Le véritable danger du coronavirus n’est sans doute pas celui que l’on croit.

26 Fév

Les citoyens d’un nombre croissant de pays touchés par l’épidémie de coronavirus sont pris de panique à l’idée d’être frappés par la maladie. Ils oublient que, même si les foyers infectieux sont de plus en plus nombreux, le nombre total de malades reste ridiculement bas et la mortalité davantage encore (ne concernant principalement, comme pour la grippe hivernale, que les personnes âgées et/ou fragilisées par d’autres affections). Alors, restons raisonnables que diable !

En revanche, les vrais dangers ne sont pas là où l’on prétend qu’ils sont. Ils touchent en effet essentiellement l’économie mondiale dans son ensemble avec toutefois un aspect que nous jugeons positif : les excès de la mondialisation échevelée, qui ne sert que les intérêts particuliers de ceux qui sont déjà les plus riches, ont du plomb dans l’aile.

La propagation de l’épidémie de coronavirus hors de Chine, particulièrement en Corée du Sud, en Iran et en Italie, ainsi que les révisions à la baisse, dimanche 22 février, des prévisions de croissance mondiale par le Fonds monétaire international (FMI), ont semé lundi un véritable vent de panique sur les marchés financiers. A New York, le Dow Jones a chuté de 3,6 %, sa pire séance en plus de deux ans, et le Nasdaq a dégringolé de 3,7 %. En Europe, la Bourse de Milan avait perdu 5,4 % à l’issue de la séance de lundi, le DAX allemand 4 %. A la Bourse de Paris, le CAC 40 a abandonné 3,94 %. Réunis durant le week-end en Arabie saoudite, les ministres des finances du G20 ont pourtant promis des mesures pour faire face à une éventuelle de la détérioration de la situation. Ils n’ont pas été entendus.

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) évoque le risque de pandémie, c’est toute l’économie mondiale qui menace désormais d’être déstabilisée par le Covid-19. « Cette réaction reflète la déception des marchés boursiers et financiers qui pensaient que le choc du coronavirus allait être temporaire », analyse William De Vijlder, chef économiste de BNP Paribas. La propagation de l’épidémie, selon un mécanisme qui semble aujourd’hui difficile à décrypter, plonge les marchés dans l’incertitude.

L’inquiétude est montée d’un cran ce week-end, en Asie, après le passage en état d’alerte maximum de la Corée du Sud à la suite d’une hausse des cas de coronavirus. Le ralentissement de son économie pourrait être plus important que prévu, en raison d’une baisse de la consommation intérieure.

Alors que les usines et les ports tournent au ralenti en Asie, ce sont désormais les centres de production européens qui sont menacés, avec plusieurs régions italiennes placées en quarantaine depuis ce week-end. Les localités touchées par l’épidémie contribuent au PIB italien à hauteur de 20 %. « L’économie italienne ne peut pas se permettre une pause de son activité », a prévenu lundi le cabinet Oxford Economics. Après une récession au quatrième trimestre 2019, les espoirs de redressement de l’économie de la Péninsule sont compromis.

Mais pourtant, en Europe, c’est toutefois l’Allemagne qui est la plus vulnérable à un ralentissement de la production manufacturière et à une baisse du commerce mondial. « Avec l’apparition du coronavirus, le risque d’une récession manufacturière en Allemagne au premier semestre existe désormais », explique Ana Boata, directrice de la recherche macroéconomique au sein de la société d’assurance-crédit Euler Hermes. Même si le choc de l’épidémie est temporaire, « le rebond en Europe sera sans doute moins rapide qu’en Chine », poursuit Ana Boata. La marge de manœuvre pour une relance budgétaire y est en effet plus réduite qu’en Chine et la situation politique plus instable.

« Ce qui est frappant dans cette crise, c’est de voir le choc de l’offre se superposer à un choc de la demande », explique William De Vijlder. La baisse de la production en Chine perturbe les chaînes d’approvisionnement du monde entier. Et l’épidémie freine la consommation, comme l’illustre la baisse de 30 % des ventes chinoises de voitures depuis le début de la crise, ou encore le tarissement des flux touristiques. « La crise de confiance paralyse les agents économiques », souligne Julien Marcilly, chef économiste chez Coface. Symbole de ces dérèglements, le fabricant Apple a prévenu mi-février que la pneumonie virale allait affecter ses résultats, entraînant une chute de son cours boursier.

