Grande-Synthe : l’échec cuisant de Damien Carême.

6 Jan

Nos articles consacrés à l’implantation de migrants à Calais puis sur l’ensemble de la Côte d’Opale, avec la complicité de Nicolas Sarkozy, François Hollande et Emmanuel Macron…ne se comptent plus tant ils sont nombreux ! (notre moteur de recherche vous en fera la démonstration). Mais nous voudrions aujourd’hui braquer nos projecteurs sur le cas tout particulier de la malheureuse ville de Grande-Synthe (Nord) et de son ex-maire, Damien Carême, qui fut l’un des principaux artisans de l’accueil des migrants dans la région mais qui, devant les dévastations qu’il y ont opérées et son incapacité à protéger ses concitoyens, préféra abandonner sa mandature, la queue entre les jambes, pour une de ces prébendes que les milieux politiques réservent aux « meilleurs d’entre eux » : un poste de député au Parlement européen… 

Blason de Grande-Synthe (la mal armée…): d’azur à la fleur de lys d’or (qui rappelle son retour à la France au XVIIIe siècle), au chef d’argent chargé d’un lion léopardé de sable (qui rappelle la châtellenie de Bergues dont elle dépendait).

Voici, pour votre information, une sélection de quelques-unes de nos publications concernant Damien Carême et sa bonne ville de Grande-Synthe :

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2015/10/16/bulletin-climatique-quotidien-16-octobre-2015de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/10/28/bulletin-climatique-quotidien-28-octobre-2016-de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2016/11/25/bernard-cazeneuve-leur-a-chipe-leurs-jouets/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/02/20/bulletin-climatique-quotidien-20-fevrier-2017-de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2017/04/13/bulletin-climatique-quotidien-13-avril-2017-de-la-republique-francaise/

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/?s=Grande-Synthe&submit=Recherche

https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/06/06/billet-dhumeur-du-sieur-du-plessis-il-faut-appeler-un-chat-un-chat/

 

Aujourd’hui, Grande-Synthe se meurt et son nouveau maire depuis six mois, Martial Bayert, l’ancien premier adjoint de Damien Carême, est aux abonnés absents face à la tragédie initiée par son prédécesseur. Même son prénom prometteur ne lui est plus d’aucun secours ! Pourquoi ?

Passé du Parti socialiste à Europe Ecologie-Les Verts (EELV), maire de 2001 à 2019, M. Carême avait fait de l’accueil des migrants un marqueur particulièrement démonstratif et mené une politique unique en son genre, dans cette ville littorale devenue depuis près de quinze ans une métastase migratoire vers l’Angleterre . L’édile collabo avait fait de sa ville un refuge et un symbole de tout ce que notre pays peut engendrer de folie idéologique. Depuis sa succession, cet héritage semble heureusement voler en éclats sans pour autant résoudre le problème de fond du flux migratoire lancé à l’assaut de notre pays comme de l’Europe.

M. Carême n’avait pas hésité à engager un bras de fer avec l’Etat en ouvrant, avec ses complices de Médecins sans frontières (MSF)*, en mars 2016, le premier prétendu « camp humanitaire » pour réfugiés de France, afin d’y accueillir plus d’un millier de migrants. Le maire mettait volontiers en scène son engagement. Il avait appelé les maires de France à ouvrir des centres d’accueil dans leur commune, faisant fi de ceux qui y voyaient un risque d’appel d’air. C’est d’ailleurs ce qu’il na pas manqué de se produire.

« Tant pis si ces décisions dérangent, écrivait M. Carême dans son livre autobiographique autant que mégalomane paru en 2017, « On ne peut rien contre la volonté d’un homme » [Stock]. La presse me présente comme le maire des migrants et je suis fier d’avoir rendu un peu de dignité à ces femmes et ces hommes qui dormaient dans la boue sur ma commune. (…) J’ai rappelé aux Grand-Synthois que la solution choisie pouvait nous grandir aux yeux de tous ceux qui nous observent. » Tu parles !

Et voilà le résultat :

Des centaines de migrants ont trouvé refuge dans cet ancien hangar de la Linière, à Grande Synthe, le 30 décembre 2019.
Des centaines de migrants ont trouvé refuge dans cet ancien hangar de la Linière, à Grande Synthe, le 30 décembre 2019. 

