Il n’y a pas que Marseille ou Toulouse*. Il y a aussi…Besançon et quelques autres de nos bonnes villes.

14 Mar

Un homme a été tué dans sa voiture, dans la soirée du dimanche 8 mars, abattu en plein centre-ville de Besançon. Assis sur la banquette arrière, un passager a également été blessé. Les auteurs des coups de feu ont pris la fuite et sont actuellement recherchés par la police. Selon une source policière, les faits sont « probablement en rapport » avec les règlements de comptes dans les cités de Planoise, actuellement en proie à une guerre des territoires entre bandes de trafiquants de drogue.

Depuis le 22 novembre 2019, dix jeunes hommes ont été blessés à l’arme blanche et même avec des armes de guerre, dans des circonstances analogues, au cœur de ce quartier de 20 000 habitants et classé en 2018 par le ministère de l’intérieur parmi les quinze premiers « quartiers de reconquête républicaine (sic)», un dispositif qui prévoit un renforcement de la présence policière. Vendredi, dix-neuf tirs y ont été recensés par les forces de l’ordre, sans faire de blessé. C’est ce qui fait toute la différence avec notre vision de la reconquête territoriale et que nous énonçons régulièrement comme suit :

«  1/ la peine de mort…incompressible (!) pour tous les trafiquants,

2/ vider intégralement les banlieues de nos villes, hauts lieux de ces trafics, de tous les trafiquants et selon la méthode que nous avons déjà souvent indiquée. Il faut les nettoyer comme nos soldats savent nettoyer une kasbah :

  •  bloquer toutes les voies d’accès et de sortie par des barrage, comme en temps de guerre,
  • y pénétrer par la force car il n’y a pas d’autre moyen,
  • les vider de tous leurs trafics, rue par rue, immeuble par immeuble, cave par cave,
  • mettre à terre toutes les « barres » et autres « tours » non seulement insupportablement laides mais qui en sont aussi les sanctuaires impénétrables,
  • mettre aux fers tous les délinquants qu’on ne manquera pas d’y trouver ; le bagne et des camps de travail feront parfaitement l’affaire,
  • renvoyer chez eux manu militari tous les illégaux et organiser (vraiment) la remigration du reste»

Besançon

Mais revenons à Besançon. Chaque jour, en fin d’après-midi, le parking de la rue de Fribourg fait office de salle d’attente pour les consommateurs de stupéfiants. Tandis que les acheteurs patientent dans leur voiture, les « choufs » (guetteurs) – en langue maghrébine dans le texte – patrouillent à scooter dans cette artère bruyante de Planoise. Au pied des barres d’immeubles, « Fribourg » est l’un des quinze points de trafic que compte aujourd’hui ce quartier pourri, devenu une plate-forme régionale de la vente de drogue.

C’est ici, en face d’une aire de jeux d’enfants, que deux adolescents de 13 et 17 ans ont été blessés par balles aux jambes, le 26 février en début de soirée. Les auteurs des coups de feu ont pris la fuite sur leurs deux-roues. Le lendemain, des détonations ont de nouveau retenti. Cette fois, un jeune de 19 ans s’est effondré sur le point de deal du secteur dit « Ile-de-France », touché aux membres inférieurs. Les tireurs se sont encore éclipsés à scooter.

« Mais que fait la police ?« ,  dans ce « quartier de reconquête républicaine« 

Et que fait, tout simplement…la République ?

« Les victimes sont à chaque fois liées de près ou de loin aux trafics, explique Etienne Manteaux, procureur de la République à Besançon. Elles sont souvent mineures. Ce sont des “charbonneurs”, chargés de la revente au détail des produits. Les dealeurs recrutent des mineurs, appâtés par le gain, car le risque pénal est plus faible. »

M. Manteaux qualifie de « phénomène de jambisation » ces « tirs à courte distance, qui servent à faire peur, à envoyer un signal à la bande adverse, et visent souvent les membres inférieurs ». Les jeunes victimes ne portent jamais plainte, évitant de collaborer dans le cadre des enquêtes ouvertes pour « tentative d’assassinat ». Le procureur exhorte les Planoisiens à témoigner de manière anonyme. Mais rares sont les habitants à vouloir fournir des informations aux forces de l’ordre. L’omertà corse appliquée aux « Chances pour la France » !

