La scandaleuse privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.

1 Jan

Nous l’avions écrit il y a quelques jours, « L’année finira comme elle a commencé : mal » (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/12/26/lannee-finira-comme-elle-a-commence-mal/). Nous parlions certes de l’inépuisable sujet de l’immigration. Mais ne croyez pas que ce soit mieux dans d’autres domaines des affaires publiques.

Ainsi, un nouveau scandale refait surface sur le plan économique et après que nous l’ayons déjà évoqué il y a plus de cinq ans. Il s’agit de la vente de l’aéroport de Toulouse-Blagnac au groupe chinois Casil, avec la complicité de l’Etat français. (Lire « Un mensonge d’Etat ? » : https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2014/12/09/bulletin-climatique-quotidien-9-decembre-2014de-la-republique-francaise/).

 

Le groupe chinois avait acquis l’aéroport, en 2015, après sa privatisation, pour un montant de 308 millions d’euros. Une misère. À l’époque, l’opération avait suscité la polémique, les responsables des collectivités locales accusant Casil de chercher uniquement à maximiser ses dividendes au détriment des réserves financières de l’aéroport. De son côté, Casil a régulièrement mis en avant ses travaux de développement du site où passent quelque 10 millions de passagers annuels, soulignant y avoir investi 84 millions d’euros alors que son contrat n’en imposait qu’une soixantaine.

Or il se trouve que nous avions raison puisque le groupe français Eiffage a conclu, lundi 30 décembre, le rachat pour presque 500 millions d’euros des parts du groupe chinois dans l’aéroport du Sud-Ouest, le troisième du pays en matière de fréquentation. Soit une plus-value de près de 200 millions d’euros pour les Chinois !

Signe de ces tensions : l’Etat français avait annoncé l’an passé qu’il allait conserver une part minoritaire – environ 10 % –, sur laquelle Casil détenait pourtant une option. A l’automne, les actionnaires locaux avaient encore évoqué une « gestion strictement mercantile et à court terme » de la part du groupe chinois.

« Nous sommes persuadés qu’Eiffage saura conjuguer sa compétence dans la gestion d’infrastructures de transport et sa connaissance de l’environnement économique local pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire d’ATB, dans la continuité du fort développement que nous avons initié depuis 2015 », a déclaré sans rire lundi Mike Poon, président de la branche européenne de Casil, cité dans un communiqué du groupe.

Pour Eiffage, cette acquisition s’inscrit dans une stratégie de développement dans les aéroports, proche de celle déjà menée depuis des années par son concurrent Vinci. Ce dernier se développe notamment à l’étranger avec des acquisitions importantes, comme celle de l’aéroport londonien de Gatwick pour quelque 3 milliards d’euros. De son côté, Eiffage s’est pour l’heure concentré sur des aéroports régionaux en France. A Toulouse, Eiffage « entend se positionner en partenaire de long terme de ses coactionnaires au service du développement de l’aéroport », a-t-il promis lundi.

La volte-face de Casil avait relancé, l’an dernier, des discussions politiques quant au choix de privatiser l’aéroport de Toulouse, pourtant très rentable. Des débats d’autant plus nourris que l’actuel gouvernement a engagé le processus de privatisation de Groupe ADP (anciennement Aéroports de Paris), exploitant de Roissy et Orly. Eiffage, qui a déjà pris le contrôle de l’aéroport de Lille-Lesquin, a explicitement exclu de racheter Groupe ADP.

Ces affaires démontrent d’une part la collusion des pouvoirs publics français avec les affairistes du monde entier (ainsi que nous l’avons vu, par exemple, avec la triste affaire de la vente d’Alstom à l’américain General Electrichttps://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/09/la-justice-sinteresse-enfin-a-la-vente-dalstom-a-general-electric/) et d’autre part la nécessité de nous opposer aux projets de notre actuel gouvernement de se défaire, pour des motifs financiers de court terme, des bijoux de famille de notre pays.

Sur ce dernier point, l’année 2020 s’annonce déjà riche en combats patriotiques…

Le 1er janvier 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “La scandaleuse privatisation de l’aéroport de Toulouse-Blagnac.”

  1. Hervé J. VOLTO janvier 1, 2020 à 3:26 #

    Mais où sont les Pinault et les Arnault ? Pourquoi vendre à des chinois ?

  2. Hervé J. VOLTO janvier 1, 2020 à 3:30 #

    C’est comme le château de Campigny-Sur Vaude… pourquoi l’avoir vendu un temps à des japonais pilleurs de tombes et de vielles pierres et puis aujourd’hui à des américains, certes plus respectueux, mais qui ne connaissent pas nos traditions Françaises ?

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