QUELQUES NOTES SUR LES PREMIERS ORDRES DE CHEVALERIE DU ROI DE FRANCE

19 Jan
Louis XI instituant l’ordre de Saint-Michel
Un Ordre de Chevalerie est une puissance Christique, dispensant à ses membres l’initiation, la consécration et l’investiture de la Chevalerie, distribuant aux Chevaliers et à leurs cercles d’influence les lumières et les forces sourdant de l’iimmuable tradition de la garde de l’Eglise et de la défense de la Chrétienté, assumant en son vivant esprit l’honneur de la Catholicité, au service de la gloire de N.S. Jésus-Christ et de l’établissement ici-bas de Son Royaume.
L’insitution Chevaleresque a pu disparaître en France 1830, mais le Chevalier subsuite, non seulement dans la littérature occidentiale du Moyen-Age, mais aussi dans toutes les littératures modernes. L’idée du Chevalier subsiste, en dehors mme de l’Histoire, est un élément de la culture chrétienne. Le type du gentilhomme, qui sert de façon désintéressée, en est issue.
L’histoire des Ordres de  Chevalerie commence avec Hugues Capet. A l’issue de l’élection de Senslis, se fait jour dans l’esprit du nouveau Roi l’idée d’une milice Royale ayant pour but de contraster les féodaux rebels des temps Carolingiens finissants. La cavalerie lourdement armée, avec homme en armure qui combat avec la lance ou l’épée, fait partie de l’appareil militaire Carolingien. Le Roi et chaque féodal possèdent chacun sa propre cavalerie.
Selon certains historiens, la milice Chevaleresque créée par Hugues Capet dès 987 aurait été constituée en un Ordre de la Couronne Royale, à moins que ce dernier fut un de ces Ordres imaginaires qu’a trops souvent créé l’imagination des anciens héraldistes. C’est cet Ordre qui aurait été envoyé en Espagne pour secourir le Comte de barcelone assiégé par les sarrazins. Profitant de la nécessité de devoir se rendre lui-même Outre-Pyrénées, Hugues Capet, alors agé de quarante-cinq ans, aurait alors proposé aux grands du Royaume de faire Sacrer son fils Robert, agé de vingt deux ans et en grade de tenir une épée, de son vivant, réalisant la deende exprimée par Dieu dans le Songe dit d’Hugues Capet : de là , la Loi de Primogéniture mâle.
Selon François Sicard, Histoire des institutions militaires des Français (Ed. Corréard, Paris, 1835), le premier Ordre de Chevalerie du Royaume de France est l’Ordre de Notre-Dame de l’Étoile créé par Robert II le Pieux (connu pour sa dévotion à la Vierge) le 15 août 1022 pour envoyer des Chevaliers aux Croisades, à ne pas confondre avec l’Ordre Royal et Militaire de l’Étoile de la maison Noble de Saint-Ouens, l’Ordre de Chevalerie fondé le 16 Novembre 1351 par Jean II le Bon, Roi de France, à l’imitation de l’Ordre de la Jarretière, créé en 1348 Outre-Manche par Edouard III d’Angleterre.
Et on comprend que l’Eglise, pour contrôller ces guerriers turbulants à cheval et leur donner l’idéal Chevaleresque, de s’emparer au passage de l’institution Chevaleresque en y introduisant des rites religieux. Les formules lithurgiques, inspirées de la remise d’arme de Charlemagne à son fils Louis le Pieux, rappellent cet idéal et le jeune Chevalier, après une nuit passée en prière, jure au petit matin, à genoux et sur l’évangile, de défendre l’Eglise, les veuves, les orphelins, les faibles, d’observer les règles Chrétiennes, d’être juste, d’aimer la Paix et de combattre non pas pour tuer les hommes mais pour atteindre les puissances du mal au travers de ceux qui les défendent.
Le Roi, ou celui qui adoube le Chevalier en son nom -ce ne peut être qu’un Chevalier confirmé- prononce la fromule suivante:  » Par le Tout Puissant, Par Notre-Dame, par Saint-Georges et par Saint-Michel, je te fais Chevalier et te donne le pouvoir de porter les armes et d’aministrer la justice!  » en posant l’épée sur l’épaule droite, sur la tête puis sur l’épaule gauche du Chevalier. La Chevalerie constitue donc la gendarmerie du Roi, elle assure l’ordre public dans le Royaume et la protection Royale, comme la défense de l’Eglise. Le Chevalier novice, ou « bas Chevalier », est dit  » Bachelier« . Le Chevalioer confirmé porte la bannière de la Maison et est dit pour celà  » Chevalier Bannerais« .
L’ Ordre Sacré Royal Militaire, Hospitalier et Religieux de Saint Lazarre de Jérusalem, Bethléem, Nazareth, en deçà et au-delà des Mers, dit Ordre de Saint Lazarre de Jérusalem , ou Ordre de Saint Lazarre est Ordre de Chevalerie crée vers le XI° siècle non pas à Jérusalem mais en France. Cet Ordre avait pour vocation d’accueillir et d’apporter des renforts aux militaires, des soins aux lépreux et une aide au minsitère paroissial. François Toussaint de Saint-Luc, dans ses Mémoires sur l’institution, progrès et privilèges de Notre_Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem, (Paris, 1666), nous disait déjà il y a 3 siècles que l’Ordre de Saint Lazarre était reconnu comme ancien et prestigieux.
La première mention de l’Ordre trouvée dans des sources date de 1142. Le Roi Philippe I°, arrière petit-fil d’Hugues Capet, excommunié pour avoir répudié sa femme, Berthe de Hollande, et enlevé la femme d’un de ses Barons avec qui il vit scandaleusement en concubinage, décide de prendre la Croix pour racheter son ex-communication.
Philippe I° fonde pour celà en 1108 l’Ordre Sacré Royal Militaire, Hospitalier et Religieux de Saint Lazarre de Jérusalem, Bethléem, Nazareth, en deçà et au-delà des Mers, dit Ordre de Saint Lazarre. L’Ordre reproduit en son sein les 3 ordres de la société Chrétienne : les Oratores (ceux qui prient), les Belatores (ceux qui combattent) et les Laboratores (ceux qui travaillent) et comprend des militaires, des soigants et des clercs. Les Chevaliers de Saint Lazarre arborent un Croix verte sur le côté gauche de leur Blanc Mateau.
Pour montrer sa bonne foi, le Roi chasse sa maîtresse, demende publiquement pardon à la Reine et reprend celle-ci auprès de lui. Tout est prêt sur le papier lorsque, atteint soudain d’une mystérieuse maladie – a-t-il été empoisonné par son rival?- le Roi Philippe I° sur son lit de mort charge son fils Louis, futur Louis VI le Gros, d’organiser l’expédition après l’avoir enseveli à l’Abbaye de Saint Benoit sur Loire. Louis VI le Gros, qui a été Sacré et associé au Trône du vivant de son père, succède naturellement à ce dernier et accomplie les dernière volonté de son prédécesseur. Louis VI le gros reçoit la lettre de levée d’excommunication de son père le jour des funérailles de celui-ci et décide d’envoyer ses demi-frères Philippe et Mantes et son cousin Laurent de France guider l’Ordre de Saint Lazarre en Terre Sainte, pour que la parole du père soit maintenue.
 
