Eolien : mieux vaut tard que jamais.

28 Fév

Edgar Faure le rappelait, « Ce n’est pas la girouette qui tourne c’est le vent ! » Et, depuis quelques semaines, c’est un vent mauvais qui souffle dans les pales des éoliennes en France. Enfin, pourrait-on dire…Car, après avoir encouragé pendant deux ans son développement, le gouvernement amorce un changement de cap qui nous ravit mais provoque l’inquiétude de la filière.

Et c’est Emmanuel Macron lui-même qui a planté la première graine de cette nouvelle donne, le 14 janvier, à Pau. Lors d’une table ronde sur le thème de « l’écologie dans nos territoires », le président de la République avait appelé à être « lucide » en affirmant que « la capacité à développer massivement l’éolien est réduite ».

Alleluia !

« Le consensus sur l’éolien est en train de nettement s’affaiblir dans notre pays »,expliquait-il, avant d’ajouter que « de plus en plus de gens ne veulent plus voir d’éolien près de chez eux, considèrent que leur paysage est dégradé ». N’est-ce pas enfoncer une porte ouverte que de faire ce constat ?

Quelques jours plus tard, Elisabeth Borne, ministre de la transition écologique, déclarait que « le développement de l’éolien est très mal réparti en France ».  » Cela s’est fait de façon anarchique, et on a des territoires dans lesquels il y a une saturation, y compris visuelle « , rompant ainsi avec le discours très enthousiaste sur l’éolien des ayatollahs qui l’ont précédée au ministère, Nicolas Hulot et François de Rugy. Le 18 février, auditionnée au Sénat, elle précise sa pensée, dénonçant la « covisibilité avec des monuments historiques » et « une situation d’encerclement autour de certains bourgs qui est absolument insupportable », plaidant pour un « développement harmonieux ».

« Le message des anti-éolien a été entendu par le chef de l’Etat, il a reçu beaucoup de messages à ce sujet, il faut qu’on soit vigilants », décrypte une source élyséenne.

Alleluia !

« Emmanuel Macron ne veut pas pourrir la vie de nos concitoyens, il sent que ça monte en milieu rural », révèle cette source. Comme quoi, les seules batailles que l’on est sûr de perdre sont celles que l’on ne mène pas.

« Le président veut changer de politique. Il a pris conscience qu’il ne pouvait pas avoir l’image de celui qui a détruit les paysages de la France », se réjouit Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable (FED), l’une des principales associations antiéolien. Mais M. Butré reste prudent sur les conséquences de ce revirement. « Elisabeth Borne a suivi le président, mais son ministère peine à appliquer les nouvelles consignes », déplore-t-il.

Au ministère de la transition écologique et solidaire, on assure que la ministre assume pleinement cette « inflexion politique » : « On ne va pas faire de l’écologie contre les gens », note-t-on, tout en précisant : « Il ne s’agit pas d’arrêter, il s’agit de mieux répartir. » D’ailleurs, l’exécutif entend développer massivement l’éolien en mer.

Non à l’écologie politique et punitive !

Ce virage sur l’aile, concernant l’éolien terreste, est une rupture nette avec les positions précédentes du gouvernement. Nicolas Hulot, François de Rugy et l’ancien secrétaire d’Etat à la transition écologique et solidaire Sébastien Lecornu ont activement soutenu le développement de l’éolien, notamment en limitant les recours juridiques possibles contre l’installation de nouveaux parcs. Ces gens-là sont des crapules.

A l’inverse, Mme Borne insiste sur la question de l’acceptabilité de l’éolien. Elle souligne que la moitié de la puissance installée est située dans deux régions, les Hauts-de-France et le Grand-Est, alors que certaines régions comptent très peu de parcs.

Pourtant le même gouvernement vient d’adopter une politique énergétique qui mise sur un développement massif de l’éolien! La programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), la feuille de route de la France pour les dix prochaines années, prévoit en effet de doubler la puissance installée des éoliennes terrestres dans le pays. L’exécutif veut ainsi « faire passer le parc éolien de 8 000 mâts fin 2018 à environ 14 500 en 2028, soit une augmentation de 6 500 mâts », note le document.

Comprenne qui pourra.

À moins que ce ne soit…

Ce secteur s’est fortement développé dans l’Hexagone ces dernières années mais bien moins que dans d’autres pays européens – les parcs éoliens ont couvert en 2019 environ 6 % de la production électrique.

Le ministère se défend de toute intention de revoir à la baisse ces objectifs, mais entend durcir la réglementation. Il envisage un certain nombre de mesures, dont un système de bonus-malus, pour favoriser l’installation dans certains territoires, et prépare une circulaire à destination des préfets pour les inciter à prendre en compte « l’insertion paysagère ». « Il faut qu’on trouve un autre chemin pour arriver à notre objectif, qui lui ne bouge pas », assure-t-on au ministère.

« Nous sommes d’accord sur le problème de la répartition sur le territoire, et nous avons déjà formulé des propositions », rappelle Jean-Louis Bal, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). « Mais on est très surpris des propos de la ministre, d’autant que le développement de l’éolien se fait déjà avec beaucoup de concertation (croyez-en l’expérience de votre serviteur en Limousin : PAS ASSEZ !) : il y a un arsenal de réglementations, des études d’impact visuel, des études de protection du patrimoine, etc. », souligne-t-il. Il déplore que le discours de certains politiques contre l’éolien « a malheureusement fini par porter ses fruits ». Encore Heureux.

Ainsi, Xavier Bertrand, le président des Hauts-de-France, et Dominique Bussereau, le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), ont demandé des « moratoires » dans leurs collectivités. Deux élus locaux qui ont tous les deux quitté le parti Les Républicains, et dont les messages sont bien arrivés à l’Elysée.

Et c’est tant mieux. Ne boudons pas notre plaisir…du moment.

Le 28 février 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

3 Réponses to “Eolien : mieux vaut tard que jamais.”

  1. Hervé J. VOLTO février 28, 2020 à 1:37 #

    Oui, il serait temps de mettre un terme à la politique écologique punitive…

  2. Hervé J. VOLTO février 28, 2020 à 2:03 #

    Attention ! derrière l’écologie, il y a la gauche radicle. Et derrière la gauche radicale, l’ultra-gauche !

    Les services de renseignements intérieurs -DGSI, RT (ex-RG), SDAT- craignent que cette mouvance radicale, qui englobe notamment ultrajaunes et black blocs, ne bascule dans le terrorisme.

  3. Hervé J. VOLTO février 28, 2020 à 9:46 #

    Le GSPR aurait convaincu Madame de convanicre Monsieurde renforcer a sécurité Présidentielle. Peut-être faut-il prendre la menace de l’ultra-gauche au sérieux…

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