Et si le Royaume-Uni sortait vainqueur du « Brexit » ?

31 Jan

C’est ce que le CER avance sans crainte d’être démenti depuis le référendum britannique du 23 juin 2016. Mais c’est aussi ce qui commence à apparaître dans les commentaires des observateurs les plus avertis de l’Union européenne. Commençons par quelques rappels :

Boris Johnson s’y entend en formules pompeuses. Il promet donc un « nouvel âge d’or » pour une Grande-Bretagne « global », mondialisée. Et beaucoup sont tentés d’écouter ça d’une oreille amusée, comme devant un fier à bras qui roule des mécaniques. Mais si c’était vrai ?

D’abord, ne sous-estimons pas l’économie britannique : 5ème économie de la planète, 2ème ou 3ème en Europe selon les secteurs d’activité. Un chômage bas (4%), une consommation des ménages qui tient la route, une dette publique raisonnable (87% du PIB). Et le crash que certains prédisaient n’a pour l’instant pas eu lieu. L’économie britannique s’est déjà en partie préparée au Brexit ces derniers mois.

Et puis surtout, Londres a un atout majeur : c’est une économie de services très développée. 80% de l’économie, c’est du tertiaire. L’incarnation, jusqu’à l’excès, de cette logique, ce sont les services financiers : la City. La 2ème place financière au monde, unique pour son marché de l’assurance et sa bourse des métaux, va continuer d’attirer du monde,beaucoup de monde. A fortiori si elle s’associe aux paradis fiscaux du Commonwealth britannique (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/09/26/pourquoi-le-brexit-contrairement-au-pret-a-penser-a-toutes-les-chances-de-reussir/). Et si elle dérèglemente les bonus des traders, encadrés par l’Europe jusqu’à présent .

Au-delà de la City, on peut miser sur Londres pour attirer les investissements étrangers des PME, avec une fiscalité basse, un coût du travail limité, des droits sociaux faibles. Le Royaume-Uni va jouer de ses forces, celles du libéralisme et du libre-échange.

Après, le grand défi pour les Britanniques, c’est surtout de signer des accords commerciaux ! Dans le cadre européen, ils bénéficiaient de 40 accords commerciaux avec des pays étrangers. Il faut tout revoir.

Mais là encore, ne les sous-estimons pas car…ils savent faire. C’est d’ailleurs leur nouveau slogan :

« We are ready to trade »

Prêts au commerce. Et le commerce, c’est dans la mentalité britannique depuis longtemps, avec l’appui de la langue (l’anglais), l’aide aussi du « soft power » de leurs grandes universités.

40 accords commerciaux à revoir, oui. Mais ils ont déjà fait la moitié du chemin : c’est signé, par exemple, avec la Suisse, la Corée du Sud, Israël, le Chili, etc. Certes, il en reste beaucoup à renégocier. Mais Londres est à pied d’œuvre. Et la priorité, contrairement à ce qu’on pourrait penser, ne concerne pas les Etats-Unis : trop de désaccords avec Washington, sur la 5G du chinois Huawei, ou sur le poulet au chlore américain.

Non la priorité, c’est l’Asie. Un deal est probable avec le Japon, vieil allié historique. Peut-être avec l’Inde (les liens sont anciens et la patronne de la City y était récemment). Voire avec la Chine, via la porte d’entrée, ex britannique, de Hong Kong. Et puis il y a l’Afrique. La semaine dernière, Boris Johnson avait réuni 20 chefs d’Etat africains pour un sommet conjoint. Un signal révélateur. Pauvre Emmanuel Macron avec ses sommets bidons du G5-Sahel qui nous coûtent très cher et ne nous rapportent rien de bon !

Pour le dire autrement : Londres a lancé ses cannes à pêche dans tous les sens pour décrocher des accords commerciaux. Et quand les Britanniques s’y mettent, ils ne font pas les choses à moitié et ils savent pêcher. Même en eau trouble.

Enfin il y a les relations commerciales avec l’Europe et on se dit que pour le coup, le Royaume-Uni a quand même beaucoup à perdre. C’est évidemment le sujet le plus important. L’Union Européenne, c’est la moitié des débouchés commerciaux britanniques, 700 milliards d’euros par an dans la balance.

