« Le sage ne sait même pas s’il sait assez pour dire qu’il ne sait rien » (proverbe chinois). Première partie.

25 Fév

C’est à quoi nous fait penser chaque jour le développement de l’épidémie de pneumonie due au coronavirus.

En effet, la Chine est en train de perdre son pari. Elle espérait montrer au monde que les mesures draconiennes et inédites de confinement de sa population avaient permis de protéger le reste de la planète du coronavirus. En fait, celui-ci semble prendre les autorités sanitaires mondiales de vitesse. L’épidémie touche désormais plus de 77 700 personnes dans le monde dont plus de 1 500 hors de Chine. Plus de trente pays, sans compter la Chine, sont concernés. L’épidémie a déjà été mortelle au Japon, en Corée du Sud, à Taïwan, Hongkong, Singapour, aux Philippines, mais aussi hors d’Asie, en Iran, en France et en Italie où elle a fait, depuis vendredi, sept premières victimes européennes pour plus de 200 cas de la maladie.

Les Etats-Unis, qui ont, dès le 2 février, fermé leurs frontières à toute personne venant de Chine, s’inquiètent, après le rapatriement de 300 Américains qui se trouvaient à bord du navire de croisière Diamond-Princess. « Le jour pourrait venir où nous pourrions avoir besoin de mettre en place les mêmes mesures qu’en Asie », a prévenu, vendredi 21 février, Nancy Messonnier, une des directrices du Centre pour le contrôle et la prévention des maladies, une agence fédérale américaine, en référence aux divers types de confinement mis en place notamment en Chine et en Corée du Sud.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne cache plus son inquiétude. « Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel, s’est alarmé, vendredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général. Au moment où nous parlons, nous sommes encore dans une phase où il est possible de contenir l’épidémie. » Mais la « fenêtre de tir se rétrécit », a-t-il averti.

L’OMS s’inquiète notamment de l’apparition de cas en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage et les contacts avec un cas confirmé ». « Nous voyons que la situation évolue », a souligné Sylvie Briand, la directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS : « Non seulement le nombre des cas augmente, mais nous voyons aussi différents modèles de transmission dans différents endroits. » L’OMS ne parle toutefois pas de pandémie. L’organisation internationale considère qu’il y a « des épidémies différentes, montrant des phases différentes ».

Alors que l’OMS appelle à des moyens supplémentaires pour combattre le coronavirus, le président Xi Jinping lui-même a remercié vendredi 21 février la Fondation Bill et Melinda Gates qui s’était engagée début février à investir 100 millions de dollars pour aider des organisations sanitaires, des gouvernements et le secteur privé dans leurs efforts pour endiguer l’épidémie de pneumonie virale. Une façon d’essayer d’apaiser la rivalité sino-américaine sur le sujet.

Si désormais l’accent est plutôt mis sur l’évolution mondiale du coronavirus, la situation en Chine reste préoccupante, tant l’amélioration des chiffres de ces derniers jours semble fragile. L’évolution du discours officiel en témoigne. Dimanche 16 février, Mi Feng, le porte-parole de la commission nationale de la santé, était optimiste. « On peut déjà voir les effets de la prévention et du contrôle de l’épidémie dans diverses parties du pays », indiquait-il.

Mais lors d’une réunion du bureau politique du Parti communiste chinois présidée par le chef de l’Etat, Xi Jinping, vendredi, les participants ont au contraire souligné qu’ils voyaient clairement que le « pic [de l’épidémie] n’était pas encore arrivé » et que la situation restait « complexe » dans le Hubei.

La Chine, qui accueille actuellement une mission de l’OMS, a d’ailleurs dû se résoudre à accepter que celle-ci se rende à Wuhan, samedi 22 février. Cette mission de 12 scientifiques internationaux, accompagnés de 12 scientifiques chinois, devait d’abord se rendre à Pékin, dans le Sichuan et dans le sud, dans le Guangdong, mais pas dans le Hubei, ce qui avait suscité de nombreuses critiques.

Les derniers chiffres publiés par la Chine se veulent plutôt rassurants. Le nombre quotidien des nouveaux cas de contamination au coronavirus est en baisse, avec 397 cas annoncés samedi par la commission nationale de la santé contre près de 900 vendredi. Les nouvelles morts dues au virus sont au nombre de 109, selon la commission, ce qui porte le total national à 2 345 décès. Il y en avait eu 118 la veille. Le nombre des contaminations sur l’ensemble de la Chine continentale est de plus de 76 000. Rappelons quand même que la population chinoise se monte à…un milliard cinq-cents millions d’habitants !

