Paris ou Bidonville-sur-Seine.

15 Jan

Au nord de Paris, malgré…soixante évacuations déjà opérées depuis 2015, les campements de migrants se reconstituent aussi vite qu’on les supprime. Mais en pire puisqu’ils deviennent aujourd’hui d’authentiques bidonvilles avec quelques « commodités » dont vous pouvez imaginer les conséquences pour les riverains et où vivent plus de 2 000 personnes (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/12/10/que-sont-devenus-les-migrants-evacues-du-nord-de-paris-le-7-novembre-dernier/).

Du campement éphémère

au bidonville enraciné

C’est la « Ville lumière » !

Des bâches en plastique épais, des grilles de chantier, des portes en bois, des palettes… porte d’Aubervilliers, au nord de Paris, près d’une centaine de cabanes ont été érigées avec des matériaux divers, aux côtés de quelque 700 tentes, sur un sol boueux et glissant, jonché de déchets. Le campement, éclaté à divers endroits qui bordent le périphérique et dans lequel vivent une majorité de migrants prétendument demandeurs d’asile, a pris des airs de bidonville. « Les campements du nord de Paris seront évacués avant la fin de l’année », avait pourtant promis le gouvernement, lors de la présentation de son plan « pour améliorer notre politique d’immigration, d’asile et d’intégration », le 6 novembre. Mais la mobilisation des effectifs de police sur le mouvement contre la réforme des retraites et l’anniversaire des « Gilets jaunes », semblent avoir grevé cette ambition.

« Il n’y a jamais eu un campement parisien qui reste aussi longtemps, de façon aussi cachée et marginalisée, s’alarme Louis Barda, coordinateur de Médecins du monde à Paris. Il y a un niveau de violence et de trafic qu’on a rarement connu. » Les incidents rapportés, tels que des bagarres, des menaces, des incendies de tentes, sont réguliers. « La situation est dramatique », confirme une source à la Mairie de Paris. « Il a des lieux où nos équipes ne vont pas », ajoute Pierre Henry, de France Terre d’asile (FTDA). Même s’il est vrai que de nombreux migrants toxicomanes, en mal de paradis artificiels et toujours en quête d’eldorado, accroissent les dangers.

D’après le décompte effectué par l’association, le 7 janvier, environ 2 000 personnes se trouvent à cet endroit de la capitale, auxquelles s’ajoutent entre 300 et 500 personnes installées porte de La Villette, non loin, dans un campement plus récent, dont l’apparition est liée à l’évacuation d’un précédent campement porte de la Chapelle et à Saint-Denis, le 7 novembre, et qu’une présence policière empêche de se reconstituer.

L’évacuation du 7 novembre avait aussi eu pour effet de déplacer la population de la « colline du crack », ainsi nommée du fait de la présence d’usagers de drogue. « Aujourd’hui, les deux publics se mélangent porte d’Aubervilliers », remarque Louis Barda. Conséquence de cette promiscuité, « la traumatologie augmente beaucoup dans notre clinique mobile, note M. Barda. On n’arrête pas de soigner des gens qui ont pris des coups suite à des bagarres à l’arme blanche ».

L’installation du campement dans la durée renforce en outre la vulnérabilité des personnes. Le 5 décembre, un jeune Afghan de 21 ans est décédé après avoir chuté du pont du périphérique de la porte d’Aubervilliers.  « Plus on avance dans le temps, plus les impasses sont fréquentes pour les personnes qui ont eu des parcours compliqués en Europe et échouent chez nous. Cela se retrouve dans l’accès à l’hébergement et aux soins », poursuit M. Barda. Parmi les 1 600 personnes évacuées début novembre porte de la Chapelle et à Saint-Denis et mises à l’abri par l’Etat, « la plupart ont quitté volontairement leur hébergement », indique la préfecture d’Ile-de-France.

« Nul doute qu’il y aura de nouveau des campements, dit-on à la Mairie. Vu qu’on ne règle pas le problème des “dublinés” », ces demandeurs d’asile dont les empreintes ont été enregistrées dans un autre Etat membre de l’Union européenne et qui, selon le règlement de Dublin, ne peuvent déposer une demande d’asile en France, sauf à attendre un délai de six à dix-huit mois. Une situation administrative qui nourrit l’errance de ces personnes et leur vie à la rue alors qu’ils ne devraient plus être en France depuis longtemps. Mais la lâcheté des pouvoirs publics entretient le phénomène.

D’après plusieurs sources, une évacuation de la porte d’Aubervilliers pourrait intervenir fin janvier. Elle ne serait guère que la soixante-et-unième…pour rien.

C’est hélas la France aujourd’hui. Jusqu’à ce qu’elle cesse d’exister.

« Si Macron est élu…c’est cinq ans de foutus »

Le 15 janvier 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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