils sont parvenus à percer le « mur rouge », le bastion travailliste des Midlands et du nord de l’Angleterre. Grâce notamment à une trentaine de jeunes élus issus des mêmes régions. Jeunes, modernes et d’extraction souvent modeste, ces « Boris’s babies », comme les qualifie déjà la presse conservatrice, apparaissent comme le symbole et le ferment du renouveau à l’œuvre au sein de la droite britannique : à 100 % pour le Brexit, et davantage tournés vers les classes populaires. Très exactement ce qu’il nous faudrait : la sortie de la France des griffes de l’Union européenne (UE) et l’application de la doctrine sociale de l’Eglise !

Ils ont grandi dans la circonscription qui les a élus, sont passés par une école publique et une université régionale. On est très loin du député conservateur type, celui qui a fait tant de mal à Theresa May et refusé si longtemps le divorce avec l’UE : un mâle blanc, bien né, ayant étudié dans un collège huppé (du type Eton ou Harrow) et parfait sa formation politique à Oxford.

Stuart Anderson, lui, a quitté l’école à 16 ans pour l’armée. Grièvement blessé au pied, il s’est reconverti dans la sécurité, ne s’est engagé au sein des tories qu’en 2016. Il a été élu le 12 décembre à Wolverhampton South West, dans l’ex-poumon minier des Midlands. Dehenna Davison est née à Sheffield ; sa mère est infirmière, son père était tailleur de pierre, il a été tué dans un pub quand elle était adolescente. Elle a travaillé dans une société de jeux vidéo, mais a quand même été attachée parlementaire auprès de M. Rees-Mogg pendant un an.

A 24 ans, Sara Britcliffe, la benjamine du groupe parlementaire, a remporté de justesse le siège d’Hyndburn, au nord de Manchester. Jonathan Gullis, 29 ans, était jusqu’à présent professeur de collège à Stoke-on-Trent North, il a même été représentant syndical.

Jacob Young, un ingénieur chimiste de 26 ans, est quant à lui devenu le premier élu conservateur de l’histoire de la circonscription de Redcar. Il y est né, y a étudié et a eu droit à un hommage indirect du premier ministre, le 13 décembre : Boris Johnson s’est félicité de la transformation de « Redcar en Bluecar ». « Les stéréotypes sur les conservateurs ont vécu, a déclaré le jeune homme au Sunday Times. Les élus viennent de toutes les parties du pays, et avec plein de parcours différents. »

S’il reste majoritairement masculin, le Parti conservateur a aussi amélioré la représentation des femmes au sein de son groupe parlementaire, avec 87 élues pour 277 députés hommes, mais il reste loin du Labour en la matière, où les députées ont pris numériquement l’avantage (104 femmes sur 203 élus au total).

Mais ces nouveaux élus, côté conservateurs sont tous d’ardents brexiters et se sont engagés à voter en faveur du Withdrawal Agreement Bill, l’acte législatif inscrivant dans le droit britannique l’accord de divorce avec l’Union européenne. Selon les médias britanniques, Boris Johnson entend le leur soumettre dès vendredi 20 décembre, et dans une version durcie, supprimant la possibilité d’allonger d’un an, au-delà du 31 décembre 2020, la période de transition post-Brexit.

D’où la mise en garde de Tim Bale, professeur à l’université Queen-Mary de Londres, alors qu’un certain nombre d’experts évoquent un possible coup de barre au centre du premier ministre, qui a jusqu’à présent surtout flatté l’aile droite et populiste du parti.

« Les nouveaux élus tory sont plus jeunes et semblent très libéraux sur le plan des mœurs. Mais attention, cela ne veut pas dire qu’ils le seront aussi sur le plan économique. Ce n’est pas parce qu’on est originaire du nord de l’Angleterre que l’on va forcément mener une politique centriste. Pour être sélectionné en tant que candidat au plan local, il fallait être très conservateur et très brexiter », assure le politiste.

Le Parlement devrait être d’autant plus polarisé que l’essentiel des prétendus modérés (ceux qui auraient bien décidé d’un nouveau référendum en espérant, cette fois, le rejet du Brexit), côté tories, ont perdu leur mandat. Ils ont préféré ne pas se représenter (Ken Clarke, Rory Stewart, Guto Bebb) ou ont été sèchement battus après avoir concouru en temps qu’indépendants (Dominic Grieve, David Gauke).

Matthew Goodwin, professeur de politique à l’université du Kent, estime quand même que « le groupe conservateur sera davantage conscient de la nécessité de parler aussi fortement aux classes populaires qu’aux classes moyennes. Le parti est engagé dans un processus de réalignement, et les travaillistes ont du coup du souci à se faire ».

La reine Elizabeth et le prince de Galles, jeudi 19 décembre à Westminster

Jeudi 19 décembre, lors du discours de la reine ouvrant officiellement la session parlementaire, Boris Johnson a d’ailleurs confirmé l’injection de 20 milliards de livres sterling (24 milliards d’euros) en plus sur cinq ans pour le système de santé national et des « milliards » pour les infrastructures du nord de l’Angleterre, où les transports en commun ont été délaissés. Un signal clair en direction des classes populaires, en rupture avec la politique d’austérité des conservateurs depuis 2010. « Vous allez changer notre parti et aussi tout notre pays, pour le meilleur », a déclaré Boris Johnson en accueillant ses 109 nouveaux élus, lundi à Westminster.

Il n’y a plus de doute, en France, c’est Boris Johnson qu’il nous faut !

Le 20 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “C’est Boris qu’il nous faut !”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 20, 2019 à 1:30 #

    Boris a réussi là où Thérésa a échoué.

    -Un signal clair en direction des classes populaires, en rupture avec la politique d’austérité des conservateurs depuis 2010. « Vous allez changer notre parti et aussi tout notre pays, pour le meilleur », a déclaré Boris Johnson en accueillant ses 109 nouveaux élus, lundi à Westminster, a écrit très pertinamment pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

    Oui, celà s’applique plus que jamais à la France. Et c’est bien un Boris Johonson Franççais qu’il faudrait à la France…

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