La suite s’était moins bien passée. Confronté à une saturation de ses capacités et à des tensions croissantes – notamment dues à la présence de réseaux de passeurs développés par les circonstances rendue plus favorables –, le camp avait été ravagé par un incendie en avril 2017. M. Carême avait alors, à l’hiver suivant, ouvert un gymnase pour y mettre à l’abri d’une tempête de neige une centaine de migrants. Il avait réitéré l’opération à l’hiver 2018, cette fois sans obtenir le soutien de l’Etat. Selon le même principe du chantage.

Et, à quelques mois des municipales, la tension entre M. Carême et son successeur est montée d’un cran. L’ancien maire a choisi de soutenir une liste dissidente, contre son ancien premier adjoint. Dans son bureau, ce dernier se défend d’avoir fait de Grande-Synthe une ville moins accueillante. Elle l’est « ni plus, ni moins qu’avant », estime M. Beyaert. Dans un exercice d’équilibre inconfortable lié à ce lourd héritage idéologique, le socialiste de 47 ans, qui brigue une réélection, tente de s’inscrire dans la continuité d’une politique qu’il a accompagnée, tout en s’affranchissant d’un prédécesseur qui l’a désavoué.

En septembre, l’élu a signé, au côté de douze autres maires, l’appel dénonçant la « situation indigne » des campements de migrants. « Mais depuis, on ne l’entend plus et il ne fait rien », considère Claire Millot, de l’association immigrationniste Salam, qui distribue des repas à Grande-Synthe et Calais. « On a eu deux contacts à son arrivée mais depuis, c’est silence radio, malgré nos relances et alors qu’on avait de bons contacts avec l’ancienne équipe », prétend un certain Karim, membre de l’association locale Solidarity Border (en Anglais dans le titre, sans doute pour mieux évoquer la volonté de traverser la Manche de beaucoup de ces migrants !).

Près du site de l’ancien camp humanitaire réduit en cendre par les migrants eux-mêmes, sous des hangars éventrés et abandonnés qui servaient autrefois de lieux de stockage de lin, des centaines d’entre-eux campent aujourd’hui dans des tentes, au milieu des gravats de béton et des ordures. Rappelant ainsi les bidonvilles si communs dans leurs pays d’origine.

Tous ont l’Angleterre en ligne de mire. « Parce que le système y est meilleur », se sont laissé convaincre Hedi et Truska, un couple d’Iraniens originaires de la région de Sardasht. « Parce qu’il y a beaucoup de travail », assure Falah, originaire de Souleimaniye, la deuxième ville du Kurdistan irakien, et qui a des amis « livreurs, barbiers, employés de restauration ou encore laveurs de voiture »en Angleterre (surtout, ne manquez pas de relire cet article: https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/12/06/les-esclavagistes-a-loeuvre/). En l’espace d’un mois, l’homme de 25 ans dit avoir déjà tenté onze fois de se cacher dans des camions pour passer outre-Manche.

Outre ces hangars, le tout proche bois humide du Puythouck abrite aussi des campements. En octobre, la ville a fait installer à proximité une benne à ordures ainsi qu’une auge métallique surmontée de quelques robinets d’eau. Reza et Farad s’y rendent tous les soirs pour remplir des bidons afin de se laver et cuisiner. « Il n’y a pas de toilettes ni de douche », fait remarquer Claire Millot.

Un jeune Kurde se lave les cheveux au seul point d’eau mis à disposition des personnes migrantes, à Grande Synthe, le 30 décembre 2019.

Anne Peny, secrétaire générale de la sous-préfecture de Dunkerque, ose parle pourtant d’une « situation maîtrisée (sic)» et estime que 300 personnes migrantes se trouvent actuellement à Grande-Synthe (en réalité, ils sont beaucoup plus nombreux).D’ailleurs, « Les arrivées augmentent, on est autour de 800 personnes. Voire d’un millier. », croit plutôt Karim, de Solidarity Border. Une évaluation que ne dément pas le maire. Ces chiffres approchent ceux atteints à l’automne, lorsque un millier de personnes campaient à l’intérieur et surtout autour d’un gymnase mis à disposition par l’ancien maire. Le site avait alors été évacué et les gens mis à l’abri.

