Avant que l’année 2019 s’achève…

27 Déc

…Il est très important que vous compreniez comment fonctionne le peuplement de notre pays par des migrants africains illégaux et, par voie de conséquence, comment s’installe le « Grand Remplacement » de la population française de souche. C’est simple comme bonjour !

Après six mois et six jours sur le piquet de grève devant l’agence Chronopost d’Alfortville (Val-de-Marne), Sekou, Demba et sept autres travailleurs sans-papiers subsahariens, qui déchargeaient les camions de colis de l’opérateur, sont soulagés. Ils ont obtenu, le 17 décembre, leur « admission exceptionnelle au séjour » en France, indique la préfecture du Val-de-Marne. Ils sont donc régularisés. Venus d’Afrique par les moyens habituels trans-méditerranéens (!), ces travailleurs avaient été recrutés, racontent-ils, en présentant les papiers d’un ami ou d’un cousin en règle, un « alias »*, par Mission intérim, une société esclavagiste de travail temporaire à Créteil, pour le compte d’un sous-traitant de Chronopost, Derichebourg.

Un montage en cascade qui dilue les responsabilités et permet d’exploiter les sans-papiers. Ces neuf régularisations viennent s’ajouter à celles obtenues par cinq de leurs collègues début décembre. « Je suis content, sourit Demba, un travailleur sénégalais régularisé, mais pas à 100 %. » Car 13 autres travailleurs sont encore dans l’attente. Alors la lutte continue. Mais ils ne désespèrent pas de parvenir à leurs fins.

Une lutte très visible à Alfortville. De part et d’autre du trottoir qui longe le site de Chronopost, la filiale de La Poste qui livre des colis express, des dizaines de tentes vertes sont alignées, recouvertes de bâches bleues. A un bout du camp se trouvent quatre Sanisettes, financées par la mairie d’Alfortville (PS). A l’autre bout, un barnum chauffé en cas de besoin, fourni par le conseil départemental (PCF). Ils sont environ 120 sans-papiers à vivre sur place, dont 27 qui affirment avoir travaillé sur le site de Chronopost.

Le campement Chronopost d’Alfortville (94)

Même régularisé, Sekou, un Malien de 29 ans qui a travaillé vingt mois chez Chronopost entre 2016 et 2018, « ne veu[t] pas quitter le camp tant que la situation des 13 autres n’est pas débloquée. Il est plus important d’obtenir des papiers que d’avoir un travail sans papiers », estime-t-il. Vous avez compris pourquoi ? Nous vous le disions, c’est simple comme bonjour.

A partir de 3 heures 30 ou 4 heures 30 du matin, jusqu’à 7 heures 30, ils déchargeaient les camions chez le logisticien. « Il fallait aller le plus vite possible », raconte l’un d’eux. Pour se faire remarquer le moins possible…Mais le 11 juin 2019, ils ont dit stop. Stop à leur précarité, qui permettait aux chefs d’équipe de « leur mettre la pression en permanence, sous la menace de les remplacer par d’autres sans-papiers », ajoute un militant d’association immigrationniste. « Toutes les heures n’étaient pas payées, raconte Demba. Mais si tu réclames, tu es viré. » Mais tout cela porte un nom, bien connu par exemple Outre-Rhin : le dumping social.

Sachez quand même que, pour être régularisés, les sans-papiers ont besoin de fiches de paie ou, au moins, d’une promesse d’embauche ! Or, ces fiches de paie ne sont jamais à leur nom mais à celui de leur alias*. Dans ce cas, il leur faut obtenir de leur employeur une « attestation de concordance » d’identité, confirmant que la personne qui demande des papiers est bien celle qui a travaillé. Mais aucune attestation n’a été délivrée par Mission intérim.

Voyant la situation s’enkyster, le préfet du Val-de-Marne s’est engagé « à examiner les situations au cas par cas, indique son directeur de cabinet, Sébastien Lime. Les situations personnelles, les éléments matériels permettant de conclure à la réalité de l’exercice professionnel, comme des SMS, sont pris en compte. »

Qui est responsable de cette situation ? Mission intérim dit n’avoir « rien à communiquer ». Selon les travailleurs, elle était pourtant au courant du recours aux alias. « J’ai présenté les papiers de mon cousin, indique Sekou. A l’agence d’intérim, la personne qui m’a reçu m’a dit : OK, ce n’est pas vous, mais je ne suis pas la police. Et on m’a inscrit. » Cela aussi porte un nom : faux en écriture.

Quant à Chronopost et Derichebourg, elles nient que des sans-papiers aient travaillé pour leur compte. Derichebourg affirme « vérifier que les personnes qui travaillent sur le site, qu’elles soient salariées de notre entreprise ou intérimaires, sont bien celles qui ont le contrat de travail ». Chez Chronopost, on se dit même « victime collatérale » des pratiques de recours à un alias en étant « désigné à tort comme le fautif ».

« Pour nous, la responsabilité revient à Chronopost et à La Poste, estime Jean-Louis Marziani, secrétaire adjoint de Solidaires Val-de-Marne. Dès le 11 juin, SUD-PTT alerte La Poste en dénonçant un système de sous-traitance en cascade avec des sans-papiers. Nous avons lancé beaucoup d’autres alertes, y compris à l’inspection du travail. On a demandé une audience au ministère du travail. On n’a pas été reçus. » 

« Chacun se renvoie la balle depuis des mois, il y a une sorte d’omerta sur cette question », déplore Luc Carvounas, député PS du Val-de-Marne, soutien du mouvement depuis le début, et qui « demande au gouvernement : que faites-vous contre ces grandes entreprises qui entretiennent l’esclavage moderne pour tirer leurs coûts à la baisse et démultiplier leurs dividendes ? »

Il est bien temps de reprendre les arguments du CER, publiés depuis bientôt huit ans ! Surtout quand c’est après avoir applaudi les navires négriers qui traversent la Méditerranée.

Mais ce n’est pas tout. Car, après ce succès, viendra l’inéluctable étape suivante : LE REGROUPEMENT FAMILIAL. Et, pour le gouvernement, le tour est joué. C’est gagnant-gagnant !

Ces gens sont des salauds. 

Ils faudra les pendre.

Le 27 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* Lire :

Une Réponse to “Avant que l’année 2019 s’achève…”

  1. Danny décembre 27, 2019 à 3:35 #

    Cas (parmis tant d’autres) parfaitement représentatif.
    Pour l’avoir vécu (subit) plusieurs fois, le dumping social est une (triste) réalité.

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