« Le sage ne sait même pas s’il sait assez pour dire qu’il ne sait rien » (proverbe chinois). Seconde partie.

25 Fév

Les Italiens mais aussi tous leurs voisins sont sidérés. Comment expliquer une crise sanitaire si soudaine ? Pour le président du Conseil Giuseppe Conte, qui a avoué sa « surprise » devant la croissance exponentielle du nombre de malades, la réponse est simple : s’il y a plus de cas positifs en Italie, c’est tout simplement parce qu’on y fait plus de tests. « Nous avons fait plus de 4 000 contrôles par prélèvement », a ainsi mis en avant le chef du gouvernement dimanche, avant d’ajouter : « Nous sommes le premier pays d’Europe à avoir décidé de faire des examens plus rigoureux. » Et, selon lui, le nombre de malades ne peut donc qu’augmenter dans les prochains jours. Curieuse façon de lire la situation du pays face à l’épidémie de coronavirus…

Car, ce qu’il ne précise pas, c’est que ces contrôles larges – ainsi que toutes les précautions annoncées – ont été rendus nécessaires par les profils des malades qui se sont déclarés ces derniers jours. En effet, ceux-ci n’ont aucun lien direct avec la Chine, foyer originel de l’épidémie Covid-19. Ils n’ont pu être contaminés que sur le sol italien, dans des conditions qui restent particulièrement nébuleuses.

Un malade, en particulier, est au centre des recherches. C’est un homme de 38 ans, actuellement hospitalisé dans un état grave à l’hôpital de Codogno (Lombardie), devenu l’épicentre de la crise. De sa compagne, enceinte de huit mois, au personnel qui l’a soigné, en passant par les clients du café qu’il fréquentait et ses camarades de sport, il a contaminé sans le savoir de très nombreuses personnes. Plus grave, en tant que cadre d’une multinationale (Unilever), il a participé à de nombreux événements publics, et sa passion pour la course l’a même mené au semi-marathon de Portofino (Ligurie) où il est également susceptible d’avoir transmis le virus à d’autres personnes…

S’il a été identifié comme un important propagateur, justifiant la prise de mesures larges afin de tenter de contenir la progression du virus, cet homme ne peut pas être le « patient zéro » italien (celui par lequel le virus est entré dans le pays). Ce dernier reste introuvable. Un temps soupçonné, un collègue revenant de voyage en Chine a été mis hors de cause : les tests se sont révélés négatifs. Pour l’heure, et faute de mieux, les autorités ont baptisé le malade de Codogno « patient un ».

Y a-t-il eu des carences dans la mise en place des mesures prophylactiques au début de l’épidémie ? C’EST CERTAIN ET C’EST D’AILLEURS CE QU’ASSURE WALTER RICCIARDI, MEMBRE DU CONSEIL EXÉCUTIF DE L’OMSdans un entretien au quotidien turinois La Stampa, publié dimanche. Pour lui, la soudaine explosion du nombre de malades en Italie est « un cas d’école », mettant en lumière deux erreurs initiales des autorités locales : la première aura été « de ne pas avoir mis en quarantaine immédiatement les arrivants de la Chine » (en l’absence de symptômes, la mise à l’isolement était basée sur le principe du volontariat et n’était donc pas automatique), et la seconde d’avoir arrêté les liaisons directes avec la Chine, une décision « sans bases scientifiques », et qui « nous a empêché d’avoir une véritable traçabilité des arrivées » (les voyageurs ayant toujours la possibilité d’utiliser des vols avec escales). Sauf que bien d’autres pays ont interrompu les liaisons aériennes avec la Chine sans explosion du nombre de malades !…

C’est pour cela que, dans ce contexte d’extrême tension et malgré les appels à l’unité nationale, l’ancien ministre de l’intérieur et chef politique de la Ligue (droite radicale), Matteo Salvini, n’a pas manqué d’appeler à la fermeture des frontières (et en particulier des ports), ainsi qu’à la suspension des accords de Schengen, accusant Giuseppe Conte d’« avoir sous-évalué la menace ». « En janvier, parler de quarantaine semblait un gros mot, maintenant de l’avis de tous les médecins et virologues c’est le seul moyen de régler le problème », a-t-il assuré, en marge d’un déplacement à Gênes.

Chez les voisins de l’Italie, plusieurs personnalités politiques ont lancé des appels au contrôle des frontières. C’est le cas de la présidente du Rassemblement national français, Marine Le Pen, ou de plusieurs responsables suisses, notamment dans les cantons italianophones, qui ont réclamé l’arrêt des entrées de travailleurs frontaliers italiens.

