Budget 2020 en France : accroissement des inégalités.

6 Fév

Le début du mandat d’Emmanuel Macron lui avait valu l’étiquette de « président des riches » (en particulier à la suite de sa volonté inébranlable de supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune – ISF – au nom d’une prétendue mais illusoire théorie libérale du « ruissellement« ). Près de trois ans plus tard, celle-ci risque de continuer à lui coller à la peau, si l’on en croit le cercle de réflexion intitulé l’Obervatoire français des conjonctures économiques (OFCE).

Dans une étude publiée mercredi 5 février, les économistes de l’observatoire ont passé au crible les mesures fiscales et sociales des trois premiers budgets de l’ère Macron, et leurs conséquences sur le pouvoir d’achat des Français. Leurs conclusions sont sans appel : « Sur les 17 milliards d’euros distribués aux ménages depuis le début du quinquennat, plus du quart (environ 4,5 milliards d’euros) est allé soutenir le revenu disponible des 5 % de ménages les plus aisés », indiquent-ils.

Un an après le mouvement des « Gilets jaunes », le budget 2020 est en effet marqué par la baisse de 5 milliards d’euros d’impôt sur le revenu, la suppression du dernier tiers de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers et la défiscalisation des heures supplémentaires. De quoi favoriser les classes moyennes supérieures (entre les 50 % les plus modestes et les 20 % les plus aisés), au détriment des 15 % les plus pauvres – qui y perdent en raison des réformes de l’assurance-chômage et des allocations logement – et de beaucoup de retraités. Vous, nous…

« Les mesures fiscales 2020 de soutien au pouvoir d’achat poursuivent la logique du budget 2019 (qui avait mis en place les mesures d’urgence de décembre 2018) ciblant, lui, plutôt les classes moyennes inférieures », indique Mathieu Plane, économiste à l’OFCE. Mais ce rééquilibrage ne suffit pas à contrebalancer les effets de la réforme de la fiscalité du capital – suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune et entrée en vigueur de la flat tax – intervenue début 2018.

Conséquences : les 5 % de Français les plus pauvres devraient voir leur niveau de vie se réduire d’environ 240 euros par an sous l’effet des mesures socio-fiscales mises en œuvre entre 2018 et 2020, a calculé l’OFCE. Dans le même temps, les 5 % les plus riches devraient voir le leur grimper de 2 905 euros par an !

Au-delà de ce constat, l’OFCE confirme que la politique économique et sociale d’Emmanuel Macron profite d’abord aux actifs du privé : « Sur les 17 milliards d’euros de revenu disponible distribués aux ménages depuis le début du quinquennat, plus de 12 milliards d’euros ont été versés aux personnes seules actives occupées ou aux couples comptant deux actifs occupés », détaille l’étude. A contrario, les personnes seules au chômage et les retraités ont été mis à contribution à hauteur de 1,6 milliard d’euros, indique l’Observatoire. Cette situation est en phase avec le mantra du gouvernement, dont les membres ont toujours expliqué qu’ils souhaitaient que « le travail paye ». Ce qui nous a fait écrire ici, à plusieurs reprises, qu’Emmanuel Macron n’aime pas les retraités. Au point que nous en avons tiré cette conclusion :

» Plus et mieux vous avez étudié, plus vous avez travaillé et souvent très au-delà des fameuses « trente-cinq heures » de Martine Aubry, plus vous avez endossé de responsabilités au prix de nombreux et lourds sacrifices pour vous-mêmes et votre famille, mieux donc vous avez SERVI…plus vous serez PUNIS. »

D’ailleurs, « Les perdants de la politique économique du gouvernement se trouvent parmi les plus modestes, les chômeurs et les retraités. L’idée est clairement de donner du pouvoir d’achat aux actifs », abonde Mathieu Plane. Un constat renforcé par les dernières mesures prises par l’exécutif : après la désindexation de plusieurs prestations sociales (pensions de retraite au-delà de 2 000 euros, prestations familiales, invalidité…), la réforme de l’assurance-chômage a été critiquée pour la sévérité de ses nouvelles règles, et la réforme des APL (qui seront calculées sur la base des revenus perçus au cours de l’année écoulée, et non plus des deux dernières années) devrait entrer en vigueur en avril.

Et pourtant, vous aurez remarqué qu’un nombre important de ces retraités bernés continuent de soutenir la politique d’Emmanuel Macron…confirmant ainsi les propos du général De Gaulle, selon lesquels

« LA VIEILLESSE EST UN NAUFRAGE« .

Côté finances publiques, l’ensemble des mesures de politique budgétaire mises en place depuis le début du quinquennat ont contribué à accroître le produit intérieur brut (PIB) de 0,2 point, avec des effets positifs très concentrés sur 2019, du fait des mesures d’urgence « Gilets jaunes », indique l’OFCE.

Point intéressant, « les effets à retardement de la politique de l’offre [en faveur des entreprises] du quinquennat Hollande s’y ajoutent à hauteur de 0,3 point de PIB en 2018 et 2019 », note Mathieu Plane. Autrement dit, les conséquences – en partie étalées dans le temps – de la mise en place du crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi et du pacte de responsabilité ont davantage contribué à soutenir la croissance récente que les mesures prises par la nouvelle majorité. En effet, les dispositifs entrés en vigueur la première année du quinquennat (hausse de la CSG et baisse des cotisations maladie et chômage, hausse de la fiscalité énergétique) ont eu un effet récessif sur la consommation, et donc le pouvoir d’achat.