« Les gens font face, malgré la crainte des balles perdues, et sont attachés à leur quartier et aux initiatives des associations. Mais ils ont peur des représailles s’ils caftent », confie Tanja Nikolov, coordinatrice de l’association Miroirs de femmes-Reflets du monde qui dénombre 250 adhérents planoisiens de « 35 nationalités ». Question : comment est-il possible que l’on puisse trouver (au moins)  » 35 nationalités  » dans une seule cité d’une ville provinciale comme Besançon (116 000 habitants) ? Est-ce historiquement et culturellement justifiable ? Est-ce tolérable ? Est-ce, tout simplement…raisonnable ? Et, dès lors, comment s’étonner de la terrible situation sociale et sécuritaire actuelle ? Rappelons, une fois encore aux édiles bisontins, ces fortes paroles de Jacques-Bénigne Bossuet :

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes. »

Dans ce quartier, qui compte près de 2 000 foyers monoparentaux et où le décrochage scolaire est de plus en plus précoce, certaines zones de vente de stupéfiants affichent d’importants bénéfices (10 000 à 15 000 euros par jour). A une heure de voiture de Dijon ou de la frontière suisse, Planoise est réputé pour ses produits à bas prix (héroïne, cocaïne, cannabis) et attire une clientèle venue de toute la Franche-Comté.

Des cas d’overdose ont été répertoriés et les armes circulent par dizaines depuis plusieurs années, souvent en provenance d’ex-Yougoslavie. « Il y a des 9 mm, des colts 45, des M16, kalachnikovs et autres armes de guerre. Il y a une vraie escalade », développe une source policière. « On est aussi dans une logique de règlements de comptes entre des locaux et des trafiquants extérieurs venus du 93 et de Paris, ajoute un autre policier. Sur les points de deal, les jeunes sont de plus en plus nombreux car ils veulent pouvoir faire face en cas de riposte du camp adverse. »

En soirée, les vendeurs se massent sur les places commerçantes, sous les lampadaires truffés de caméras de surveillance installées en 2016 par la municipalité. « Les jeunes n’ont plus peur des grands frères, assure un habitant du quartier. Il n’y a plus de code d’honneur. L’autorité passe par la crainte. »

Pourtant, à la tombée de la nuit, quarante CRS patrouillent quotidiennement dans les dédales de cet ensemble, bâti dans les années 1960 et 1970 et qui s’apparente à un labyrinthe avec ses coursives, ses arrière-cours, ses petites allées, et ses îlots d’espaces verts. Le rêve pour ces trafiquants.

En mars 2019, un nouveau commissariat a été inauguré dans le secteur de Cassin par le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Seize policiers y ont été rattachés alors qu’il en faudrait dix fois plus ! « Les rideaux du commissariat sont souvent baissés, il ouvre tard et il ferme tôt, ironise Tanja Nikolov. On ne compte plus trop sur la police pour nous protéger. » A quelques mètres de ce nouveau poste, une forte odeur de brûlé s’est fait sentir pendant longtemps après l’incendie criminel, le 31 décembre, du parking de la fourrière et de l’Intermarché, resté fermé depuis.

« La réponse sécuritaire ne suffit pas, considère Kamel Hakkar, médiateur social et président d’une radio associative, Radio Sud, cheval de Troie du Maghreb en Franche-Comté… Dix-huit médiateurs de nuit ont été supprimés par la mairie en 2016. » Un dispositif qui n’avait « pas apporté les résultats attendus », comme l’estime Jean-Louis Fousseret, maire de Besançon depuis 2001 qui n’ose même pas se représenter aux élections municipales.

« Planoise, ce n’est ni les quartiers nord de Marseille ni les Minguettes à Vénissieux », s’offusque l’édile, qui prône « des politiques d’éducation, de prévention, d’injonction de soins » dans les cités. L’ex-élu socialiste, passé à La République en marche en 2016, se targue d’avoir « habité le quartier pendant vingt-cinq ans » et rappelle « qu’il va faire l’objet d’un plan de rénovation urbaine de 150 à 170 millions d’euros ». Mais qui oublie néanmoins de préciser qu’il n’a cessé, pendant tous ses mandats successifs, d’être l’un de

C’est tout le paradoxe de Planoise, quartier relié au centre-ville par le tramway, doté d’une zone franche et de nombreuses entreprises, regorgeant de commerces, d’écoles, de bureaux administratifs, mais gangrené par les racailles venues de la rive sud de la Méditerranée et leurs règlements de compte. « L’engrenage est de plus en plus dramatique, beaucoup de jeunes sont désocialisés. C’est le Far West », soupire Kamel Hakkar (qui n’a rien compris au véritable Far West…).

Une réponse et une seule :

Le 14 mars 2020.

Pour le CER, Jean-Yves Pons, CJA.

* Concernant les crimes, trafics et autres violences importées dans ces deux villes à la semelle des babouches de nos innombrables « Chances pour la France« , il vous est toujours possible de relire nos articles sur le sujet grâce à notre moteur de recherche (mots-clés « Marseille » ou « Toulouse« ).

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