La Commission européenne n’a manifestement pas tout compris à la question de l’élargissement de l’UE.

10 Fév

Alors que l’Union européenne est menacée d’apoplexie du fait de sa boulimie d’élargissement à des pays incapables et qui sont autant de boulets politiques, économiques et sociaux, elle persiste à vouloir accroître le nombre de ses victimes. Il est vrai que celles-ci sont consentantes, ne voyant que leur intérêt…au bout de leur nez. C’est à croire que le coup de tonnerre du « Brexit » n’a rien appris à personne. Le projet présenté, mercredi 5 février, par la Commission de Bruxelles en est la démonstration.

Olivier Varhelyi, commissaire hongrois en charge de l’élargissement et du voisinage, n’a en tout cas pas traîné suite à la décision d’Emmanuel Macron de bloquer, en octobre 2019, l’ouverture de négociations en vue de l’adhésion de deux pays des Balkans occidentaux, la Macédoine du Nord et l’Albanie. Une « honte » avait déploré le prédécesseur autrichien de M. Varhelyi, Johannes Hahn.

Le nouveau commissaire a, lui, rapidement compris la nécessité d’élaborer un texte de compromis pour éviter l’enlisement définitif d’un processus lancé en 2000. Il persiste pourtant dans l’aveuglement en proposant  aux Etats membres une réforme de la procédure de négociation, afin de la rendre « plus crédible, plus dynamique, plus prévisible, doté d’un pilotage politique plus déterminé ».

Parallèlement, il promet aux pays concernés que des négociations d’adhésion peuvent encore démarrer – avec la Macédoine du nord et l’Albanie, elles pourraient commencer avant le mois de mai – et que, s’ils mettent en place les réformes nécessaires, leurs entreprises et leurs citoyens pourront enregistrer rapidement des bénéfices tangibles, dont une augmentation des financements et des investissements européens. La carotte avant le bâton !

Afin d’apaiser les craintes des dirigeants des Balkans, tétanisés, l’an dernier, par l’intransigeance française, on leur promet aussi qu’un vaste plan d’investissement et d’intégration économique pourrait être examiné en mai, lors d’un sommet UE-Balkans occidentaux prévu à Zagreb. D’ici là, les Vingt-Sept devront avoir adopté les propositions faites par la Commission pour relancer le processus d’adhésion. A charge toutefois, pour les six pays concernés, de progresser en matière, tenez-vous bien, de défense de l’Etat de droit. Ou comment refaire le coup de l’hostilité envers la Pologne ou la Hongrie.

D’ailleurs, ce sujet sera au cœur du premier des six « groupes thématiques », appelés à remplacer les « chapitres ». Droits fondamentaux, marché intérieur, compétitivité et croissance, environnement et connectivité, agriculture et cohésion, relations extérieures seront négociés globalement mais ce sont les progrès en matière d’Etat de droit qui dicteront le rythme, souligne le commissaire. « Plus les candidats progresseront dans leurs réformes, plus ils progresseront dans le processus d’adhésion », souligne le texte de la Commission.

M. Varhelyi introduit aussi la notion de « réversibilité » chère à Paris : si un pays fait marche arrière quant à ses engagements en matière de libertés publiques, les négociations pourront être suspendues, ou arrêtées. Ou comment dire en catimini à ces pays (et surtout à leurs citoyens) : si vous votez pour des mouvements eurosceptiques, populistes ou encore « illibéraux« , vous serez mis au ban de l’Europe et nous vous couperons les vivres.

Prétention à laquelle le CER répond : CHICHE !

Le commissaire reprend aussi l’idée d’associer les experts des Vingt-Sept aux évaluations sur le terrain, histoire d’éviter le côté surréaliste des épisodes précédents : la Commission, seule aux commandes, rentrait, à intervalles réguliers, des rapports très négatifs sur les réformes dans les pays concernés mais continuait d’affirmer qu’il fallait maintenir à tout prix l’objectif de l’adhésion.

Le commissaire, qui était confronté à un projet concurrent à celui de la France, élaboré par six pays, dont l’Italie et la Pologne, satisfait ces derniers – qui évoquaient la « mission historique » de l’Europe dans les Balkans – en soulignant sans rire que l’élargissement reste bien « un enjeu politique clé » et « une priorité ». « Les pays des Balkans occidentaux ont une perspective européenne indéniable », acquiesce Amélie de Montchalin, secrétaire d’Etat française aux affaires européennes….

Si un élargissement devait survenir ce serait de toute évidence à l’issue des travaux de la future conférence sur l’avenir de l’Europe, qui va se mettre en place dans les prochaines semaines et qui est appelée à durer deux ans. Les pays des Balkans occidentaux en sont à des stades différents puisque des négociations ont été ouvertes avec la Serbie et le Monténégro, qui pourront choisir d’adhérer à la « nouvelle approche » de Bruxelles, ou de poursuivre dans le schéma actuel. L’Albanie et la Macédoine du Nord se voient, elles, promettre un début de négociations si elles remplissent les engagements nécessaires ; le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine, enfin, sont des candidats potentiels. En d’autres termes, et à part le cas de la Serbie, cinq pays impuissants et velléitaires qui, nous l’affirmons, ne causeront que des ennuis aux Européens

En outre, ne l’oubliez pas, trois d’entre eux sont d’incontestables agents de l’islamisation de notre continent : l’Albanie, le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine. Ce qui est intolérable.

Quant à la Turquie, mieux vaut ne plus en parler du tout !

Le 10 février 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

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