L’accord est censé être bouclé d’ici fin 2020. Les négociations vont démarrer dès la semaine prochaine. Londres aurait beaucoup à perdre à une absence d’accord c’est vrai. Mais attention, l’Europe aussi. L’Allemagne a besoin d’exporter ses voitures. La France également. Et pas seulement les voitures. Nous exportons beaucoup plus vers le Royaume-Uni (32 milliards d’euros) que nous n’importons du Royaume-Uni (20 milliards d’euros). Les entreprises françaises sont très implantées outre-Manche. Et sans compter sur les liens partagés de l’industrie de l’armement.

Reste que l’Union Européenne dispose, d’un levier puissant pour obtenir un accord favorable. Ce levier, c’est tout simplement son marché intérieur, un débouché de 450 millions de consommateurs. Mais, là, on voit se dessiner une bizarrerie : une négociation uniquement sur les biens (l’industrie, la pêche) et pas sur les services, en particulier les services financiers.Ça ne tiendra pas longtemps la route.

Résultat, les Européens vont devoir faire des concessions face à Londres, s’ils veulent éviter de voir naitre à leurs portes un paradis de dérèglementation fiscale, sociale, environnementale.

Beaucoup de pain sur la planche des uns et des autres, certes, mais ne croyez pas un instant que l’Union européenne dispose des meilleures cartes.

Le 31 janvier 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

2 Réponses to “Et si le Royaume-Uni sortait vainqueur du « Brexit » ?”

  1. Hervé J. VOLTO janvier 31, 2020 à 2:55 #

    Airbus, par exemple, est le fruit d’une collaboration Franco-allemande hord Union-Européenne. Demain,

    1. la Grande-Bretagne pourra négocier d’Etat à Etat avec l’Union Européenne des ccords commerciaux comme elle a fait avec avec la Suisse, la Corée du Sud, Israël, le Chili.

    2. la City, seconde place financière au monde, unique pour son marché de l’assurance et sa bourse des métaux, va continuer d’attirer du monde,beaucoup de monde. A fortiori si elle s’associe aux paradis fiscaux du Commonwealth britannique, et en toiut premier lieux Canada, Australie, Nouvelle Zélande, qui sont des puissances économiques non-négligeables. Puis, et surtout, avec son ancienne colonnie, avc qui elle paratge la langue et le sens du pragmatisme : mike Pompeo est d’ailleurs venu en visite à Londres pour apoorter l’aide des Etats Unis, entendez des fonds immédiatement disponibles.

    3. Boris Johnson a réuni 20 chefs d’Etat africains pour un sommet conjoint. Un signal révélateur.

    On nous a fait croire que si les britaniques soratient de l’Union Européenne, ils devenaient des clochards ! mon c… : c’est les Français, en voie de clochardisation. Mais on dirait qu’ils ont compris que, en ce début de XXI° siècle, ce n’est plus la faute à Marie-Antoinette. Et les descendants des poissardes de Paris ne semblent pas très contents, ajuourd’hui…

    GOD BLESS UNITED KIGDOM ! AND GOD SAVE THE QUEEN…

  2. Hervé J. VOLTO février 1, 2020 à 1:29 #

    La France peut-elle sortir de l’Union Européenne ? à condition de sortir de l’Europe des patries Chrétiennes et couronnées.

    L’allemagne étant éconmiquement par terre, la France attirant des investisseurs étrenger prets à parier sur une nation sérieuse composée de travailleurs s levant tot pour aller bosser, il suffirait d’ABAISSER MASSIVEMENT LES DEPENSE DE L’ETAT D’UNE PART, ET BAISER D’AUTRE PART L’IMPOT SUR LE REVENU (foyers ET entreprises) a 21%, EN EMPECHER CONSTITUTIONELLEMENT L’AUGMENTATION (sauf cas exeptionnel d’effort de guerre), ce pour rendre la fiscalité de nos entreprises et de notre consomation compétitives et attrctives.

    Plus d’emploi et plus de pouvoirs d’achat : la révolte populaire cesserait.

    Il faudrait pour celà rompre avec l’eurocratie, renégocier les traités, organiser la sorti de la France de l’Union Européenne qui n’est un organe parasite et travailler pour une Europe des patries, Chrétiennes et couronnées, ce en aidant au retour des Monarchies dans tous les pays européens encore en république et en organisant une Table Ronde des cousins Royaux déjà régnant.

    Et surtout, ne pas écouter les campagnes d’intoxication, mais faire notre la devise de la Princcesse Chrisitne de Kent (épouse d’un cousin de la Reine Elisabeth II) :

    -BIEN FAIRE ET LAISSER DIRE.

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