L’Ordre Royal de Notre Dame du Mont carmel et de Saint Lazarre de Jérusalem Réunits, dit Ordre de Saint-Lazarre et du Mont Carmel : Cet Ordre est issu de l’union personnelle de l’ Ordre de Saint-Lazare et de l’ Ordre de N.D. du Mont Carmel instué en 1608 par le Bon Roi Henri IV. C’est Ordre qui disparait avec le règne de Charles X…
Après la chute de Jérusalem, le Roi de France Louis IX, dit Saint-Louis, va crééer un Ordre de Chevalerie à soi, sur le modèle des Ordres Croisés : l’ Ordre Royal de la Cossse de Genêt. Il sera imité par la suite par les Rois d’Europe. Plusieurs corporations Chevaleresques devaient voir ainsi le jour jusqu’à la Renaissance, et on connait par exemple l’ Ordre de la Jaretière du Roi d’Angletrerre, de la Toison d’Or des Ducs de Bourgogne, de l’ Ecu d’Or des Bourbons ou de l’ Hermine de Bretagne.
L’Ordre de la Cosse de Genêt sera substitués plus tard par l’ Ordre Royale de l’Etoile de la Maison Noble de Saint-Ouen, fondé le 16 Novembre 1351 par Jean II le Bon, assisté par godfroy de charny, théoricien de l’idéal chevelresque et déjà conseiller de Philippe VI de valois, ce pour repousser les anglais, Ordre inspiré de l’Ordre de Notre-Dame de l’Étoile créé par Robert II le Pieux (François Sicard, Histoire des institutions militaires des Français, éd. Corréard, Paris, 1835) : l’ Ordre de l’Etoile aura une belle épiphanie en tombant presque dans la totalité de ses membres à la bataille de Crécy où les anglais, utilisant des archers, violèrent les règles du combat Chevaleresque.
Puis Louis XI, sur une idée de son père Charles VII mort avant d’avoir pu la réaliser, insituera l’Ordre de l’Aimable Compagnie de Monsieur Saint-Michel : pour domestiquer une Noblesse parfois turbulante, l’antique lien de vassalité risquant de se relacher à nouveau, le Roi, pour restaurer une hiérarchie pyramidale entre sa Noblesse et lui, se réfère tout naturellement à la hiérarchie angélique et créé cette confrérie de fidélité qu’il préside à la manière du Roi Arthur et des Chevaliers de la table Ronde ! ! !
Certains Chevaliers sont restés dans notre mémoire: Bertrand Du Guesclin (1320-1380), homme-lige de Charles V le Sage et héros de la Guerre de Cent An, ou Pierrail de Bayar (1476-1524), Chevalier sans peur et sans reproche, héros des Campagnes d’Italie, homme-lige du Roi François I° qui voulu recevoir l’adoubement par lui sur le champ de bataille.
La littérature et les tournois de Chevalerie, alors en vogue, diffusent aussi, et bien d’avantage l’aspect social de la Chevalerie qui a un énorme succès dans toutes les classes sociales, les tournois étant des spectacles publics et gratuits et où les seigneurd peuvent montrer leur bravoure et leur courage, au milieu de force de blason et de bannières. Le Roi Philippe VI de Valois a publié plusieurs lois et ordonnances touchant ces tournois. On connait la qualité des tournnois de Chavalerie de la Cour de Bourgogne. Mais c’est René II d’Anjou, qui a codifié les règles des tournois de Chevalerie, donnant naisance à ce que l’on appelle aujourd’hui l’héraldique ou science du blason. René II d’Anjou, Duc de Lorraine -c’est l’ancêtre de Marie-Antoinette!- Comte de Provence et Roi de Naples: c’est le Bon Roi René dont la soeur a épousé Charles VII le Victorieux et lui a donné un fils, le futur Louis XI, Bon Roi René dont Sainte Jeanne d’Arc était la sujette et à qui il donnera son propre fils, le beau Duc d’Alençon, comme compagnon…