Plus à l’est, dans la soirée de dimanche, la direction des chemins de fer autrichiens a annoncé que les trains partant d’Italie en direction de l’Autriche seraient bloqués à la frontière, en raison « d’une décision des autorités » et après la détection de deux cas suspects dans un train reliant Venise à Munich (Allemagne). Pendant quatre heures, plusieurs centaines de passagers se sont trouvées à l’arrêt dans la petite gare frontalière de Brennero (Brenner en allemand), avec défense de s’éloigner des voitures, sans recevoir la moindre information. Ils ont finalement pu reprendre leur chemin vers minuit, lorsque les tests pratiqués ont révélé que les deux patients suspects n’étaient pas infectés.

Alors, comment expliquer cette épidémie en Italie, déconnectée des foyers de contagion chinois ?

Pour Bruno Lina, professeur de virologie au CHU de Lyon et chercheur au Centre international de recherche en infectiologie, les cas italiens semblent indiquer qu’il y a « probablement une chaîne tertiaire qui s’est mise en place. Jusqu’à présent, ce que l’on voyait, c’étaient des patients chinois qui partaient de Chine en incubant la maladie, développaient des symptômes dans un pays où ils étaient venus en touristes et ensuite, éventuellement, contaminaient des personnes sur place. C’est une chaîne de diffusion primaire puis secondaire ».

« Ce qu’il s’est probablement passé en Italie, c’est qu’il y a une personne qui a été contaminée par quelqu’un qui venait d’une zone d’endémie, qui a transmis lui-même ce virus à d’autres personnes (sans que l’on en prenne conscience), ce qui rend aujourd’hui la compréhension de la chaîne de transmission beaucoup plus complexe et ça va être difficile d’identifier vraiment le patient source. »

Mais il est possible aussi que, avec ce raisonnement, nous fassions fausse route. On peut en effet imaginer deux autres hypothèses qui ne sont pas encore retenues par les enquêteurs scientifiques et qui ne sont pas absurdes puisque, en tout état de cause…on ne connaît encore rien (ou si peu de chose) de cette maladie et de son vecteur :

1/ il existerait peut-être d’autres modes de contamination que la plus directe, par voie aérienne (postillons, éternuements, toux);

2/ d’autre part, la probabilité qu’il existe des porteurs sains du virus (sans aucun symptôme et donc susceptible de transmettre la maladie à de nombreuses personnes sans protection) est grande.

Moralité : à part l’isolement + les précautions déjà connues (distance entre individus, hygiène drastique, désinfection des mains et…de tout ce qu’elles touchent, port de masques, etc.) + les restrictions réelles et contrôlées de circulations + la patience puisque l’épidémie a toutes chances de s’éteindre toute seule (sauf mutation du virus), on ne peut qu’espérer la mise au point d’un vaccin !

Le 25 février 2020.

Pour le CER, Hippocrate, Conseiller à la santé publique.

P.S. Pour ceux qui, comme quelques uns que nous connaissons bien, ont prévu voire réservé un voyage en Italie…le plus tard sera le mieux. Nous les tiendrons précisément informés des risques ou, au contraire, des nouvelles opportunités.

4 Réponses to “« Le sage ne sait même pas s’il sait assez pour dire qu’il ne sait rien » (proverbe chinois). Seconde partie.”

  1. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 11:24 #

    il faudrait trouver également un vaccin contre la macronite, ce virus metal qui touche la France de plein fouet depouis le Grand Débat. Le plus tot sera le mieux : les Français n’en peuvent plus…

  2. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 1:38 #

    Blague à part, pour le dire à l’italienne : LA SFIGA, la Scoumoune, la malchance ! C’est une situation qui aurait très bien pu arriver dans d’autres pays. Ce qui s’est passé en Italie, c’est que dans les phases initiales, on n’a pas réussi à mettre en évidence des cas particuliers liés au coronavirus dans un océan de problèmes respiratoires dus à la période de la grippe. Il n’y a pas eu chez les patients contaminés de manifestations cliniques lourdes et donc, inconsciemment, pensant peut-être n’avoir qu’une simple grippe, ils ont réagit avec lenteur, ce que reproche aujourd’hui Salvini à Comte.