Aujourd’hui, et malgré l’hiver, Martial Beyaert n’a pas l’intention de rouvrir un lieu semblable. « C’est à l’Etat de prendre ses responsabilités », se justifie-t-il. Beaucoup y voient la preuve d’une rupture avec la politique menée jusque-là. L’élu revendique d’ailleurs le fait d’avoir pris le contre-pied de son prédécesseur en « reprenant contact avec les services de l’Etat », dès son élection le 3 juillet.

« Avec M. Beyaert, on est revenu à des relations normales, constructives et appréciées de part et d’autre », souligne Anne Peny. « Le préfet de région a pris le pouvoir grâce à un maire plus conciliant », estime plutôt Olivier Caremelle, ancien directeur de cabinet de M. Carême. « Une stratégie à la calaisienne est en train de se déployer », ajoute-t-il, en référence aux opérations quotidiennes de démantèlement de campements menées par les autorités dans la ville voisine de 30 kilomètres, dans le but d’en chasser les migrants, qui reviennent pourtant aussitôt les opérations de police achevées.

Les détracteurs du nouveau maire veulent aussi pour preuve du changement de ligne les opérations municipales de déboisage dans la zone du Puythouk pour empêcher, selon eux, les migrants de s’installer. Par ailleurs, depuis plusieurs semaines, la police municipale chasse ceux qui s’abritent sous quelques ponts de la ville. « [Le maire] a même été demander au service technique de la ville d’évaluer le coût de la pose de grilles », assure un ancien proche de M. Carême, qui y voit une « stratégie purement électorale », à trois mois des municipales.

Sous l’un de ces ponts, un groupe de Syriens s’apprête justement à passer la nuit. « La police vient tous les matins et nous donne des coups de pied pour nous réveiller et nous dire de partir », assure Wael. Lui a un frère qui vit depuis six ans en Grande-Bretagne.

« Moi aussi, je dénonce les accords du Touquet [traité franco-anglais relatif à la surveillance de la frontière, signé par Nicolas Sarkozy alors ministre de l’intérieur], mais ce sont des grandes paroles… S’il y avait une recette magique, ça se saurait, et force est de constater que [Damien Carême] n’a pas réussi sur ce dossier, se défend pourtant M. Bayert. On a toujours eu des camps de la honte. »

M. Beyaert regrette aussi que « les solutions d’accueil [proposées par l’Etat] se fassent en dehors de la bande littorale », poussant les migrants à les refuser. « Nous faisons des mises à l’abri quotidiennes, de dix, vingt ou trente personnes, mais nous avons des refus trop régulièrement », prétend la secrétaire générale de la sous-préfecture de Dunkerque. Alors que cette représentante des pouvoirs publics devrait tout simplement oeuvrer pour l’expulsion de ces intrus plutôt que leur « mise à l’abris« …

Et ce sera ainsi tant que le chef de l’Etat ne se résoudra pas à l’expulsion systématique, radicale et définitive de tout migrant ayant pénétré illégalement sur le territoire national. Les solutions pour y parvenir existent, il suffit d’avoir le courage de les mettre en oeuvre.

Il paraît qu’ « On ne peut rien contre la volonté d’un homme« , a d’ailleurs écrit Damien Carême !

Le 6 janvier 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

 

* L’ONG prétendument humanitaire bien connue qui participe à l’exploitation des navires négriers de SOS-Méditerranée dans le transfert des migrants de Libye en Europe.

Une Réponse to “Grande-Synthe : l’échec cuisant de Damien Carême.”

  1. Hervé J. VOLTO janvier 6, 2020 à 5:29 #

    À Strasbourg, ils ont voulu lyncher les pompiers !

    À Strasbourg une cinquantaine d’individus ont attaqué des pompiers : lapidation du camion, coups de barres de fer, tentative de lynchage. Témoignage de Cédric Hatzenberger, secrétaire général FO – SDIS Bas-Rhin.

    Est-ce vraiment bien de les acuueillir en masse comme çà ?

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