La mort accidenttelle du Roi Henri II de France sonne le glas des tournois de Chevalerie

L’ancien Régime rend la Chevalerie anoblissante: à côté de la traditionnelle Noblesse d’Epée se lève une Noblsees de Robe, au grand dam d’un Saint-Simon. La Révolution Française abolit les Ordres de Chevalerie le 30 juillet 1791. La Restauration rétablira les Ordres de Chevalerie. On lira avec fruit l’ Ordonnance Royale de Louis XVIII du 16 Avril 1824 relative aux Ordres de Chevaleries Français, où on apprend que l’ Ordre de la Légion d’Honneur fut institué par Napoléon I°, maintenue par la Restauration, la Monarchie de Juillet, le Second Empire et la République. Et encore plus l’ Instruction du Grand Chancelier de l’Ordre Royal de la Légion d’Honneur, pour l’exécution de l’Ordonnance du 16 Avril 1824, et des décisions Royales qui y ont fait suite, concernant les Ordres Français et étrangers.

Il est dit dans l’ Instruction:
Les seuls Ordres Royaux avoués (reconnus) sont ceux: 1° du Saint-Esprit; 2° de Saint-Michel; 3° de Saint-Louis; 4° du Mérite Militaire; 5° de la Légion d’Honneur; 6° de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont Carmel réunis.
On pourrait rajouter l’ Ordre du Lys institué en 1814 par le Comte d’Artois et autorisé par Louis XVIII pour récompenser les membres de la Garde Royale.
A l’heure où la France se débat dans une une crise politique, économique, sociale, identitaire sans précédant, possède une dette abyssale et des banlieues-guettos devenus zones de non droits ingérables, il apparait que pour un vrai Chrétien, seule la Chevalerie peut extraire du chaos actuel un Ordre conforme au plan Divin. 
Un Ordre de Chevalerie sert aujourd’hui à trois choses: anoblir un roturier méritant comme on le voit encore en Angleterre, fidéliser une Noblesse déjà existante comme on le voit encore en Espagne et sacraliser le métier des armes, réintroduisant les grades de l’Ordre de Chevalerie au sein de la hiérarchie militaire. Les vrais Royalistes comprendront ici que l’une des fonctions Royales soit non seulement rayonner dans le Royaume visible, mais encore de faire rayonner aussi les sujets qui l’entourent: de même que le Soleil, en projetant ses rayons bienfaisants sur les astres qui l’environnent, les fait briller à leur tour. Cette belle métaphore louis-quatorzienne nous fait comprendre de quelle façon la Royauté, vécue comme l’ascension de chacun vers un idéal moral et politique, est une réalité à nouveau envisageable.
Le 19 janvier 2020
Hervé J. VOLTO, CJA
______________
A paraître : L’Ordre de Saint-Michel.

4 Réponses to “QUELQUES NOTES SUR LES PREMIERS ORDRES DE CHEVALERIE DU ROI DE FRANCE”

  1. Hervé J. VOLTO janvier 20, 2020 à 7:48 #

    Sur le plan légitime, seul le Roi de France serait habilité à décider quoi que ce soit au sujet des Ordres. La France énant en république, seul le Roi restauré est capable de ressuscité un Ordre, des Ordres réunis etteints avec la mort du dernier Chevalier.

    Des Chevaliers modernes peuvent servir aujourd’hui à protéger la Tradition, l’attachement aux racines Chrétiennes de la France, à la Famille, à l’Armée et à la terre natale. Il appartiendra au Roi à venir de restaurer les Ordres de Chevalerie, rajoutant peut-être l’Ordre du Lys insttitué par Charles X pour la Garde Royale et en instituant de nouveau comme… un Ordre Royal de Sainte-Jeanne d’Arc, par exemple !

  2. nazratat février 3, 2020 à 4:59 #

    A reblogué ceci sur My Blog.

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