Quand Neandertal remet à l’heure les pendules d’Homo sapiens (suite).

7 Fév

Les dogmes ont la vie dure. En particulier, ceux qui touchent aux origines de l’homme. C’est ce que le CER ne cesse de montrer en pointant régulièrement du doigt la tyrannie de la pensée conforme et obligatoire de beaucoup de paléoanthropologues.

Grâce à Dieu (et quoi de plus normal en la matière !), les faits sont têtus et de récentes découvertes commencent à s’accumuler pour mettre à mal la thèse univoque selon laquelle l’homme moderne, Homo sapiens, est apparu en Afrique de l’est (à la suite de nombreux épisodes marqués par l’apparition des primates puis leur évolution vers les hominidés puis les homininés) avant de se répandre vers le nord et l’est. Faisant de l’homme moderne euro-asiatique un descendant irrévocable d’un ancêtre africain.

En réalité, il est probable et même de plus en plus vraisemblable que Homo sapiens est apparu sur une longue période et en plusieurs lieux différents, à partir de nombreux prédécesseurs dont certains seulement étaient nés en Afrique. Nous conseillons à nos lecteurs intéressés par ce passionnant sujet de lire ou de relire nos nombreux articles qui lui ont été consacrés en interrogeant notre moteur de recherche (mots-clés « paléoanthropologie« , « Homos sapiens« , « Homo neandertalis« , « homme moderne« , etc.)

En 2010, l’ébauche de la séquence du génome de l’homme de Neandertal avait créé la surprise : l’analyse de l’ADN ancien de trois individus révélait que ce cousin disparu avait croisé Homo sapiens et que cette rencontre avait été féconde, puisqu’une partie du génome néandertalien se retrouvait dans celui des populations actuelles non africaines : de 1 % à 4 % de leur ADN était un héritage néandertalien. Cette estimation était en partie fondée sur l’hypothèse qu’aucun métissage n’avait pu intervenir avec des populations anciennes africaines (puisque celles-ci en étaient et n’en étaient que la souche), et que le génome de celles-ci pouvait servir de base de comparaison « neutre ».

Hélas pour les paléoanthropologues bornés, cette hypothèse était erronée, et il y a bien aussi une part de Neandertal chez les Africains d’aujourd’hui, comme « dans chaque population humaine moderne étudiée à ce jour », conclut une étude qui sera publiée le 20 février dans la revue Cell. Joshua Akey (université de Princeton) et ses collègues ont développé une méthode probabiliste d’analyse génétique pour parvenir à cette conclusion et éclairer cette « histoire partagée » avec Neandertal. Elle leur a précisément permis de s’affranchir d’une des limites des comparaisons utilisées précédemment, dépendantes d’un génome africain présumé « de référence » (mais qui ne l’était pas) dans lequel l’héritage néandertalien était supposé inexistant.

Au lieu d’utiliser un tel étalon moderne, l’approche baptisée IBDmix (pour « identique par descendance ») calcule la probabilité que le génome d’un individu soit pour partie partagé avec un génome de référence archaïque – en l’occurrence, celui d’une Néandertalienne qui vivait en Sibérie,dans l’Altaï (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/04/12/apparition-de-lhomme-sur-terre-les-certitudes-des-ideologues-vacillent/) il y a plus de 50 000 ans.

L’équipe de Princeton a appliqué ce protocole à 2 504 individus actuels ayant donné leur ADN au « 1 000 Genomes Project », aux origines géographiques et ethniques les plus diverses. L’idée était d’y retrouver des séquences identiques spécifiques du génome néandertalien – dont la similitude ne soit pas liée au fait que nous partageons un ancêtre commun avec Neandertal vieux d’environ 500 000 ans, mais bien à des croisements intervenus plus récemment.

L’analyse a révélé que la contribution néandertalienne dans l’échantillon d’individus africains était en moyenne de dix-sept mégabases (Mb, millions de paires de bases, les « lettres » formant la séquence d’ADN). Soit approximativement 0,3 % de leur génome. C’est bien moins que les 51 Mb des Européens, et les 55 Mb des Asiatiques de l’Est et du Sud, mais bien plus que les quelques centaines de milliers de paires de bases trouvées dans les études précédentes chez des Africains.

Comment l’expliquer ? La fameuse sortie d’Afrique d’Homo sapiens, il y a environ 200 000 ans, a sans doute donné lieu à des croisements avec des Néandertaliens déjà présents sur le continent eurasiatique et dont le degré d’évolution était très significatif (https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2018/02/24/et-si-neandertal-netait-pas-le-grand-benet-que-lon-a-pretendu/ et aussi https://conseildansesperanceduroi.wordpress.com/2019/07/22/paleoanthropologie-les-decouvertes-saccelerent/). Encore aurait-il fallu que leur descendance émigrât en sens inverse, d’Eurasie en Afrique et y transmette cet ADN « néandertalien« .

Mais ont peut tout autant envisager une autre hypothèse : des migrations d’Homo sapiens eurasiatiques vers l’Afrique, déjà porteurs de gènes néandertaliens.

Ces nouvelles données complexifient donc le flux et le reflux de populations anciennes et les mélanges qui s’en sont suivis – la génétique avait d’ailleurs déjà montré ces dernières années que des va-et-vient de populations avaient injecté de l’ADN européen dans le patrimoine génétique africain. Raison de plus pour lire cette intéressante étude qui n’est sans doute pas la dernière à entamer les pseudo-certitudes de nos paléoanthropologues cataleptiques !

Permettez-nous de rappeler en conclusion ce que nous écrivions ici-même il a quelques année à ce propos :

«  Mais le temps n’est sans doute pas loin où l’on finira par découvrir ce que l’on a refusé de chercher (puisque la doxa imposait la venue d’Afrique de l’homme moderne) : de nouveaux foyers d’Homo sapiens nés en Asie et/ou en Europe. Et nos descendants se riront alors des fausses certitudes de nos savants paléontologues. »

Le 7 février 2020.

Pour le CER, le Conseiller à la recherche, aux innovations techniques et à leur intégration dans la vie sociale.

Une Réponse to “Quand Neandertal remet à l’heure les pendules d’Homo sapiens (suite).”

  1. Hervé J. VOLTO février 7, 2020 à 10:50 #

    Alors Neandertal = africain et arborigène d’australie… et Homo sapiens = indo-européens ?

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