Mais ces chiffres sont soumis à caution. Pour la deuxième fois en dix jours, la Chine a annoncé une nouvelle méthode de calcul. Jeudi 13 février, la province du Hubei expliquait qu’elle allait désormais accepter de considérer comme malades confirmés des personnes dont les tests d’amplification des acides nucléiques étaient négatifs mais dont les radios des poumons révélaient la présence d’un virus. D’où une augmentation spectaculaire du nombre de cas. Une semaine plus tard, la Chine annonçait au contraire ne plus prendre en compte que les malades ayant été déclarés positifs au test d’acide nucléique. Ce qui explique une partie de la baisse annoncée le lendemain.

Pour accroître la confusion, vendredi, le nombre de nouveaux cas dans le Hubei s’élevait à 631, selon la commission nationale de la santé, mais à 411 « seulement » selon les autorités de la province. Il semblerait que ces dernières n’aient pas inclus tous les prisonniers atteints de la maladie dans leurs statistiques. Or, les prisons constituent un nouveau motif d’inquiétude. Plus de 512 cas d’infection au SARS-CoV-2 ont été recensés, vendredi, dans au moins cinq prisons du pays. Dans le Shandong, il semblerait qu’un gardien ait dissimulé s’être rendu récemment dans le Hubei et aurait contaminé 200 prisonniers et sept membres du personnel. Immédiatement, des responsables ont été sanctionnés. Les infections virales deviendront-elles un jour un remède à la surpopulation carcérale en France ?…

Dernière illustration de l’inquiétude des dirigeants chinois : ces derniers ont également rappelé que les mesures de prévention devaient être correctement mises en œuvre dans la capitale où il semble que la reprise, pourtant très partielle, de l’activité économique favorise l’apparition de nouveaux cas !

Ou comment douter des bienfaits sans borne de la mondialisation.

Le 25 février 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

4 Réponses to “« Le sage ne sait même pas s’il sait assez pour dire qu’il ne sait rien » (proverbe chinois). Première partie.”

  1. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 12:09 #

    Votre serviteur résidant en Italie, dans la province de Parme, il peut témoigner que la situation est dramatique.

    Premièrement, les italiens ne sont pas rationnels comme les Français : il sont passionnels ! Les médias transalpins n’arrangent pas les choses, qui font du sensasionalisme qui augmente la peur des personnes. Des communes entières ont scellées, on y installe un blocus, les églises, écoles, bars, resaturants sont fermés. Les grandes urfaces sont prises d’assaut. Codogno, entre Milan et Plaisance ressemble à une ville fantôme de mauvais filsms de SF américians.

    Salsommaggiore Terme, petite ville thermale où habite votre serviteur (nous habitons à 5 minutes des merveilleux thermes liberty BERZIERI)

    et

    et enfin

    n’est pas encore en quarantaine. mais çà pourrait venir. Priez pour votre serviteur…

  2. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 12:35 #

    UN DERNIER POUR LA ROOUTE !

    les maisons sont à dominate JAUNE : c’est le GIAOLLO PARMA ou JAUNE DE PARME. celà vient historiquement de la blondeur des cheveux de Mme Isabelle, fille de Louis XV, qui vint épouser Don Felippe de Bourbon-Parme. Les parmesans de l’époque furent tellement impressionnès de la beauté et de la blondeur de Mme Isabelle, à peine agée de 12 ans lors de son netrèe dans la cité de Stendhal qu’ils adoptèrent le GIALLO PARMA comme couleurs Ducales.

    La beauté et la blondeur des Princesses Marguerite et Caroline de Bourbon-Parme, soeurs du Prince Charles-Xavier de Bourbon-parme, Chef de la Ducale et Royale maison de Boubon-parme, ainsi que les enfants de ce dernier, rapellent celle de leur illustre ancêtre
    http://www.noblesseetroyautes.com/les-dernieres-creations-de-bijoux-de-margarita-de-bourbon-parme/

    et

    http://www.noblesseetroyautes.com/les-50-ans-du-duc-de-parme/

    La petite Princesse Luisa de Bourbon-parne a une ressemblance frappante avec son ancêtre !
    http://www.noblesseetroyautes.com/le-duc-et-la-duchesse-de-parme-en-famille/

  3. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 12:38 #

    PS

    la Princesse carolinede Bourbon-parme, soeur du prince Charles-Xavier
    https://www.zimbio.com/Princess+Carolina+de+Bourbon+de+Parme

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