L’obséquiosité du directeur de l’OMS à l’égard de la Chine n’aura pas suffi.

1 Fév

…À empêcher la progression de la maladie.

Depuis le déclenchement de l’épidémie due au nouveau coronavirus en Chine, le directeur général de l’OMS, l’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus, marche sur des oeufs tant lui-même et son organisation souhaitaient protéger le puissant acteur international qu’est la Chine. Mais le moment où il faut nécessairement faire face aux dures réalités et mettre le compérage dans sa poche est venu.

Le directeur de l’OMS et le président chinois Xi Jinping à Pékin

Réuni pour la troisième fois en une semaine, le comité d’urgence de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a finalement recommandé, jeudi 30 janvier, de classer l’épidémie de coronavirus comme une urgence de santé publique de portée internationale.

Son directeur, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le seul à même de la décréter, a suivi l’avis de son comité en prenant le soin, avec toutes les précautions qui s’imposent à un Ethiopien (dont le pays est particulièrement tributaire de la bonne volonté chinoise !) d’ajouter que cette initiative n’était en aucun cas « un acte de défiance vis-à-vis de la Chine » et qu’elle était motivée non pas « par ce qu’il se passe en Chine mais par ce qu’il se passe dans les autres pays ». Ben voyons…

Selon le règlement sanitaire international (RSI) en vigueur depuis 2005, l’urgence de santé publique de portée internationale est « un événement extraordinaire dont il est déterminé qu’il constitue un risque pour la santé publique dans d’autres Etats en raison du risque de propagation internationale de maladies et qu’il peut requérir une action internationale coordonnée ».

Devant les journalistes réunis en conférence de presse, le docteur Tedros a justifié cette mesure par l’augmentation du nombre de cas et de pays touchés ; 9 692 cas ont été répertoriés en Chine – qui enregistre aussi l’ensemble des 213 morts répertoriés à ce jour. C’est plus que lors de l’épidémie de SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003, au cours de laquelle 5 327 personnes avaient été infectées.

Une centaine de cas ont été déclarés dans d’autres pays, y compris en Europe et en Amérique du Nord. De nouveaux cas, qui ne concernent que des personnes revenant de la région de Wuhan, ont été annoncés en Finlande, en Inde et aux Philippines.

Mais ce qui inquiète surtout le comité d’urgence – qui a « presque unanimement »recommandé le lancement de cette alerte mondiale, selon son président, le professeur français Didier Houssin –, ce sont les cas de transmissions interhumaines enregistrées dans cinq pays (France, Etats-Unis, Allemagne, Japon, Vietnam).

Aux Etats-Unis, une femme ayant contracté le virus en Chine a contaminé son mari lors de son arrivée dans l’Illinois. En France, le sixième cas détecté concerne un médecin qui a été infecté par une patiente ayant seulement déclaré la maladie après être retournée en Chine. Cela pose la question de la contagiosité des patients asymptomatiques. « Bien que ces chiffres soient relativement faibles (…), nous devons agir ensemble pour limiter la propagation », a expliqué le directeur de l’OMS.

L’organisation onusienne craint aussi un deuxième scénario catastrophe : la possibilité que l’épidémie puisse atteindre des pays dont le système de santé ne serait pas capable de gérer une telle crise sanitaire, en Afrique notamment (dont nous savons comment elle non-gère l’épidémie de fièvre Ebola), un continent avec lequel la Chine entretient de nombreux liens commerciaux. Les experts estiment que les risques sont élevés.

Une mise en garde qui intervient alors que le Conseil de supervision de la préparation globale (GPMB), un organe indépendant lancé en 2018 par l’OMS et la Banque mondiale, a averti, jeudi 30 janvier, que de nombreux pays n’étaient pas prêts à faire face à l’épidémie de pneumonie virale. « Tous les pays et gouvernements locaux, y compris ceux qui n’ont pas été touchés, doivent d’urgence consacrer des ressources au renforcement de leurs capacités essentielles de préparation », souligne-t-il, ajoutant qu’ils doivent être en mesure de « prévenir, détecter, informer et répondre à l’épidémie ». Un voeu pieux en ce qui concerne, en particulier, l’Afrique.

Le déclenchement de l’alerte sanitaire mondiale doit précisément permettre d’aider les Etats membres des Nations unies (ONU) à mettre en place des mesures de prévention et de détection adéquates et de dégager des fonds pour combattre le virus.

Les pays les plus touchés actuellement (Chine, Japon, Allemagne, Etats-Unis, Corée du Sud et Vietnam) sont toutefois suffisamment robustes pour se passer de toute aide financière.

Parmi ses recommandations, l’OMS demande aux Etats membres de se tenir prêts à détecter les nouveaux cas, à les isoler et à suivre les chaînes de transmission pour éviter la propagation de la maladie. Elle déconseille cependant de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec la Chine, pour ne pas « perturber la distribution de l’aide » et ne pas avoir un impact négatif sur l’économie du pays. Notion manifestement plus importante aux yeux de l’OMS que la sécurité sanitaire des citoyens. Un comble pour l’Organisation mondiale de la santé !

D’ailleurs, l’OMS pourra interroger les mesures prises par les Etats membres, certaines jugées « contestables » par le Pr Houssin citant « les refus de visas, les fermetures de frontières et la mise en quarantaine de voyageurs en bonnes conditions ».

Selon un diplomate, c’est l’effet boomerang d’une telle mesure. « Il y a maintenant un tampon OMS officiel. Tous les ministères de la santé sont en alerte et vont pouvoir décider de mesures qui pourront être jugées trop restrictives par l’institution. » 

Lors d’une rencontre avec les journalistes, le docteur Tedros lui-même avait laissé entendre qu’une alerte intermédiaire « orange » aurait sans doute été plus représentative du risque actuel. Mais la pression internationale s’était faite de plus en plus forte après une semaine de va-et-vient diplomatique. La décision de Moscou de fermer ses 4 250 km de frontières communes avec la Chine, l’arrêt des liaisons aériennes entre certaines grandes capitales européennes et la République populaire, et l’évacuation de ressortissants étrangers par la France, le Japon et les Etats-Unis avaient renforcé de facto l’isolement international de Pékin.

Le voyage du docteur Tedros à Pékin pour une rencontre au sommet avec le président Xi Jinping au début de cette semaine avait permis de ménager la susceptibilité de la Chine, deuxième contributeur financier au budget de l’OMS derrière les Etats-Unis, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU et, surtout….principal acteur du commerce international. En vérité, ce comportement n’est rien d’autre qu’une nouvelle manifestation du poids du mondialisme économique et commercial par rapport à l’impératif de santé publique.

La meilleure preuve en est l’usage intensif de la « brosse à reluire » employée par le Dr Tedros. Face aux journalistes, le directeur de l’OMS a une nouvelle fois loué « la transparence et la rapidité avec laquelle la Chine a détecté le virus puis partagé ses informations » affirmant « n’avoir jamais vu ça de [sa] vie » ! Selon lui, « la Chine est tout à fait capable de contrôler l’épidémie » grâce aux mesures « radicales » prises par Pékin avec le confinement de plus de 60 millions de personnes à travers le pays.

La déférence du chef de l’OMS à l’égard de Pékin étonne jusque dans l’écosystème onusien, pourtant habitué aux ronds de jambe des diplomates, et où l’on souligne « les efforts surhumains du docteur Tedros pour arrondir les angles » et ne surtout pas froisser un allié important…

Ce personnage nous rappelle une citation d’Alphonse Allais :

 » Le comble de l’obséquiosité : enterrer les balles mortes ! « 

Le 1er février 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

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