La baisse par le FMI de 0,1 % de ses prévisions de croissance mondiales pour 2020 est sous-estimée, selon Patrick Artus. Le chef économiste à la banque Natixis n’exclut pas une récession en Europe au premier semestre 2020, et une perte d’au moins un demi-point de croissance en France sur la même période. « Un demi-point que nous ne sommes pas certains de récupérer ensuite », prévient Patrick Artus. De telle sorte que d’ici la fin de l’année, l’épidémie pourrait faire perdre 0,2 à 0,3 point à la croissance française, laquelle était estimée à 1,1 % par Bercy et la Banque de France.

Difficile aujourd’hui de voir ce qui pourrait à court ou moyen terme rassurer les marchés. La reprise progressive de la production en Chine, qui desserre l’étau sur les chaînes d’approvisionnement, n’écarte plus la crainte de voir d’autres pans de l’économie mondiale paralysés par des mesures de confinement, voire même des mesures de protection aux frontières. « Le vrai sujet est de savoir ce qu’il adviendra des nouveaux cas de personnes infectées », avance Julien Marcilly. « On n’a pas d’exemples par le passé d’une crise similaire dans un pays aussi important que la Chine, d’une telle ampleur et on est assez mal outillés pour dire jusqu’ou cela peut aller », reconnaît William De Vijlder.

Manifestement, nous risquons de souffrir davantage de la dégradation de notre économie que de la mortalité induite par ce fichu coronavirus…

Le 26 février 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

Une Réponse to “Le véritable danger du coronavirus n’est sans doute pas celui que l’on croit.”

  1. Hervé J. VOLTO février 26, 2020 à 3:39 #

    -Est-ce que les autorités françaises ont pris la mesure du problème ? Je n’en ai pas le sentiment, déclare Marine Le Pen, qui déplore que le gouvernement prenne les Français pour des enfants auxquels il répugnerait de dire la vérité, à propos du Covid-19 (le nom scientifique du coronavirus).

    Et Nicolas Dupont-Aignan d’ajouter :

    -Quand on pose des questions, on nous accuse d’alimenter les peurs ! Mais moi, je n’alimente aucune peur. Au contraire. Si le gouvernement était plus efficace et plus actif, il y aurait beaucoup moins de peurs.

    L’air connu d’« on nous cache tout, on nous dit rien » est donc repris, à l’itailenne, Matteo Salvini a en Italie reprit Giuseppe Conte sur la récativité un peu molle de son gouvernement.

    La vérité, c’est que des marchands de peur nous vendent emn Italie des fake news ou des vèrités « augmntées » pour vendre du tirage. la France n’est pas obligée d’imiter l’Italie, où les gens se ruent dans les garndes surface et où les stoks de produits de permière nécessité commenecent à manquer.

    Les citoyens d’un nombre croissant d’italiens et d’habitants de pays touchés par l’épidémie de coronavirus sont pris de panique à l’idée d’être frappés par la maladie. Ils oublient que, même si les foyers infectieux sont de plus en plus nombreux, le nombre total de malades reste ridiculement bas et la mortalité davantage encore (ne concernant principalement, comme pour la grippe hivernale, que les personnes âgées et/ou fragilisées par d’autres affections). Alors, restons raisonnables et lavons nous les mains, ne touchons pas notre nez, nos yeux et nos oreilles avec les mains sans gants et évitons les lieux affolés fermés où nous pourrions nous retrouver à deux mètres d’une personne non munie d’un masque. Faire une messe en plaine air, faire des balades au grand air et se rendre sur des marchés ne fait pas de mal, allant vers les beaux jours, celà nous sauve !

    En revanche, les vrais dangers ne sont pas là où l’on prétend qu’ils sont. Ils touchent comme le dit bien cet raticle en effet essentiellement l’économie mondiale dans son ensemble avec toutefois un aspect que nous jugeons positif : les excès de la mondialisation échevelée, qui ne sert que les intérêts particuliers de ceux qui sont déjà les plus riches, ont du plomb dans l’aile.

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