Voici pourquoi elles viennent pondre leurs oeufs dans nos maternités.

4 Fév

Comme vous allez le découvrir, il n’y a pas que le Coucou qui ponde ses oeufs dans le nid des autres. Il y a aussi de plus en plus de migrantes et, en particulier, celles qui viennent de la rive sud de la Méditerranée…

Voyons d’abord comment les choses se passent chez les oiseaux. La femelle Coucou guette, par exemple, le nid d’une Rousserolle effarvate (Acrocephalus scirpaceus), petit oiseau huppé au corps brun et au ventre clair. La rousserolle s’envole, laissant ses œufs sans défense. Rapidement, le coucou fonce vers le nid, gobe un des œufs pour que son forfait passe inaperçu, et pond l’un des siens. 10 secondes lui auront suffi. L’oiseau repart aussitôt, dans la plus grande discrétion. Douze jours plus tard, l’œuf éclot, un à deux jours avant les autres. Une avance que l’oisillon emploiera à jeter par-dessus le nid les œufs de son hôte pour monopoliser son attention et l’accès à la nourriture, à grand renfort de piaillements.

Eh bien sachez que, à quelques détails près, ce n’est pas différent dans les maternité de notre pays (Lire https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/12/03/porte-de-la-chapelle-ou-porte-daubervilliers-il-ny-a-pas-que-les-campements-des-hommes/ et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2020/01/15/le-scandale-ruineux-des-meres-migrantes-isolees/). Et nous allons vous en donner l’une des explications à partir de l’état calamiteux des hôpitaux algériens (souvenez-vous cependant qu’en 1962 – il n’y a que 58 ans – l’Algérie, devenue indépendante pour la première fois de son histoire, disposait de l’un des systèmes de santé les plus avancés et les plus performants de tout le bassin méditerranéen).

Nous voici à Alger, dans le hall d’entrée de la maternité de l’hôpital de Kouba. C’est l’heure des visites.  Des familles arrivent continuellement, les bras chargés de couvertures et de sacs remplis de nourriture ; une sage-femme tente de se frayer un chemin, poussant un berceau à roulettes dans lequel dort un nouveau-né.

Si tout semble calme, c’est pourtant d’ici qu’est partie, au début du mois, une vive polémique sur la situation des maternités en Algérie. Des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des femmes allongées à même le carrelage alors qu’elles viennent d’accoucher. La jeune femme qui les a publiées affirme que sa sœur, hospitalisée après une fausse couche, a passé la nuit sur un fauteuil roulant par manque de lits.

Touil Naima Meriem@Touil_Na

المهم أننا شيَّدنا المسجد الأعظم…
Eph Kouba.. Service de Gynéco..

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La controverse enfle rapidement. Le 11 janvier, le ministère de la santé réagit en affirmant que les photos « ne reflètent pas la réalité » et demande d’éviter ce type de publication, « qui nuit à l’image du personnel de la santé ». Le 18 janvier, lors du conseil des ministres, le président Abdelmadjid Tebboune demande qu’un « plan d’urgence » soit mis en place « sur deux priorités » : les services d’urgence et la prise en charge des femmes enceintes, qui sont les « maillons faibles du système sanitaire »!!!

Plus d’un million d’enfants naissent chaque année dans le pays depuis 2014. Le nombre moyen d’enfants par femme est désormais de trois, un chiffre en augmentation depuis le début des années 2000 (il était de 2,8 en 2010). Le nombre de grossesses à risque augmente également, en raison de la progression du diabète et de l’hypertension, qui touchent de plus en plus d’Algériens et d’Algériennes.

Dans les services de gynécologie-obstétrique publics, les médecins se disent à bout. « Très souvent, pendant les gardes, on se retrouve à court de place, en réanimation comme en post-partum. On est face à un dilemme : refuser les patientes ou se retrouver débordés. Nous savons très bien que lorsqu’on renvoie une personne, elle devra faire le tour des hôpitaux pour trouver une place, raconte un soignant de l’hôpital Mustapha-Pacha à Alger, le plus grand du pays. Essayez d’expliquer à un homme qui voit sa femme souffrir et qui vient de faire deux ou trois hôpitaux, que vous, dans le “grand hôpital”, vous n’avez pas de place. Au quotidien, nous sommes agressés verbalement et parfois physiquement. » Comportement dont nous savons qu’il est facilement exportable…

« A chaque garde, il y a une confrontation entre l’équipe médicale et l’administration, parce qu’il n’y a pas de lits, pas d’oxygène, pas de compresses, pas de réactifs en laboratoire », raconte Leïla, gynécologue obstétricienne dans un établissement public. Elle se souvient du jour où elle a demandé à l’infirmière d’aller chercher le matelas de son propre lit de garde pour éviter qu’une patiente qui venait d’accoucher soit allongée par terre. « C’est la responsabilité de l’administration de trouver une place à une patiente. Si vous ne voulez pas qu’on refuse des gens, ouvrez des maternités ! », lance-t-elle.

Réponse : ce n’est pas la peine, vous en trouverez de l’autre côté de la Méditerranée !

Dans une étude de 2017 intitulée « Grossesse et accouchement : les logiques sociales des responsables, du personnel de santé et des femmes », sept médecins algériens soulignent que les gynécologues des hôpitaux des grandes villes « sont quotidiennement confrontés à l’afflux incessant des parturientes des autres régions », dû à la « pénurie de moyens techniques » ou à « l’absence de médecins ayant les compétences nécessaires pour les prendre en charge ». L’existence de cliniques privées n’a pas désengorgé les hôpitaux. Les patientes qui présentent des grossesses à risque ou des complications sont orientées vers les structures publiques, car les cliniques ne sont pas autorisées à avoir des banques de sang, indispensables en chirurgie obstétricale.