    De jour en jour, le bilan s’alourdit de l’autre côté des Alpes. Ce lundi, les autorités sanitaires italiennes ont annoncé le décès d’un cinquième patient atteint du coronavirus dans le pays – « une personne âgée de 88 ans », précisait la presse–, puis celui d’un sixième patient, atteint d’un cancer, en milieu d’après-midi. C’est la cinquième victime recensée en Lombardie, région qui compte 172 des 220 cas d’Italiens contaminés par le Covid-19, le vrai nom scientifique du Corona VIrus. Pour circonscrire les foyers de propagation du virus, onze villes du nord de la péninsule ont été placées en quarantaine, sous contrôle des forces de l’ordre. Leurs habitants, eux, vivent aujourd’hui cloîtrés chez eux. En parallèle des mesures de confinement localisé, les régions de Lombardie, de Vénétie et du Piémont ont décidé de fermer écoles et universités jusqu’à début mars.

    Mais pour le Pr Fabrizio Pregliasco, virologue à l’université de Milan, en Lombardie, les contaminations devraient continuer d’augmenter dans les prochains jours. Malgré les mesures prises par les autorités. Une situation alarmante qui, selon lui, pourrait également frapper d’autres pays européens très prochainement.

    Existe-t-il une crainte que les contaminations en Italie puissent se propager dans les pays voisins, comme en France ?

    Certainement, on l’a vu depuis le début à Wuhan, en Chine. En quelques jours, c’est arrivé jusqu’ici. Donc ce sera encore plus facile dans une situation géographique aussi ouverte. Mais il ne faut pas que fermer les frontières. Il faut aussi et avant tout augmenter la sensibilisation, notamment auprès des personnes âgées et celles à risque, comme les femnmes encainte et les enfants.

    Par exemple, ma nièce de 32 ans est encainte de son deuxième enfant : heureusement notre commune, située dans la province de Parme n’est pas encore toubchée…

  3. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 1:46 #

    UN DERNIER POUR LA ROUTE !

    Ce serait peutêtre le moment de mettre discrètement en alerte 2e régiment de dragons de Fontevrault-l’Abbaye : Le 2e RD est l’unique régiment de l’armée de Terre organisé pour faire face aux menaces nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques (NRBC). Il est donc appelé à mettre sur pied des modules de défense NRBC, voire à constituer le noyau d’un bataillon NRBCiterarmèe. Le 2e RD peut intervenir soit en appui des forces terrestres engagées sur un théâtre d’opération extérieure ou au profit du territoire national en renfort des moyens de la sécurité civile
    https://www.defense.gouv.fr/english/node_64/l-armee-de-terre/le-niveau-divisionnaire/3e-division/2e-regiment-de-dragons

    Je trouverai pertinant au moins de commencer à consulter discrètement le commendement de ce corps d’armée…

  4. Hervé J. VOLTO février 25, 2020 à 2:59 #

    PS
    ma soeur m’a appelé de Nice pour me dire qu’il y aurait une suspicion de cas en Provence-Alpes-Côte d’Azur.

    Avec 229 cas, l’Italie est devenue le pays le plus touché en Europe et le troisième au monde après la Corée du Sud et la Chine. L’épidémie inquiète les Bourses. Et votre serviteur qui réside en Italie du Nord et, vous direz peut-être, se laisse prendre par ce qu’il voit autour de lui.

    Vu que j’ai fait l’entrainement contre la radioactivité, la guerre bactériologique, chimique et radiologique dans l’armée Française, au travail, on m’a chargé de coordonner une équipe de jeunes bleus pour des opérations de controle sanitaires : nous controllons des camions réfrigérès -transport de produit surgelés pour les super et hyper marchés- avec masque et gants médicaux. On bosse de nuit : c’est moins visible mais çà créé des désagréments.

    Fermer les frontières ? L’ile Maurice a empéché un avion arrivé d’Italie de débarquer ses nombreux tourites et… a renvoyé sans complexe l’avion en Italie, au grand des tpouristes incoscient qui pensaient aller s’éclater et s’empiffrer dans de lointains pays exotiques ! 30 heures de voyage !!! Il FAUt immédiatement que la France stope tout avion au départ et en provenance de l’Italie.

    Des experts scientifiques disent qu’il faudra 6 mois pour tester un vaccin sur un être humain, un an pour le poduire à grande échelle et peut-être 3 ans pour commencer à soigner les malades du monde en tier et 3 et demi pour enrayer cette saleté.

    C’est Marine Le Pen qui a raison : il faut mettre en quarentaine nos idéologies et fermer les frontières…

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