Pour cette année, l’OFCE table sur un déficit de 2,4 %, supérieur à celui visé par le gouvernement (2,2 %). Quel sera, dès lors, le profil socio-économique de la seconde moitié du quinquennat ? « La baisse des prélèvements sur les entreprises reste engagée avec la baisse de l’impôt sur les sociétés [attendu à 25 % en 2022]. La suppression de la taxe d’habitation concernera les 20 % de foyers les plus aisés. Mais le discours du gouvernement n’est pas clair : jusqu’à récemment, on nous expliquait que la trajectoire budgétaire importait peu, que seuls les résultats économiques comptaient. Depuis la réforme de l’assurance-chômage, et avec celle des retraites, on entend davantage la petite musique selon laquelle il faut rétablir les comptes, le cas échéant en touchant à la sphère sociale », souligne Mathieu Plane.

Toute la question est de savoir si cela se traduira par des baisses de pouvoir d’achat et, potentiellement, des conséquences politiques plus difficiles à assumer à deux ans de la fin du mandat d’Emmanuel Macron, estime l’économiste.

Souhaitons que les Français ouvrent enfin les yeux sur 

 

Le 6 février 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Budget 2020 en France : accroissement des inégalités.”

  1. Hervé J. VOLTO février 6, 2020 à 10:04 #

    Emmanuel Macron a-t-il encore sa place pour représenter la France ?

    Lors de sa visite à Abidjan à la fin de 2019, il déclare ainsi à ses interlocuteurs, qui ne lui demandaient rien, que la colonisation avait été un « crime de la République ».

    Au retour de Jérusalem, il n’a pas hésité à mettre sur le même plan la guerre d’Algérie et la Shoah « La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique [des
    « dés mémoriels »]. Elle a à peu près le même statut que la Shoah pour Chirac en 1995. » Ce propos a suscité l’indignation des juifs, des enfants de pieds-noirs, de
    harkis – et des simples personnes de bon sens connaissant l’histoire et attachées à l’honneur de la France.

    Accessoirement on se souviendra qu’il s’est fait accompagner à Abidjan d’un rappeur spécialiste des insultes à la France.

    Réçamment, il arbore un gaminet (T-shirt) marqué « Non aux violences policières », alors même que ces violences (surtout à l’encontre des gilets jaunes) ont été commises en son nom et peut-être même sur ses ordres. Indignation des policiers et d’une partie de la classe politique.

    -Emmanel Macron a-t-il pété les plombs ? S’inerrogeait un média Royaliste, JE SUIS FRANCAIS.

    Emmanuel Macron s’emploie à humilier la France !

    Le plus notable de ces dérapages vise la mémoire de la France. Ce n’est pas la
    première fois que le Président Macron criminalise, depuis l’étranger, le passé du pays qu’il est supposé défendre en tout lieu et en toutes circonstances.

    On peut voir là le signe de son inculture. À tout le moins de sa dépendance vis-àvis
    de la doxa des universités américaines où la thèse du caractère criminel de la
    colonisation européenne est indiscutée -et indiscutable- du fait du terrorisme
    idéologique qui règne désormais sur les campus du « pays de la liberté ».
    L’enseignement qu’Emmanuel Macron a reçu à Sciences po Paris sous l’égide de Richard
    Descoings est le rejet de cette doxa.

    On peut y voir aussi un dessein plus pervers d’abaissement de son propre pays aux
    yeux du monde. La culpabilisation est devenue aujourd’hui un moyen de
    domination qui fait tomber les défenses de celui que l’on veut dominer. Macron
    exécuterait ainsi un projet de domination de la France voire d’anéantissement de sa
    personnalité, selon des directives venues d’on ne sait où dont on peut soupçonner
    qu’elles sont incluses dans un projet mondialiste pour lequel la France, la « grande
    nation » par excellence, doit, plus que toute autre, être abaissée dans ses
    prétentions et ramenée à la « normalité ».

    La France : l’humiliation, en parallèle à son apauvrissment général, est un moyen de la castrer définitivement. Tel serait, par-delà la gaminerie, le sens de la sortie d’Angoulême : la France c’est d’abord un État ; subvertir cet État qu’il est supposé diriger par une attitude scandaleuse, correspondrait à un dessein. Tel serait, par-delà la gaminerie, le sens de la sortie d’Angoulême : la France c’est d’abord un État ; subvertir cet État qu’il est supposé diriger par une attitude scandaleuse, correspondrait à un dessein : vous penserz que votre serviteur tombe dans les théories complotistes, il vous répondra qu’ “il n’y pas de fumée sans feux”.

  2. Hervé J. VOLTO février 6, 2020 à 10:31 #

    Tous les politologues -pardons les analystes politiques- convergent pour dire que, de plus en plus, les peuples demendent du portectionisme accompgané par un léger libéralisme pour les entrepises.

    Les classes populaires et les classe moyennes font les scores de Marine Le Pen car une certaine droite dite modérèe -cette droite molle qui fume des clopes et qui roule en diésel- a cessé de leur perler.

    Le Brexit en Grande Bretagne et le mouvement des Gilets Jaune, associé au moument contre la réforme des retaites, incarnent parfaitement nos propos.

    La politique élitiste d’Emmanuel Macron est vouée à l’échec.

  3. Hervé J. VOLTO février 6, 2020 à 10:41 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Alain Escada au Parlement européen répond à une demende concervatrice
    http://www.civitas-institut.com/2020/01/29/alain-escada-parlement-europeen/

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