A la détresse des familles s’ajoute le ras-le-bol des médecins, qui ont multiplié les mobilisations depuis 2011. Le mouvement des résidents, une grève accompagnée de manifestations qui a débuté fin 2017, n’a permis aucun changement profond. L’un des slogans de ces médecins en cours de spécialisation était : « Dites au citoyen qu’on n’a pas les moyens. » Et les drames, comme celui du mois de septembre 2019, quand huit nourrissons sont morts dans l’incendie d’une maternité à El Oued, à 600 km au sud-est d’Alger, ne semblent pas provoquer d’électrochoc.

Et ça marche puisque les femmes sont de plus en plus nombreuses à quitter le pays en fin de grossesse pour être accueillies dans leur famille installée en France (elles en ont toutes désormais !) avant d’arriver aux urgences de nos propres maternités….pour y pondre leurs oeufs.

CQFD ou la méthode du Coucou.

Le Hirak, mouvement de protestation politique né en février 2019, ne donne pas tellement plus d’espoir aux médecins algériens. Les polémiques régulières provoquées par des vidéos sur les réseaux sociaux et les annonces du président de la République non plus. « Nous recevons des instructions puis leur contraire plusieurs fois par semaine ! Cet été, un registre a été mis à notre disposition pour écrire les adresses des malades. Parfois on se faisait engueuler pour avoir admis un patient hors secteur, et maintenant on nous demande d’accueillir tout le monde. Lorsqu’on n’a aucune stratégie, on s’adapte à la colère du peuple », commente un soignant de l’hôpital Mustapha-Pacha.

Mi-janvier, le ministère de la santé a envoyé aux personnels des hôpitaux une note dans laquelle il demande de limiter l’usage des téléphones portables personnels pendant le service. « Les autorités ne savent pas comment on travaille. Quand il faut évacuer une patiente ou lui trouver un lit ailleurs parce qu’on n’a plus de place, on passe par nos téléphones pour appeler nos confrères, puisque les standards téléphoniques ne répondent jamais », s’emporte un chirurgien, persuadé que le but de la note est tout simplement d’empêcher la diffusion de photos sur les réseaux sociaux.

Alors, avez-vous compris pourquoi nous en sommes arrivés là ? C’est une longue histoire dont le pire est qu’avec les gens qui dirigent notre pays…elle est loin d’être terminée.

Le 4 février 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

Une Réponse to “Voici pourquoi elles viennent pondre leurs oeufs dans nos maternités.”

  1. Hervé J. VOLTO février 4, 2020 à 10:28 #

    Et que vont-ils devenir, quand il se ro nt grands, ces bébés nés de mamans venues de « là-bas » ?

    Après avoir évoqué son homosexualité, elle fait face à des insultes de la part d’un jeune musulman qui la traite de « sale lesbienne », « sale pute » ou encore « sale raciste ». Surtout, Mila explique avoir été attaquée ce jour-là « au nom d’Allah ». C’est ce qui va déclencher le début de sa diatribe anti-islam. Dans une vidéo publiée ultérieurement, elle juge alors que :

    -Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci au revoir.

    Mais, cette séquence va vite déborder de son propre compte Instagram. Enregistrée et rediffusée sur les réseaux sociaux, la vidéo provoque l’ire d’internautes qui lui envoient alors des milliers de messages d’insultes et de menaces.

    -J’ai du mal à croire que je suis dans cette situation. Je n’aurais jamais pensé que les choses puissent prendre une ampleur pareille, explique Mila face à Yann Barthès.

    Au milieu de la tempête, la jeune Mila a été forcée de quitter son lycée.

    -Je n’étais pas en sécurité dans mon établissement. Vu les menaces que j’ai reçues, j’aurais pu être brûlée à l’acide, frappée, déshabillée en public ou enterrée vivante, explique-t-elle sur le plateau de Quotidien.

    Mila a aussi arrêté les réseaux sociaux et dénonce de faux comptes ou de fausses cagnottes qui ont vu le jour en son nom. Désormais, elle semble vouloir tourner la page, mais ne regrette rien, défendant le « droit au blasphème ». « J’ai pas à me cacher pour cette raison, j’ai pas à m’arrêter de vivre. » Pour autant, elle présente tout de même des excuses aux « personnes qu’elle a pu blesser, qui pratiquent leur religion en paix. Je n’ai jamais voulu viser des êtres humains. J’ai voulu blasphémer, parler d’une religion, dire ce que j’en pensais ».

    Seize jours après le début de la polémique, Mila, la jeune fille de 16 ans qui a critiqué l’islam sur les réseaux sociaux, s’est exprimée publiquement pour la première fois. Une interview accordée à Quotidien, l’émission de TMC, dans laquelle, elle précise ne pas regretter ses propos et défend le droit au blasphème. La lycéenne, qui a reçu de très nombreuses menaces et insultes, a toutefois présenté ses excuses à ceux qui pratiquent « leur religion en paix ».

    Moi, je voudrai re seulement ceci : une rapace qui nait dans un pigeonnier ne sera jamais une tourterelle. Et de plus en plus de tourterelles commencent à être fatiguées d’être pris pour des pigeons…

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