Jeff Koons l’imposteur.

27 Déc

L’un des fleurons de  » L’art comptant pour rien « , le plasticien et prétendu artiste américain Jeff Koons, protégé de quelques milliardaires spéculant sur des cotes artificielles, surfaites mais tellement lucratives, est un imposteur. Mais qui en douterait encore ?

Versailles 2008

De l’innommable exposition  infligée au château de Versailles en 2008 au ridicule bouquet de tulipes géant imposé à la ville de Paris il y a peu en passant, pour ne citer que lui, par l’ignoble chien gonflable si cher (très cher) à François Pinault, il n’a cessé de bénéficier de la complicité des apologistes de l’art financier du monde entier. Et pourtant…

Cet homme est un filou.

Déjà condamné à plusieurs reprises pour plagiat, la Cour d’appel de Paris a confirmé un jugement de 2017 qui condamnait la société Jeff Koons LLC et le Centre Pompidou – où l’œuvre devait être exposée –, à verser 20 000 euros de dommages et intérêts au titre de préjudice moral et patrimonial aux ayants droit du photographe Jean-François Bauret. La société Jeff Koons LLC devra également payer 4 000 euros à la famille du photographe pour avoir reproduit l’œuvre litigieuse sur son site Internet.

Cette sculpture en porcelaine, d’un peu plus d’un mètre de haut, représente deux enfants nus debout : un garçonnet offre délicatement quelques fleurs à une petite fille aux longs cheveux. Jeff Koons a ajouté quelques éléments kitsch de décor, dont un socle en forme de cœur constellé de fleurs. La pose des enfants est rigoureusement identique dans les deux œuvres.

Me Stéphanie Legrand, avocate des ayants droit de Jean-François Bauret, s’est félicitée, dans un entretien à l’AFP, que « la responsabilité du Centre Pompidou » ait été « retenue ». A ses yeux, la direction de l’établissement « avait tenté de se dédouaner, mais les musées doivent être vigilants avant d’exposer, surtout avec le passif de Koons dans le domaine de la contrefaçon ». Quoi qu’il en soit, cela prouve que les institutions sont impliquées dans la mystification de nos contemporains en matière artistique.

Le prétendu artiste – dont Le Bouquet de Tulipes a été inauguré en octobre, après bien des polémiques, dans les jardins des Champs-Elysées à Paris – a fait face lors de sa carrière à de multiples accusations de plagiat. « C’est en effet la troisième décision rendue en France contre l’artiste américain », a souligné Jean Aittouares, avocat du publicitaire Franck Davidovici. Ce dernier avait créé, en 1985, un visuel pour une campagne de publicité appelée Fait d’hiver pour la marque de prêt-à-porter Naf Naf. Il y représentait une jeune femme allongée dans la neige secourue par un petit cochon portant à son cou un tonnelet de saint-bernard.

Jeff Koons, Bouquet de tulipes

En 2018, Jeff Koons a été condamné pour « contrefaçon » pour avoir copié, en 1988, sous forme de sculpture portant le même nom, Fait d’hiver, ce cliché. Le plasticien américain avait ajouté, là encore, quelques éléments de décors, comme des petits pingouins, et avait dévêtu la mannequin aux cheveux courts et bruns, lui faisant porter un simple haut en résille noire à la place d’une doudoune. « Des différences minimes », selon le Tribunal de grande instance de Paris, pour qui « la contrefaçon était constituée », d’autant plus que Jeff Koons n’avait pas demandé l’accord du photographe pour modifier son visuel.

En 1992, il a été condamné aux Etats-Unis pour sa sculpture String of Puppies, qui plagiait, là encore, le cliché d’un photographe. Un an plus tard, nouvelle condamnation pour avoir représenté sans autorisation Odie, un personnage de la série Garfield dans Wild Boy and Puppy. En 2017, les internautes ukrainiens s’étaient déchaînés contre lui, car il avait présenté à New York une sculpture gonflable représentant une danseuse assise, copie quasiment conforme d’une figurine d’une sculptrice ukrainienne décédée en 1993.

Le clébard de Koons à Versailles, en 2008

Faisant souvent fi du droit d’auteur, Jeff Koons justifie cette transgression du droit en parlant avec le plus grand culot d’« art de l’appropriation ». Les œuvres pour lesquelles il a été condamné appartiennent à la série Banality, dont le principe consiste à créer une œuvre à partir d’objets achetés dans le commerce ou publiés dans la presse. Des citations certes, mais illégales et qu’il parvient à vendre de véritables fortunes.

Et dire qu’il y a des acheteurs pour ces arnaques…

Le 27 décembre 2019.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Jeff Koons l’imposteur.”

  1. Hervé J. VOLTO décembre 28, 2019 à 4:04 #

    Jeff Koons l’imposteur ?

    Les imposteurs sont ceux qui lui donné les autorisations d’exposer ses merdes à Versailles…

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